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Le MotoGP veut des GP à succès avant un calendrier chargé

Les priorités du promoteur ont changé dans l'optique de la constitution du calendrier MotoGP. Plus fourni que jamais, celui-ci doit désormais tendre vers la rentabilité commerciale avant tout.

Raul Fernandez, Trackhouse Racing, Lorenzo Savadori, Trackhouse Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Le MotoGP suit la tendance de la Formule 1 en proposant chaque année un calendrier plus chargé. Plus de Grands Prix, cela signifie plus d'accords commerciaux en tout genre, tant pour l'organisation des événements que pour leur retransmission TV dans le monde. Avec désormais 22 manches inscrites au championnat, la discipline passe un cap vers une intensité jusqu'ici inédite, ce qui la pousse même à lancer la compétition très tôt, avec un premier week-end organisé du 28 février au 2 mars.

Au fil des années, toujours plus de pays ont rejoint l'agenda, tandis que d'autres frappent à la porte avec insistance dans l'attente qu'une place leur soit faite. Cette saison, on verra ainsi trois circuits s'ajouter au programme avec les retours de Termas de Río Hondo et de Brno, et surtout une nouveauté avec un GP de Hongrie organisé sur le Balaton Park, récemment construit.

L'achèvement du complexe hongrois intervient alors que d'autres épreuves ont peiné à confirmer leur place au calendrier ces dernières années. Pour ne citer que les cas les plus récents, le GP d'Inde a été mis sur la touche dans l'attente que son organisation et ses finances soient plus cadrées, et le GP du Kazakhstan a été enterré comme, avant lui, celui de Finlande. Si ces nouvelles épreuves ont tourné à l'échec, d'autres projets continuent à avancer. Mais le PDG de Dorna Sports insiste désormais sur sa volonté de voir des circuits bien remplis et des Grands Prix rentables.

Interrogé en septembre dernier sur ce qu'est à présent sa priorité, au moment où il présentait le Balaton Park à la presse, Carmelo Ezpeleta avait en effet expliqué : "Nous parlons avec beaucoup de pays et cela dépend de ce que sont les intérêts. Je gère cela depuis 1992 et les priorités ont changé. Au début, il était suffisant d'avoir une course, ensuite il s'agissait d'avoir une course sûre et maintenant nous voulons avoir une course qui soit un succès."

"Cela signifie que, pour moi, l'implication du gouvernement national est très importante, dans tous les projets que nous montons, et la promotion est elle aussi très importante. Nous ne voulons pas avoir un Grand Prix vide."

Les priorités ont changé. Au début, il était suffisant d'avoir une course, ensuite il s'agissait d'avoir une course sûre et maintenant nous voulons avoir une course qui soit un succès.

Cela fait trois ans que le calendrier MotoGP compte 20 Grands Prix, un cap franchi et confirmé après deux années perturbées par le Covid et ses répercutions. Les chiffres de fréquentations sont eux aussi repartis à la hausse, au point de battre des records en 2024. Si certaines épreuves enregistraient, encore récemment, une affluence trop faible pour contenter les organisateurs, cette fois la quasi-totalité des Grands Prix (à deux exceptions près que sont l'Autriche et le Qatar) a connu une hausse de fréquentation par rapport à l'édition précédente.

Pour certains, cette hausse a été extrêmement forte, notamment au Portugal, alors que d'autres ont, de façon moins spectaculaire mais efficace, peaufiné une copie déjà glorieuse. C'est le cas du GP de France, qui avec l'ajout d'une nouvelle tribune a enregistré le meilleur score de la saison, flirtant avec les 300 000 spectateurs sur l'ensemble du week-end et les 120 000 le dimanche.

Aucun risque de voir une tribune vide au GP de France !

Aucun risque de voir une tribune vide au GP de France !

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Faire de chaque Grand Prix un événement

Ne pas voir des tribunes vides devient donc une réalité un peu partout, ce qui passe par une organisation de mieux en mieux rodée et offrant une expérience complète aux spectateurs. Carmelo Ezpeleta et la Dorna ont également plusieurs idées pour contribuer à cette tendance. "Nous avons commencé [en 2023] avec les courses sprints, qui ont démontré [leur succès]. Normalement, les circuits sont pleins le dimanche, ou pratiquement pleins", a ainsi fait remarquer le responsable espagnol.

Et de poursuivre : "Il y a plusieurs manières d'avoir les tribunes pleines pour les courses. Premièrement, pour moi, il est très important de ne pas construire plus de tribunes que nécessaire. Le meilleur exemple, c'est lorsque nous avons été à Indianapolis pendant de nombreuses années, nous y avions autour de 65 000 ou 70 000 spectateurs, mais dans un endroit qui est fait pour en accueillir 300 000 c'est horrible."

"C'est quelque chose que nous voulons éviter. À la télévision, on donne l'image de quelque chose qui n'intéresse pas les gens parce que les tribunes sont vides. Mais [c'était le cas] même quand la F1 allait à Indianapolis, et notamment parce que le tracé intègre tout l'ovale, or il est impossible de s'y placer car, de là, on ne peut pas voir la course."

"Ce sont des questions de marketing auxquelles nous faisons attention à présent. Pour nous, il est très important de consolider chaque épreuve MotoGP comme un grand événement ayant un gros impact économique dans la région dans laquelle nous nous trouvons. Tout cela va ensemble. Au début, nous pensions juste à faire des courses, mais aujourd'hui nous pensons à faire de grands événements."

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