Analyse

MotoGP extrêmes, lourdes et rapides : il était temps de réguler

Selon Aleix Espargaró, l'introduction de nouvelles règles techniques en MotoGP à partir de 2027 était indispensable, alors que les contraintes physiques deviennent trop lourdes pour les pilotes avec les progrès incessants.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Le MotoGP a officiellement annoncé à l’occasion du Grand Prix d’Italie ce que seront les grandes directions prises par le règlement technique à compter de la saison 2027 et pour une durée de cinq saisons.

Abaissement de la cylindrée des machines pour en réduire la vitesse de pointe, réduction de l’aérodynamique pour laisser plus de place au pilote dans la différence de performance et rendre moins difficiles l’exploitation des pneumatiques et les dépassements, ou encore suppression des dispositifs de variation de hauteur, notamment au départ, sont au menu des sujets pris en main par cette définition des règles techniques futures.

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Globalement très bien accueillies par les constructeurs impliqués ou observateurs du MotoGP et par les pilotes eux-mêmes, ces nouvelles interprétations gagneraient cependant à être mises en place progressivement dans la discipline selon le vétéran Aleix Espargaró, plutôt que d’attendre encore plus de deux saisons complètes.

Tout comme Fabio Quartararo qui évoquait ses difficultés à suivre les contraintes physiques imposées par sa moto à grande vitesse, l’Espagnol admet s’être senti stressé sur le tracé italien du Mugello. La piste toscane est représentative des vitesses de pointe stratosphériques atteintes année après année, et ce alors que les temps au tour tombent nettement sur tous les circuits, notamment aussi, selon certains pilotes à l'image de Marc Márquez, grâce aux progrès réalisés par Michelin dans l’offre pneumatique à l’arrière.

"Les motos sont plus rapides parce qu’on a beaucoup d’appui, mais les bras des pilotes sont les mêmes qu’il y a dix ans !" explique de son côté Espargaró. "Peut-être que l'on est un tout petit peu plus affûtés, peut-être qu’on s’entraîne un petit peu plus, mais c’est pareil. Donc on a toujours plus d’appui, les motos sont de plus en plus lourdes, mais nos bras restent les mêmes, les forces qu’on a dans les bras sont les mêmes."

"Je pense que tous les pilotes sont beaucoup plus affûtés qu’il y a dix ans, mais on ne peut pas changer les corps, alors je crois que c’est la raison pour laquelle les pilotes trouvent les motos super lourdes, comme si c’étaient des F1. Les chronos sont extrêmement rapides..."

Dès lors, Espargaró n’a pas honte d’affirmer "espérer" que les nouvelles règles "ralentiront" les machines du plateau. "J’espère aussi que les motos seront moins physiques. Les motos sont extrêmement physiques aujourd’hui, parce que les appuis sont incroyables."

Une limite semble atteinte, à en croire celui qui porte pourtant son propre niveau de préparation physique à un niveau drastique. Pourtant, tout porte à imaginer que d’ici l’entrée en vigueur de ces règles 2027, les constructeurs sauront encore faire hausser le niveau de performance des MotoGP à un stade inégalé.

Les motos peuvent-elles encore être beaucoup plus rapides dans les deux années à venir ? "À 100% !" assure Espargaró. "On va voir ce que les ingénieurs vont inventer pour 2025, pour 2026... Je crois que notre moto va être bien meilleure dans les trois ou quatre prochaines courses. On travaille sur un nouveau holeshot avant. On ne s’arrête pas ! Rien que sur cette saison 2024, l’Aprilia va beaucoup progresser, alors imaginez en deux ans !”

Avec Léna Buffa

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