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Alpine officialise son départ du WEC et des 24 Heures du Mans

La nouvelle était redoutée et l'espoir de plus en plus réduit : la saison 2026 sera la dernière d'Alpine en WEC, avant que le programme Hypercar ne soit totalement débranché.

#36 Alpine Endurance Team Alpine A424: Mick Schumacher, Frederic Makowiecki, Jules Gounon

Photo de: Marc Fleury

Dans une journée qui s'annonçait décisive pour les programmes sportifs du Groupe Renault, avec notamment la tenue d'un Comité social d'entreprise (CSE) à Viry-Châtillon, les mauvaises nouvelles redoutées tombent. Après l'arrêt du programme rallye-raid de Dacia, c'est celui d'Alpine en WEC qui a été officialisé ce 12 février. 

Le A fléché va quitter l'endurance et fermer une page flirtant avec la quinzaine d'années, après avoir fait son retour en 2013, d'abord via le LMP2.

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Le projet d'Alpine dans la catégorie Hypercar a débuté en 2021, d'abord avec une dérogation lui permettant d'utiliser une Oreca LMP1 bridée. Ce n'est que depuis 2024 que la marque tricolore aligne son propre prototype LMDh en championnat du monde ainsi qu'aux 24 Heures du Mans. En juin prochain, l'Alpine A424 fera sa dernière apparition sur la mythique épreuve sarthoise. 

Ces dernières semaines, les rumeurs s'étaient intensifiées concernant ce retrait du WEC, et même au sujet d'une possible disparition d'Alpine en tant que marque. La semaine dernière, un porte-parole d'Alpine a toutefois déclaré à Motorsport.com que la marque ne disparaîtrait pas, sans pour autant démentir ce qui est désormais confirmé : son départ du championnat.

Il convient de rappeler que l'été dernier, le PDG de Renault de l'époque, Luca de Meo, avait estimé qu'Alpine aurait besoin d'environ vingt ans pour devenir un véritable rival de Porsche. Le projet prendra pourtant fin bien plus tôt, et cette décision a été prise par son successeur, François Provost.

La participation d'Alpine à la saison 2026 du WEC a même un temps été incertaine, mais Alpine Racing a reçu le feu vert de la direction pour une dernière année. Rappelons qu'en endurance, le projet s'appuie sur l'expérience reconnue de la structure Signatech, dirigée par Philippe Sinault.

"Nous avons dû prendre des décisions difficiles pour protéger les ambitions à long terme d'Alpine", explique Philippe Krief, PDG d'Alpine. "D'un côté, l'industrie automobile – et en particulier le marché des véhicules électriques – connaît une croissance plus lente que prévu. De l'autre côté, pour réussir sur le long terme, nous devons poursuivre nos investissements dans la gamme de produits et la marque Alpine. En conséquence, nous devons prendre des mesures décisives et claires afin de créer une marque avec un avenir durable."

"En tant qu'équipe, nous devons tous chez Alpine concentrer nos efforts sur ces défis. Concernant le sport auto d'Alpine, bien que nous regrettions de ne pas pouvoir continuer en WEC après cette saison, nous concentrer sur la Formule 1 nous offre une plateforme unique à partir de laquelle nous pouvons accroître la notoriété de la marque conformément à nos ambitions en matière de croissance produit et marché."

La saison 2026 sera la dernière pour Alpine.

La saison 2026 sera la dernière pour Alpine.

Photo de: FIAWEC - DPPI

"L'esprit de compétition fait partie de l'ADN d'Alpine, dans tous les aspects de l'entreprise. Par conséquent, je suis convaincu que nous continuerons à nous battre jusqu'à la toute dernière seconde, de la toute dernière course dans laquelle nous serons engagés toute l'année 2026."

L'équipe doit présenter la semaine prochaine sa saison 2026, dans une ambiance qui sera celle d'une tournée d'adieux, alors que le prototype a reçu des évolutions techniques et a décroché sa première victoire à l'automne dernier, à Fuji.

Cette annonce s'inscrit dans une situation délicate pour Renault avec le site de Viry-Châtillon, qui risque la disparition pure et simple après avoir déjà perdu la conception des moteurs F1 pour l'écurie Alpine, désormais fournie à Enstone par le bloc client de Mercedes.

En région parisienne, ces décisions radicales ont suscité inquiétude et vives critiques, notamment sur le plan syndical, ainsi que de la part des élus locaux. Il y a quelques jours, le maire de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, s'est emporté en dénonçant les "mensonges et trahisons" de Renault, le constructeur au Losange s'orientant vers la fermeture d'une usine qui devait devenir "Hypertech". 

Sur ce dernier point, il est désormais question d'un site baptisé "Alpine Tech". Et Renault assure que l'usine "poursuivra sa transformation en mettant l'accent sur l'innovation au service de Renault Group et de la marque Alpine".

"Cette transformation s'appuie sur les compétences uniques des collaborateurs et sur un ensemble d'équipements haut de gamme et de haute technologie déjà en place. Depuis janvier, l'entreprise recherche des partenariats avec des sociétés externes susceptibles de tirer parti de ces atouts."

C'est la fin de plus d'une décennie de présence en endurance pour Alpine.

C'est la fin de plus d'une décennie de présence en endurance pour Alpine.

Photo de: Shameem Fahath / Motorsport Network

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