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MotoGP GP de Catalogne

Un "départ raté" et coûteux pour Zarco : "J'ai les boules"

Une mauvaise gestion de l'embrayage au départ a privé Johann Zarco d'un bon résultat en course sprint à Barcelone. Le Français reste satisfait d'avoir choisi le pneu medium et espère en tirer profit pour la course principale.

Johann Zarco, Pramac Racing

Johann Zarco espérait décrocher son premier podium en course sprint au GP de Catalogne, mais cette perspective s'est évaporée dès les premiers mètres à cause d'un mauvais envol. Parti sixième, il n'était plus que 12e après la première séquence de virages, ce qui l'a une nouvelle fois contraint à une remontée dans le classement. Le Français a été l'un des deux pilotes de la grille, avec Luca Marini, à opter pour le pneu medium à l'arrière quand tous les autres ont préféré le tendre, mais il n'attribue pas son mauvais départ à ce choix, estimant surtout que c'est une gestion trop prudente de l'embrayage qui est en cause.

"Un départ raté", a résumé Zarco. "En termes de temps, de 0 à 100 [km/h] ce n'est pas très raté, ce sont deux dixièmes mais ça coûte beaucoup trop de places. C'est dommage. J'ai les boules, parce que j'étais [presque] le seul à choisir le medium, et franchement le rythme n'était pas pourri : sur les 12 tours, j'étais très compétitif, mais partir sixième, sortir 12e... Ça m'a trop coûté. Je suis déçu et en colère pour ça. Des fois ça passe, des fois ça ne passe pas. C'est passé plus souvent que ça n'est pas passé cette année mais là, ça n'a pas bien fonctionné."

"C'est le moment où je lâche l'embrayage", a détaillé Zarco. "Si on parle d'écart, j'aurais dû le lâcher de 0,5 mm en plus, donc c'est dur à jouer, ça marche au feeling. Peut-être que j'ai un esprit conservateur qui me dit 'je ne veux pas caler', je ne sais pas. Je n'y pense pas mais pourquoi je ne l'ai pas autant lâché que Jorge [Martín] ? Si tu le lâches un peu trop, tu perds tous tes tours et tu rates aussi ton départ. Lui, il est parti en 2"3 [pour atteindre 100 km/h] et moi je suis parti en 2"5. Il part 5, il sort 2 ; je pars 6, je sors 12. C'est chaud."

Zarco ne dispose pas du nouveau système de départ apparu sur la moto de Pecco Bagnaia à Spielberg et également monté sur celle de Martín ce week-end, mais il ne sent pas que cette différence a joué un rôle important ce samedi : "Il faut comparer avec [Enea] Bastianini parce que depuis Spielberg, il fait aussi des départs incroyables et je crois qu'il n'a pas cette nouvelle pièce parce qu'il n'est pas à l'avant du championnat après sa blessure. Ils travaillent toujours pour avoir une meilleure accélération, peut-être qu'on peut gagner un demi-dixième, ou un dixième, je ne sais pas. Je pouvais faire 2"3 aujourd'hui et je ne l'ai pas fait."

Johann Zarco, Pramac Racing

Johann Zarco

Malgré ce départ décevant, Zarco a pu multiplier les dépassements et franchir la ligne d'arrivée en septième position, après une attaque au tout dernier moment sur Marco Bezzecchi"C'est le plaisir de la course. [...] Quand je suis revenu sur Bezzecchi, je l'ai presque doublé au virage 3 mais c'était limite et je ne voulais pas le toucher. La seule opportunité était ce dernier virage et j'ai pensé à la manœuvre de Valentino [Rossi] sur Jorge [Lorenzo, en 2009]. C'est un plaisir parce que Marco est l'un des hommes forts de la saison, un des hommes forts au freinage. Ce n'est pas vraiment un freinage mais au moins c'est une entrée de courbe."

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On aura tous le medium demain [et] si j'arrive à le contrôler et avoir un peu plus de rythme en début de course sans trop cramer le pneu, peut-être que je pourrai faire la différence.

Johann Zarco

Le choix du pneu medium a aidé Johann Zarco en fin d'épreuve, à un moment où les autres pilotes commençaient à souffrir avec leur gomme tendre. Le pilote Pramac ne se sentait pas en mesure de le prendre après avoir plus sollicité le pneu arrière que ses rivaux depuis le début du week-end, et il se dit même qu'avoir disputé le sprint avec le pneu medium pourrait lui donner un avantage pour la course de dimanche.

"L'information que j'ai prise sur le medium, ça va me servir pour demain. Je ne sentais pas de mettre le tendre, mais si j'avais eu le tendre avec le même départ, j'aurais peut-être fait pire, je n'aurais pas pu remonter. Pour moi, le tendre tenait au grand maximum huit tours, donc [pour] 12 tours, vu qu'il n'y avait pas une grosse différence avec le medium, j'ai joué la carte du medium pour faire une différence parce que je ne roule pas comme les autres. [Il y avait] encore des informations à prendre. C'est dur de voir du progrès en piste mais il y a eu des beaux tours."

"On dirait que je m'appuie un peu plus sur le pneu, surtout pour accélérer quand on redresse la moto", a expliqué Zarco. "Je l'utilise presque moins que les autres sur l'angle, mais plus sur la partie haute. C'est ça qui m'a coûté beaucoup de places en Autriche aussi. Ici, c'est presque l'opposé : ça tourne à mon avantage. C'est pour ça que l'an dernier j'avais pris le pneu dur. On aura tous le medium demain [et] si j'arrive à le contrôler et à avoir un peu plus de rythme en début de course sans trop cramer le pneu, peut-être que je pourrai faire la différence."

Johann Zarco, Pramac Racing

Johann Zarco

Course après course, Johann Zarco évoque des différences dans son pilotage et celui des autres pilotes Ducati. Après trois ans et demi à piloter la moto italienne, il ne parvient toujours pas à en tirer le meilleur et à retrouver les sensations qu'il avait au début de sa carrière en MotoGP, sur la Yamaha de l'équipe Tech3 : "La moto était tellement différente. Ce que j'arrivais à faire à l'époque avec la Yamaha sur les entrées de virage, je ne peux plus le faire sur la Ducati. C'est ça qui me fait perdre du temps."

"L'avantage que j'avais à l'accélération il y a deux ans, je l'ai toujours mais avant, il se faisait en dixièmes, maintenant il se fait en millièmes. Ce n'est presque plus un avantage. Ça reste un avantage quand tu compares tout le monde, le problème c'est que c'est un gain en millièmes et que ça me met plus en difficulté de me mettre en position pour avoir ce gain. Le style évolue, j'essaie de m'adapter, de faire mieux certaines choses mais ça prend du temps."

Malgré cette petite faiblesse, un bon résultat reste possible depuis la deuxième ligne sur la grille ce week-end. Même s'il n'était "pas très content de la sixième place" sur le moment, Zarco s'est félicité d'avoir été dans le bon rythme en qualifications : "Je visais la première ligne. Après, 1'38"8, c'est bien, à deux dixièmes de Pecco. Ça se joue à pas grand chose. Il y a vraiment deux virages où j'ai un poil trop appuyé sur le frein arrière, j'ai perdu l'arrière. J'aurais peut-être pu avoir un dixième de mieux, ça m'aurait mis en première ligne mais c'est dur d'être mécontent parce que ça se joue à pas grand-chose."

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