Márquez : "Si je reviens pour gagner le championnat, je me blesserai de nouveau"
Conscient des limites posées par son épaule droite, Marc Márquez ne veut pas trop en faire pour son retour à la compétition au Grand Prix d'Italie. Il se sait débarrassé de son principal handicap mais a besoin de temps pour retrouver son meilleur niveau.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Marc Márquez fait son retour au Mugello, près de trois semaines après une double opération, au niveau du pied droit fracturé lors de sa chute lors du sprint au Mans et surtout de l'épaule droite pour retirer une vis qui appuyait sur un nerf.
Pendant son absence, le retard de l'Espagnol sur Marco Bezzecchi, le leader du championnat, a grimpé à 85 points. Avec encore 592 unités en jeu, peut-il jouer le titre mondial ?
L'intéressé préfère ne pas entrer dans ce débat. Après avoir été trop handicapé par son épaule lors des premières courses de la saison, Márquez est uniquement concentré sur sa condition physique, sans penser à un neuvième titre en MotoGP.
"Si je reviens pour gagner le championnat, je me blesserai de nouveau", a résumé l'Espagnol, interrogé par le site officiel du MotoGP. "Ce n'est pas la bonne chose. J'ai la mentalité pour reconstruire mon avenir."
"Je ne pouvais pas continuer en pilotant comme lors des premières courses. On verra si je peux retrouver mon bras droit et ensuite, je sais que la vitesse viendra. Mais d'abord, il faut que je me sente bien physiquement."
Marc Márquez retrouve le MotoGP au Mugello.
Photo de: Andrea Diodato / NurPhoto via Getty Images
Márquez ne veut donc pas viser trop haut au Grand Prix d'Italie, son objectif étant de retrouver petit à petit une condition physique optimale, ce qui n'est pas encore le cas. Il sent que reprendre le guidon l'aidera à retrouver sa forme.
"Les sensations sont acceptables. C'est pour ça que je suis là. On a analysé la situation avec mes médecins, mon kiné et moi. On est assez proches de l'opération et il faut du temps. Ce temps, on peut le passer sur la moto."
"Il faut aborder le week-end avec la bonne mentalité, en essayant de progresser séance après séance. Les week-ends vont s'enchaîner et il faudra progresser solidement."
"Quand on a un nerf endommagé, ce n'est plus le cas mais ça prend du temps pour retrouver une situation normale. Je vais essayer de travailler, d'insister, de persister, pour essayer de comprendre si je peux atteindre un niveau acceptable afin de me battre avec les leaders lors des prochaines courses."
Quand on a un problème nerveux, c'est pire qu'un os ou un muscle, parce que le nerf déconnecte tout.
Márquez a détaillé les problèmes qu'il ressentait depuis sa blessure à la clavicule la saison passée, avec une vis qui appuyait sur un nerf. Désormais débarrassé de cette vis, les problèmes devraient disparaître, mais l'épaule n'est pas encore dans une condition parfaite.
"Le problème était un peu que je ne me sentais pas mal à l'entraînement mais en course, je me sentais super mal. On a analysé qu'en mode course, avec les bras en avant, cette vis touchait le nerf. Quand on a un problème nerveux, c'est pire qu'un os ou un muscle, parce que le nerf déconnecte tout."
Marc Márquez porte une botte de marche orthopédique mais minimise cette blessure.
Photo de: Andrea Diodato / NurPhoto via Getty Images
"Maintenant que je n'ai pas ce souci de 'déconnexion', on pense que sur le plan 'clinique', tout va bien, mais il faut du temps pour que le nerf redevienne normal, et il faut encore plus de temps pour les muscles reliés à ce nerf."
"On a enlevé le matériel et on verra", a précisé Márquez. "Je ne sais pas, les médecins ne savent pas comment ça va se passer mais je sais que je vais essayer. Pour essayer, il faut que je sois sur la moto."
"Le plus simple serait de rester chez moi et d'être ici dans trois ou quatre courses, mais je n'ai pas peur de bien me confronter à la situation, en essayant toujours de progresser aussi vite que possible."
Sur les deux opérations réalisées, seule celle à l'épaule a de réels effets sur la forme de Marc Márquez : "Le pied, c'est des cacahuètes ! Rien. J'aurais pu rouler en Catalogne. C'est plus l'épaule. Ça a été mon plus gros handicap au cours des derniers mois. J'ai travaillé très dur et en 2025 j'arrivais à bien piloter mais lors de la chute en Indonésie, je suis retombé sur l'épaule droite, qui était mon point faible."
Márquez fait évidemment référence à sa grave blessure au bras en 2020, qui l'a plongé dans une période noire de plusieurs années. Il a depuis fait évoluer son pilotage et n'a plus peur de devoir contourner certaines limites physiques.
"Ces dernières années, j'ai adapté mon pilotage à ce dont mon corps a besoin. Si on compare mon pilotage en 2022 à celui de l'an dernier, c'est un style complètement différent. Je pilote avec beaucoup de douceur, la moto bouge à peine."
Avec Oriol Puigdemont
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