Week-end de hauts et de bas pour Razgatlioglu : "Le talent seul ne suffit pas"
Avant-dernier des deux courses au Brésil, Toprak Razgatlioglu a aussi marqué les esprits en se jouant des conditions compliquées du premier jour pour signer un troisième temps impressionnant. Mais son directeur d'équipe concède que le package technique ne suit pas ce que son talent lui permet de réaliser.
Toprak Razgatlioglu a offert à ses nombreux fans une première prouesse dans son nouveau rôle de pilote MotoGP, lorsqu'il a montré qu'il parvenait à se jouer des conditions piégeuses rencontrées au premier jour du GP du Brésil pour dépasser largement ce que sa moto était capable de produire.
Classé troisième à l'issue de la journée, le Turc a pour la première fois obtenu son ticket pour la Q2, ce qui lui a ensuite permis de s'élancer de la quatrième ligne de la grille de départ. Las, avec le retour d'un temps sec, il n'a pas été en mesure de faire illusion sur le reste du week-end.
Samedi, il s'est dit très en difficulté pendant le sprint, déplorant un comportement très étrange de sa Yamaha qui lui donnait l'impression de rouler sur le mouillé ou avec des "pneus [ayant] cinq ans". Il avait passé le premier virage en dernière position, avant de remonter jusqu'au 18e rang sous le drapeau à damier, seulement suivi par son coéquipier, Jack Miller.
Dimanche, la course principale est mieux partie pour lui car il a maintenu sa 12e place au départ, en revanche il n'a pu éviter de reculer dans la hiérarchie au fil des tours pour terminer à nouveau avant-dernier, cette fois suivi par Maverick Viñales.
Son directeur d'équipe, Gino Borsoi, s'est montré très franc pour commenter l'écart si marqué entre les performances du début de week-end et celles que Razgatlioglu a pu produire une fois la météo apaisée. C'est la preuve, selon l'Italien, que la M1 doit absolument progresser pour permettre au champion WorldSBK d'exprimer tout son talent.
Toprak Razgatlioglu devant Maverick Viñales au GP du Brésil
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Cela a été un week-end très complexe dans l'ensemble", retient Gino Borsoi. "Les performances que nous avons affichées vendredi sur le mouillé étaient clairement positives, en particulier pour Toprak, qui a obtenu un résultat exceptionnel pour un nouveau, en terminant troisième et en accédant directement à la Q2 alors qu'il s'agissait seulement de son deuxième week-end de course en MotoGP."
"Il a démontré qu'il savait maîtriser la moto dans des conditions difficiles et a une nouvelle fois confirmé l'étendue de son talent. Malheureusement, le talent seul ne suffit pas", ajoute le directeur de l'équipe Pramac. "Il doit s'accompagner du bon package technique, et pour le moment, nous ne sommes pas encore en mesure de lui fournir tout ce dont il a besoin."
"Ceci étant dit, nous avons apporté quelques modifications pour la course, et nous avons déjà constaté de légères améliorations lors du warm-up, ce qui représente un pas dans la bonne direction, même si le résultat final ne le reflète pas. Il est clair que ce n'est pas quelque chose qui peut se résoudre du jour au lendemain, mais nous pensons avoir commencé à mieux comprendre certains aspects, ce qui nous donne une base sur laquelle nous appuyer pour avancer."
Razgatlioglu en délicatesse avec le grip
À l'issue de la course principale disputée dimanche à Goiânia, Toprak Razgatlioglu a une nouvelle fois décrit des sensations très imparfaites avec la Yamaha. Lui qui continue à découvrir le package MotoGP ainsi que les pneus Michelin, il s'est plaint d'une moto tendant à patiner à l'accélération, ce qui le contraint de plus en plus à tenter de rattraper le terrain perdu sur les freins, où il semble avoir plus facilement progressé depuis ses débuts.
"La course s'est un peu mieux passée qu'hier, mais le grip arrière est étrange", a commenté le pilote. "J'essaye de me concentrer uniquement sur les Yamaha, mais les autres marques ont plus de grip. On s'est améliorés dans certains virages, mais d'une manière générale, je perds beaucoup au premier toucher de gaz, je patine beaucoup et la moto n'accélère pas."
Alors que Fabio Quartararo a décrit un comportement anormal de son pneu arrière pour expliquer sa dégringolade dans la hiérarchie dimanche, le pilote turc l'a suivi pendant trois tours et a tenté de trouver des réponses dans cette référence devant lui.
"Quand j'ai suivi Fabio, [j'ai vu que] j'étais bon dans pratiquement tous les virages, je roulais avec lui - et il y a même des virages où je le rattrapais au freinage - mais quand on mettait les gaz, il prenait toujours un gros avantage. Je ne sais pas, peut-être qu'il utilise mieux le pneu, peut-être que ses réglages sont meilleurs, en tout cas il a toujours une bonne accélération. Sur le tour, j'ai essayé de pousser fort pour le rattraper, mais au virage 12 et dans le dernier virage, il se détachait à nouveau."
"Je n'ai pas arrêté de me battre comme ça pendant la course, et j'ai fini par faire une erreur dans le virage 1, j'ai élargi, après quoi j'ai perdu la référence et j'ai roulé seul. Je reste insatisfait parce que j'ai encore fini pratiquement dernier, mais on a appris des choses au niveau du frein moteur et je suis désormais plus satisfait des freins."
"On verra aux États-Unis, ce sera la première fois que je courrai là-bas même si je connais la piste. Je vais essayer de faire de mon mieux à nouveau."
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