Genesis admet "de l'anxiété" au Mans : "On n'a pas fait de test de 24h"
Pour sa toute première participation à la classique mancelle, Genesis ne cache pas ses inquiétudes. Cyril Abiteboul reconnaît que plusieurs points d'interrogation subsistent autour de la fiabilité de la GMR-001, alors que l'équipe n'a pas encore conclu d'essai sur 24 heures.
Photo de : Marc Fleury
Nouvelle venue en WEC cette saison, Genesis Magma Racing va se confronter à l'un des plus grands défis de l'endurance : les 24 Heures du Mans. La classique mancelle représente déjà une montagne à gravir pour les constructeurs les plus expérimentés ; pour une structure aussi jeune que Genesis, l'obstacle s'annonce donc encore plus imposant.
Si le début de campagne de l'écurie est plutôt encourageant, avec notamment une première entrée dans les points grâce à la huitième place de la GMR-001 n°17 lors des 6 Heures de Spa, Genesis a également rencontré plusieurs soucis de jeunesse avec son Hypercar. Une situation somme toute logique pour un programme qui en est encore à ses débuts.
"On attaque l'Everest finalement très tôt", a plaisanté Cyril Abiteboul, le directeur de l'équipe, dans le paddock du Mans ce mardi. "Je préférais que Le Mans soit plutôt autour d'octobre-novembre, je me sentirais mieux, mais enfin bon, c'est comme ça."
"On a beaucoup de motifs de satisfaction sur ce début de programme, sur ce début de championnat. On a aussi encore du travail à effectuer et notamment sur la fiabilité, parce qu'on a vu quand même aussi qu'il y avait eu des incidents qui nous avaient immobilisés au stand pendant de longues minutes sur les deux premières courses.
"Donc effectivement, s'attaquer à 24 heures, c'est d'autant plus de stress. On n'a pas eu tant de temps que ça pour s'y préparer."
Genesis s'attaquera aux 24 heures du mans pour la première fois cette année.
Photo de: Marc Fleury
Abiteboul assure que les problèmes de fiabilité rencontrés à Imola et à Spa ont été clairement identifiés et que des pistes de résolution ont déjà été définies. L'équipe dispose toutefois de peu de moyens pour valider ces correctifs en usine, tandis que l'organisation d'essais en piste demeure complexe et particulièrement contraignante dans le contexte actuel du programme.
"Ces problèmes sont identifiés depuis un moment. Malheureusement, il y a des choses qui prennent plus de temps à corriger. Surtout qu'encore une fois, valider réellement les choses sur 24 heures, c'est très compliqué. C'est une évidence, ça prend beaucoup de temps", a déclaré le patron français.
"Aussi parce que, ça c'est une des faiblesses de notre programme, mais on n'a peu, en tout cas jusqu'à maintenant, eu de moyens de développement, de bancs d'essais, qui nous permettent de tourner en continu. Donc ça veut dire que notre moyen de validation, c'est essentiellement la piste."
"Et organiser des tests d'endurance, ce n'est pas des choses qu'on peut faire toutes les cinq minutes. Il y a beaucoup de limitations réglementaires. Et puis logistiquement, une fois que la saison a commencé - elle a commencé tard - mais une fois qu'elle commence, elle s'enchaîne quand même assez vite."
"Il y a des vraies zones d'anxiété sur la voiture. Elles ne sont pas très nombreuses, elles sont connues, elles sont bien identifiées. On sait s'il y a des problèmes, exactement quoi faire et être capable de réagir de façon à perdre le moins de temps possible."
La GMR-001 n'a toujours pas réalisé de test de 24 heures.
Photo de: Marc Fleury
Les 24 Heures du Mans constituent un cas unique au calendrier du championnat du monde d'endurance. Aucune des sept autres manches ne dépasse les dix heures de course, les 1812 km du Qatar étant la seule autre épreuve de longue durée avec un format de dix heures.
Cyril Abiteboul a ainsi reconnu que Genesis n'avait encore jamais fait rouler sa GMR-001 pendant 24 heures consécutives. Autrement dit, l'Hypercar habillée de sa livrée spéciale découvrira cette durée d'exploitation pour la première fois en conditions réelles lors de l'épreuve mancelle.
Le Français admet que cette absence de validation sur un cycle complet de 24 heures engendre inévitablement une certaine inquiétude quant à la fiabilité de certains composants, un élément plus que déterminant dans une course où l'endurance mécanique est aussi importante que la performance pure.
"On a effectivement pu faire un test d'endurance au Paul Ricard, entre Imola et ici", a-t-il confié. "[Mais] on n'a pas fait [de test] de 24 heures, on a perdu des heures. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a continué à faire rouler des pièces très fortement kilométrées ce dimanche [lors de la journée test]. On a continué d'accumuler de la distance, du kilométrage sur ces pièces pour voir où est-ce qu'elles en sont."
"On n'a pas découvert de nouveaux problèmes lors de ce test d'endurance, mais on a été confronté à des problèmes connus sur lesquels il y a des modifications qui ont été faites depuis. Mais encore une fois, on se heurte à la difficulté d'avoir des opportunités de validation de ces solutions. Donc, on ne sait pas encore si ce sont des solutions complètes à ce stade."
Apprendre avant de performer
Le directeur de Genesis souligne toutefois que cette première participation au Mans doit avant tout être considérée comme une étape dans cet apprentissage accéléré pour l'ensemble du programme.
Malgré les interrogations persistantes, l'objectif principal reste de vivre une première expérience solide dans la Sarthe et de poursuivre la montée en puissance du projet.
"Quand on tourne 24 heures, on apprend sur tous les aspects, sur la partie humaine, la partie matérielle, la voiture, le hardware, le software", a ajouté Abiteboul. "On va effectivement accumuler beaucoup de données. Encore dimanche [à la Journée Test], on a appris beaucoup de choses."
"En tout cas, pour l'instant, ce qu'on a envie déjà, c'est d'avoir une édition, notre première édition au Mans, qui soit la meilleure possible. Sur les sujets de fiabilité, les choses sont engagées, elles arriveront."
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