La performance de Zarco à Jerez n'apprend rien à Mir sur la Honda
Joan Mir juge que le bon résultat de Johann Zarco au Grand Prix d'Espagne doit beaucoup à la très bonne qualification du Français sous la pluie et ne traduit, en réalité, aucun changement dans le potentiel de la Honda.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Johann Zarco s'est affirmé comme le meilleur pilote Honda au GP d'Espagne. Après de bons essais, avec pour seule exception un recul vendredi après-midi qui lui a valu de passer ensuite par la Q1, le Français s'est qualifié deuxième, 12 places devant la Honda suivante pilotée par Joan Mir. Il a ensuite décroché la huitième position dans le sprint et la septième dans la course principale.
Un top 5 a même un temps semblé envisageable pour Zarco, qui a capitalisé sur son départ de la première ligne pour batailler contre des Ducati et Aprilia, avant de subir l'usure de ses pneus et d'être la proie des pilotes Trackhouse dans les derniers tours.
Cette septième place constitue malgré tout le meilleur classement d'un pilote Honda dans un Grand Prix depuis le début de la saison. Dans le même temps, Joan Mir n'a vu l'arrivée que 15e dimanche. Son retard de près de 17 secondes sur Zarco au drapeau à damier n'était, a-t-il affirmé, pas une source de frustration puisqu'il estime que la performance du Français était en grande partie due aux circonstances.
De son point de vue, les résultats du pilote LCR à Jerez ne traduisent aucun changement dans la performance générale de Honda. Il juge que c'est surtout sa prouesse dans les conditions humides dans lesquelles se sont disputées les qualifications qui a donné à Zarco cet élan pour aller chercher un résultat supérieur à son véritable potentiel.
"Je ne suis pas frustré", a assuré Joan Mir après la course. "Je pense qu'en obtenant la deuxième place [sur la grille], il a fait du bon boulot hier, compte tenu des conditions. Mais la course l'a ramené à sa place naturelle."
Johann Zarco (LCR Honda)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"Je suis content pour Johann, mais on sait bien que tout le monde a un rythme très similaire ici", a-t-il ajouté. "Si tu pars devant, tu peux te permettre de relâcher un peu et tu finis quand même septième. Quelqu'un est tombé devant, alors c'est huitième [en réalité]. Quoi qu'il en soit, ça ne m'apprend rien que je ne sache déjà sur cette moto."
"On part devant et on recule. Si la course avait fait cinq tours de plus, il aurait fini dixième, et s'il y en avait eu dix de plus, il aurait fini 15e. Et si on tente autre chose, on finit par terre, comme ça nous est arrivé ces derniers temps."
"Donc, la question n'est pas de savoir quel résultat l'autre peut obtenir. Je connais mon potentiel, je sais tout, mais la réalité, c'est qu'on doit accepter le potentiel du package actuel et réagir."
On ne peut pas risquer notre vie pour finir 15e. On prend des risques quand on a une opportunité.
L'objectif de Mir : enfin voir l'arrivée d'un Grand Prix
Joan Mir mentionne le fait que "tenter autre chose" mène aisément à la chute avec la Honda. C'est en ayant fait ce constat qu'il s'est essentiellement fixé pour objectif de voir l'arrivée de la course. Il est tombé lors des trois premiers Grands Prix de la saison, y compris à Austin où lui-même avait réussi à se qualifier à l'avant de la grille, et il avait chuté à nouveau sous la pluie dans le sprint de samedi.
"Aujourd'hui, je voulais voir le drapeau à damier pour la première fois cette saison. C'était le plus important", soulignait-il dimanche. "Les conditions, l'adhérence de la piste, étaient très, très difficiles. Et aujourd'hui, je n'avais pas le package pour faire la différence. Je pense donc que le plus intelligent à faire était de ramener la moto aux stands."
L'Espagnol a aussi mis son absence de chute dans cette course sur le compte de la position qui était à sa portée, ayant transformé son temps de piste en séance d'essai grandeur nature plutôt qu'en réelle compétition.
"Pour finir dans le top 5, je prends des risques. Mais [si c'est] pour finir dans le top 15, je donne des informations [à l'équipe], et c'est tout", a-t-il résumé. "Je pense que c'est la bonne façon de procéder. On ne peut pas risquer notre vie pour finir 15e. On prend des risques quand on a une opportunité. Ici, je n'avais pas l'opportunité de faire quoi que ce soit de spécial, donc le risque était un peu limité."
Avec Rachit Thukral
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