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Opinion

Hamilton et Ferrari, de la lune de miel à l'annus horribilis

Au sortir de ce qui est sa pire saison sur le plan sportif et sans doute la pire tout court de sa carrière en F1, Lewis Hamilton est désormais dos au mur avant d'aborder une révolution réglementaire que Ferrari ne doit pas manquer.

Lewis Hamilton, Ferrari

En fin d'année dernière, dans une opinion qui revenait sur la dernière saison de Lewis Hamilton chez Mercedes et se projetait sur ses débuts du côté de Ferrari, j'écrivais ceci "Savoir si l'alliance entre Ferrari et Hamilton va connaître le succès – quelle que soit la forme que cette réussite pourrait prendre – repose peut-être actuellement plus sur Hamilton que sur Ferrari. On se gardera bien de tirer des plans sur la comète, mais au vu de la fin de saison en trombe du côté de Maranello, force est de constater qu'à quelques jours du début de leur collaboration, c'est surtout sur la capacité du septuple champion du monde à être à la hauteur de ce défi que l'on s'interroge."

C'est une rhétorique toujours périlleuse, mais cela s'est avéré à la fois vrai et faux. Faisons d'abord dans l'auto-critique : il est clair – et ce n'est pas un point qu'il faut balayer d'un revers de main – que la Scuderia a payé son pari technique de l'hiver. Alors qu'elle avait terminé la saison 2024 en grande forme, au point de s'offrir une finale pour le titre constructeurs face à McLaren, l'écurie italienne a voulu retravailler son concept de suspension avant (en passant des poussoirs aux tirants), estimant que le design précédent était arrivé au bout de ce qu'il pouvait apporter.

D'une voiture régulièrement capable de jouer la victoire en fin de saison 2025, à peu près au niveau de la McLaren, Ferrari s'est retrouvée repoussée à nouveau en troisième ou – c'est sa position en fin de saison – quatrième force du plateau. Aucune victoire en course, une seule pole position et sept podiums, voilà un bilan bien maigre pour une structure qui rivalisait avec l'écurie référence du moment quelques mois auparavant...

Donc, avant de parler de Hamilton, il était indispensable de parler de Ferrari. Là où d'aucuns pouvaient penser qu'elle parviendrait au moins à être performante dès le début de saison, l'équipe a finalement encore une fois été décevante au point de faire le choix en toute conscience d'abandonner dès avril le travail sur la voiture 2025 et de se focaliser sur 2026. Qu'importe les justifications techniques – elles peuvent être parfaitement valables – derrière les choix faits à l'intersaison, il est certain que l'objectif ne pouvait pas être celui-ci.

Zéro victoire, zéro podium, zéro pole

Lewis Hamilton a connu la pire saison statistique de sa carrière en F1.

Lewis Hamilton a connu la pire saison statistique de sa carrière en F1.

Photo de: Bryn Lennon / Formula 1 via Getty Images

Maintenant, la triste réalité pour Hamilton c'est que sa contribution dans toutes les stats évoquées ci-dessus (la pole et les sept podiums en course) est égale à zéro. Alors oui, bien sûr, il y a eu un meilleur temps en qualifs sprint et une victoire en sprint lors du GP de Chine. Mais outre le fait qu'il est difficile de trouver la place pour classer cela sur les étagères d'un pilote qui possède le plus grand palmarès de la F1, on parle ici d'une excellente moitié de week-end lors de la deuxième manche de la saison. 

Les performances auront été en berne toute l'année, même s'il a pu faire illusion en première partie de saison, puisqu'il ne pointait qu'à 16 points de Leclerc (pourtant auteur de quatre podiums) au moment où s'achevait le GP de Grande-Bretagne, 12e manche du calendrier. Mais lors des 12 GP qui ont suivi, le résultat est sans appel : là où Leclerc se sera démené avec une voiture clairement rétive (et non développée, donc) en signant trois nouveaux podiums et en inscrivant 123 points, affichant une régularité quasi sans faille, Hamilton en aura rapporté 53. 

Depuis ce samedi particulier de Shanghai, de l'eau a coulé sous les ponts et Hamilton a lentement mais sûrement coulé, tout court. Passé la lune de miel et la comm' rodée de l'avant-saison, l'adaptation à sa nouvelle écurie était un premier obstacle assez difficile à franchir (pas forcément sans raison, d'ailleurs). Même aujourd'hui, il semble encore loin d'être totalement effacé et l'un des symboles de ces difficultés aura été, tout au long de la saison, le décalage clair entre Hamilton et son ingénieur Riccardo Adami. Sans juger à qui revient la faute dans tout cela, d'autant que chaque situation est différente, et sans aller jusqu'à dire que c'est irrémédiable, il manque encore une certaine fluidité dans les échanges entre les deux hommes – Abu Dhabi l'a montré.

Si cette excuse de l'adaptation tient encore chez certains, de moins en moins nombreux, elle ne pourra pas tenir éternellement et d'autant moins dans la F1 new look (et avec trois sessions d'essais hivernaux, un luxe à notre époque) que promet le règlement 2026. 

Marre à nello

Lewis Hamilton, Ferrari

Lewis Hamilton, Ferrari

Photo de: James Sutton / Formula 1 / Formula Motorsport Ltd via Getty Images

On finira par ce qui est, à mon sens, le parallèle le plus assassin entre la dernière saison chez Mercedes et la première chez Ferrari : l'attitude. Hamilton est un pilote qui fonctionne au moral, ce n'est pas nouveau. S'il a un temps tenu la posture philosophe de celui qui essaie de faire le dos rond avec sourire et humilité face aux problèmes de jeunesse de l'association avec Ferrari, les digues ont fini par lâcher de façon spectaculaire. On a alors retrouvé le Hamilton découragé, désabusé, presque déprimé, parfois mutique, parfois inquiétant, qui ne savait pas quoi faire pour que les choses aillent mieux, ne donnant pas la sensation d'être combatif et doutant parfois même ouvertement de ses propres capacités. 

Comme l'an passé (à un degré moindre puisque Hamilton avait tout de même signé deux victoires et cinq podiums), la réponse que nous n'aurons jamais, c'est de savoir à quel point le fait d'avoir rapidement eu conscience que 2025 serait une saison sans lutte pour le titre a joué un rôle. Mais, même en abordant le problème sous cet angle, il y avait quoi qu'il en soit un travail de fond important à mener pour parvenir à rentrer au mieux dans le moule de Ferrari après une douzaine d'années chez Mercedes. Et le concrétiser par de meilleures performances – Leclerc a prouvé que c'était possible – n'aurait fait de mal à personne. 

Sans doute Frédéric Vasseur tient-il une partie de la clé : à la fois en ayant souvent insisté sur le fait que Ferrari ne s'attendait pas forcément à ce que l'adaptation de Hamilton soit si compliquée (un signal qui peut tout aussi bien être rassurant qu'inquiétant) mais également en répétant, en fin de saison, qu'il n'avait pas mesuré l'impact psychologique d'une saison où le développement a été arrêté au bout d'une poignée de GP.

Lire aussi :

Reste que les quatre éliminations de suite en Q1/SQ1 qui ont conclu la saison ont fini de ranger cette année 2025 comme la pire dans les statistiques et sur la piste pour un Hamilton qui aura 41 ans le 7 janvier prochain. Je me refuserai à employer le cliché de la "saison de trop", qui en réalité en dit souvent bien plus sur celui qui en parle que sur le sportif qui la vivrait, mais l'enchaînement des campagnes 2024 et 2025 donne indéniablement une aura crépusculaire à la fin de carrière du septuple champion du monde. 

Sa chance de ne pas finir sur une autre saison de ce genre est peut-être tout bonnement de voir la F1 sortir d'un cycle réglementaire qui ne lui aura jamais véritablement convenu et de pouvoir repartir sur une base un peu plus saine, en tout cas moins guindée. Cela ne dit pas si Ferrari réussira le tournant technique de 2026, ni si le Britannique a encore ce qu'il faut en lui pour viser le titre. Mais il est certain que 2025 restera une "annus horribilis" – pour reprendre les fameux mots d'Élisabeth II quand elle évoquait, dans un discours quelques mois après le 40e anniversaire de son règne, l'année 1992 et les évènements négatifs qu'elle avait connus. 

Souvent vu comme un symbole d'année maudite, il y avait dans la prise de parole de la reine surtout la notion que des jours meilleurs viendraient, immanquablement. Hamilton, lui, n'a plus de couronne sur la tête depuis quelques temps maintenant et avait surtout hâte d'en finir et de jeter son téléphone (et sans doute sa saison) dans la poubelle pour passer un "hiver" loin de toutes ces préoccupations. En espérant le retour aux jours meilleurs ?

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