Morbidelli clarifie son intérêt (limité) pour le WorldSBK
En quête d'un contrat pour la saison prochaine, Franco Morbidelli repousse l'option du Superbike... en tout cas, pour le moment.
Photo de : Mirco Lazzari GP / Getty Images
Franco Morbidelli a fait une visite très remarquée dans le paddock WorldSBK, le week-end dernier à Misano, où il a été aperçu avec le management de Ducati. Au vu de sa situation actuelle et de la grande incertitude qui pèse sur son avenir en MotoGP, il était évident que cela allait faire naître beaucoup de spéculations.
C'est non sans malice que le pilote italien a expliqué à son arrivée à Brno, jeudi, ce qu'il était allé faire dans le paddock cousin des dérivées de la série… "Je suis allé promouvoir le week-end de la World Ducati Week. C'était ma principale tâche ce jour-là à Misano", a-t-il donc affirmé. "Après, je suis allé à la mer ! Les courses, je les ai regardées depuis la plage."
De toute évidence, Franco Morbidelli sait bien qu'il doit étudier ses options en dehors du championnat MotoGP, puisque les places y sont devenues rarissimes et qu'il fait partie, avec Jack Miller, Álex Rins, Maverick Viñales ou encore Brad Binder, des pilotes sur lesquels la menace est réelle. Il insiste néanmoins sur le fait qu'il reste profondément attaché aux Grands Prix.
"Le paddock qui m'attire en ce moment, celui auquel je sens que j'appartiens, c'est celui-ci. J'ai le sentiment que j'ai encore beaucoup à donner à la mission que j'ai ici, en MotoGP", a-t-il répété jeudi, inhabituellement bavard.
"Les résultats n'arrivent pas, probablement pour des raisons que l'on n'a pas encore réussi à comprendre, mais je suis très confiant quant au fait que quand on arrivera à comprendre pourquoi je ne suis pas performant et je n'ai pas les sensations que je veux sur la moto, on arrivera à être aussi performant que je suis sûr de pouvoir l'être, c'est-à-dire essayer de gagner des courses, de monter sur le podium et d'être dans le top 5 de ce championnat."
Tout en s'efforçant de ne pas dénigrer les dérivées de la série, Morbidelli, 31 ans, souligne ne pas souhaiter pour le moment s'investir dans "un championnat avec moins de courses et un rythme moins intense que le MotoGP".
"Ça n'est pas que le Superbike ne me plaît pas ou que je le méprise. Au contraire : j'en viens, en 2013 j'ai gagné le championnat Superstock. Mais je sens que je peux encore gérer le rythme du MotoGP, la vitesse du MotoGP et tout ce qui tourne autour du MotoGP. Pour le moment, je ne me sens pas encore… noyé !"
Franco Morbidelli parviendra-t-il à rester en MotoGP ?
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Réaliste malgré tout, Morbidelli n'écarte pas totalement l'option du WorldSBK si jamais son sort - qui dépend du choix de VR46 pour sa seconde moto - devait le mener vers la porte de sortie du MotoGP.
"Il est certain que, si je n'arrive pas à trouver un moyen de redevenir compétitif, alors je serai forcé de trouver une solution qui me permette d'être compétitif. Et si cette solution, c'est une autre équipe ou le Superbike, je devrai certainement la prendre en considération parce que je veux encore rester pilote pendant longtemps", a affirmé l'Italien.
Serait-il prêt à envisager un rôle de pilote essayeur ? "Absolument pas. Moi, j'aime courir, me battre, travailler avec l'équipe. Je suis un combattant, j'ai gagné beaucoup de batailles dans le dernier tour, j'ai mené beaucoup de bagarres, beaucoup de luttes, et je sens que je n'en ai pas encore fait assez."
"Alors je suis très confiant et je reste concentré sur mon choix numéro un, qui est de rester là où je suis et de faire le meilleur travail pour l'équipe dans laquelle je suis. Et ensuite, on verra ce qu'il en sera de l'avenir."
Le Superbike ? Hors de question pour Marini
Curieusement, l'un des concurrents de Franco Morbidelli pour le guidon à pourvoir chez VR46 n'est autre que Luca Marini, son collègue de la VR46 Riders Academy. Celui-ci se sait sur le départ de Honda, où vont arriver Fabio Quartararo et David Alonso, et il a déjà vu la porte de Yamaha se refermer après un premier contact.
Son nom est cité chez Trackhouse et potentiellement chez VR46, où la concurrence est toutefois relevée notamment avec la volonté de Nicolò Bulega de rejoindre le MotoGP. Marini se montre beaucoup moins prolixe que Morbidelli sur cette question, mais il compte avoir clarifié ses plans "d'ici à la pause" du championnat, qui débutera au soir du GP d'Allemagne dans trois semaines.
Lui aussi questionné sur le WorldSBK, Marini se montre radical dans sa réponse. "Pour le moment, ça n'entre pas dans mes plans", tranche-t-il, affirmant sa volonté intacte de rester en MotoGP : "C'est ce que j'aime faire, et pour le moment je ne me vois nulle part ailleurs."
On sait que Luca Marini fait partie des rares pilotes mobilisés pour le test de lundi, au guidon des 850cc en cours de développement. Une opportunité que Honda donne à ses deux pilotes d'usine malgré leur départ prochain. Est-ce important pour ceux qui, comme lui ou Raúl Fernández, n'ont pas encore de contrat pour 2027 ? "Je ne pense pas, ça ne va rien changer", conclut cependant l'Italien.
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