Règlement MotoGP : qu'est-ce que le flag-to-flag ?
Quand la météo change en course, les pilotes du MotoGP ont le droit de passer sur leur seconde moto afin d'avoir des pneus adaptés aux conditions de piste : c'est ce que l'on appelle une course flag-to-flag.
Photo de : Dorna
Les règles du MotoGP
Comment fonctionne un sprint en MotoGP ? Qu'est-ce qu'un flag-to-flag ? Quel est le principe des concessions ? Voici les questions, et plus encore, auxquelles nous répondons pour que le MotoGP n'ait plus de secrets pour vous !
Lorsque la pluie s'invite en MotoGP, les pneus les plus adaptés aux conditions de piste peuvent ne plus être les mêmes d'un tour à l'autre. Les pilotes sont ainsi autorisés à changer de moto, pour passer d'une équipée de pneus pour piste sèche, les slicks, à une autre avec des gommes pour la pluie. Règlementairement, cela vaut aussi dans le cas inverse, même s'il s'agit d'une situation beaucoup plus rare.
C'est ce que l'on appelle une course flag-to-flag, soit "drapeau à drapeau", un terme qui montre que le but est que l'épreuve puisse se tenir du départ jusqu'au drapeau à damier sans interruption. Auparavant, les courses pouvaient être arrêtées puis relancées, en additionnant les chronos des deux parties, ce qui pouvait mener à une certaine confusion. Le flag-to-flag est ainsi apparu en 2005, uniquement dans la catégorie MotoGP, où les pilotes disposent de deux motos.
Ce dispositif permet d'éviter une interruption de course quand les conditions évoluent, tout en permettant aux pilotes d'avoir les pneus adaptés, mais aussi d'ajouter un élément stratégique puisqu'il faut effectuer le changement de moto au moment le plus opportun.
Flag-to-flag : comment fonctionne la procédure ?
Lorsque des gouttes de pluie apparaissent, le drapeau blanc est agité par les commissaires de piste. Ce signal leur indique qu'ils ont le droit de changer de moto, ce qui est permis par le règlement dès que la piste est déclarée humide. Cette décision peut être prise avant le départ, si les conditions sont changeantes, ou en cours d'épreuve.
La décision revient ensuite aux pilotes, et changer de moto n'est pas toujours la bonne idée. Au GP d'Autriche 2021, Brad Binder a ainsi décidé de rester en piste quand la pluie est arrivée en fin de course, ce qui l'a fait passer de la sixième à la première place. En grande maîtrise malgré les conditions, il s'est imposé sous le déluge, les pilotes qui avaient changé de moto n'ayant pas eu le temps de revenir sur lui et de compenser le temps perdu dans le passage par la voie des stands. Plus récemment, on se souvient qu'au GP de Saint-Marin 2024, Jorge Martín a fait partie des rares à changer de moto pendant une courte averse, ce qui lui a coûté très cher.
Des changements de moto au GP d'Autriche 2021
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Par le passé, le règlement fixait des limites, notamment dans les pneus montés sur les motos, mais elles ont toutes été retirées du règlement. Cela signifie qu'une fois que la piste est déclarée humide, un pilote peut passer d'une moto à l'autre autant de fois qu'il le souhaite, y compris si les deux machines sont équipées du même type de pneus.
À noter que toutes ces règles s'appliquent pour l'épreuve principale mais aussi pour la course sprint, le règlement sportif étant le même.
Un changement de moto encadré car potentiellement dangereux
Lorsqu'un pilote emprunte la voie des stands pour changer de moto, il doit respecter une limite de 60 km/h. Un excès de vitesse entraîne un double long-lap.
Le changement de moto lui-même peut être une séquence délicate. On a ainsi vu Álvaro Bautista percuter l'un de ses mécaniciens au GP d'Argentine 2016, mésaventure également connue par Loris Baz l'année suivante à Brno. Le même jour, Andrea Iannone était tombé en voyant Aleix Espargaró lui couper la route dans la voie des stands. C'est aussi à cette époque que certains pilotes sont devenus experts pour sauter d'une machine à l'autre, à l'image de Marc Márquez.
La procédure a par la suite été améliorée. Les mécaniciens participant à la manœuvre, pour réceptionner l'ancienne machine et préparer la nouvelle, doivent porter un casque. Des marquages au sol indiquent où la première moto doit être arrêtée et où la seconde attend le pilote, qui a l'obligation de poser le pied au sol et donc l'interdiction de sauter directement sur sa nouvelle machine.
Le GP de France 2021 a été marqué par plusieurs incidents
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Certains accrocs peuvent subsister lors de ces "arrêts au stand". Au GP de France 2021, Fabio Quartararo a fait l'erreur de s'arrêter devant les mécaniciens de Maverick Viñales, qui était alors son coéquipier chez Yamaha, ce qui lui a valu un long-lap. La procédure avait été marquée par plusieurs incidents illustrant le danger inhérent aux courses flag-to-flag.
À noter que si les conditions sont trop mauvaises, la direction de course peut imposer un drapeau rouge et mettre fin au roulage. Si les pilotes ont effectué entre trois tours et 75% de l'épreuve, l'objectif est de la relancer. Si cela n'est pas possible, la course n'est comptabilisée pour le championnat que si au moins cinq tours ont été effectués. Il faut que plus de 75% des tours aient été bouclés pour que l'intégralité des points soient attribués et si ce cap n'a pas été franchi, les pilotes ne prennent que la moitié des points.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires