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L'hommage d'Ocon et Russell à un Français de l'ombre

George Russell et Esteban Ocon n'ont pas manqué de souligner l'importance dans leur parcours respectif de Gwen Lagrue, l'un des responsables du programme junior de Mercedes, auparavant passé chez Lotus.

Esteban Ocon, Force India, Gwen Lagrue

Son nom est rarement cité. Il faut dire que les responsables de programmes de jeunes pilotes sont assez peu nombreux à être connus du grand public, quand bien même les filières des écuries, et notamment des plus huppées, ont pris une importance considérable, d'aucuns diraient envahissante, ces dernières années.

Si Helmut Marko est la figure de proue de cette "profession", avec un rôle en réalité bien plus transversal, il faut dire que Red Bull est la marque qui a poussé le plus loin et le plus vite la logique de l'intégration d'une filière à son processus de recrutement en F1. Mais comme l'a démontré l'arrivée dans ses rangs à 30 ans passés d'un Sergio Pérez, qui a débuté sa carrière en tant que junior Ferrari, avant de passer chez McLaren puis chez Force India/Racing Point, ce n'est pas une science exacte.

Même un Max Verstappen a finalement été intégré sur le tard à cette filière, si bien qu'il est difficile d'en faire un pur produit, son recrutement ayant été quasiment concomitant à l'annonce de son arrivée en Formule 1. Il existe toutefois, dans les constructeurs de pointe actuels, des pilotes qui ont eu un parcours linéaire : c'est bien entendu le cas pour Charles Leclerc et George Russell, respectivement couvés par Ferrari et Mercedes avant de débarquer en F1 via une structure amie pour finalement être promus dans l'écurie d'usine.

Et c'est justement là que l'on retrouve notre protagoniste, Gwen Lagrue. Le Français occupe depuis 2016 le rôle de conseiller en développement des pilotes chez Mercedes, après avoir géré pendant plus de six ans le programme de jeunes pilotes de Lotus. Dans son cas, les fruits de son travail peuvent se voir de deux façons, en s'appuyant sur la grille actuelle.

D'un côté, il y a le parcours sans heurts d'un Russell. Intégré au programme Mercedes début 2016, sous l'impulsion de Lagrue, le Britannique a brillamment fait ses classes en remportant le GP3 en 2017 et la F2 en 2018, avant d'entrer en F1 via Williams, une écurie cliente du constructeur allemand, et d'y passer trois saisons pour finalement être intégré à Mercedes AMG début 2022.

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Interrogé sur l'importance qu'avait eu le Français dans son parcours, Russell de raconter : "Je n'aime jamais nommer des personnes et dire que c'est grâce à elles que je suis ici aujourd'hui, parce que la liste est extraordinairement longue. Mais c'est Gwen qui m'a téléphoné [en 2016] pour me dire, vous savez, quand il a rejoint Mercedes : 'Je suis passé chez Mercedes, et je veux que tu sois ma première recrue. Je sais que tu es actuellement en contact avec BMW pour le DTM. Mais est-ce que tu as déjà signé le contrat ? Et est-ce que tu es disposé à discuter ?' Même si j'avais déjà rencontré Toto [Wolff], c'est en quelque sorte Gwen qui a concrétisé cette idée dans la tête de Mercedes."

"C'est également lui qui m'a donné l'opportunité de piloter pour Tech 1 en 2014 lors de l'Eurocup à Jerez ; c'était une course unique, où j'ai fait la pole et gagné. C'est Gwen qui m'a appelé pour me dire qu'il y avait un baquet disponible sans frais, parce qu'un gars avait une urgence familiale pour laquelle il devait rentrer chez lui. 'Si tu veux ce baquet, il est à toi'. J'y suis allé et ç a été un grand moment dans ma carrière junior. Alors Gwen, il a été incroyablement influent pour moi, pour Esteban et pour beaucoup d'autres pilotes qui sont actuellement sur le même chemin."

George Russell et Gwen Lagrue (à droite) lors du GP du Canada 2019.

George Russell et Gwen Lagrue (à droite) lors du GP du Canada 2019.

De l'autre côté, il y a justement l'aventure plus cahoteuse, bien moins linéaire d'un Esteban Ocon. Intégré au programme Mercedes peu avant l'arrivée de Lagrue, il a tout de même bien connu le Français car il était justement dans le giron Lotus depuis 2013, et plus globalement dans celui de la structure de management Gravity, d'Éric Boullier, depuis ses années karting.

Vainqueur du GP3 en 2015, il a rejoint le DTM avec Mercedes en 2016, en parallèle d'un poste d'essayeur/réserviste chez Renault. L'opportunité de découvrir les grilles de Formule 1 est venue plus tard cette saison-là, quand Manor, alors motorisé par Mercedes et comptant déjà dans ses rangs un autre junior Mercedes en la personne de Pascal Wehrlein, s'est séparée de Rio Haryanto.

Après une demi-saison intéressante, il sera intégré à Force India, autre client Mercedes, pendant deux saisons avant de devoir plier bagages au moment de l'arrivée de Lawrence Stroll à la tête de la structure, puis d'être "victime" de son appartenance lorsque Renault choisira finalement de ne pas le recruter. Cela l'obligera à occuper un poste de réserviste/essayeur chez Mercedes durant la saison 2019. Finalement, c'est au prix de la rupture des liens avec la marque à l'étoile qu'il rejoindra Renault en 2020, avant d'offrir à Alpine son tout premier succès en F1.

Interrogé là aussi sur l'importance qu'a eu Lagrue, sorte de "héros de l'ombre" de sa carrière, Ocon a répondu : "Exactement. C'est un héros de l'ombre. Non seulement dans ma carrière en Formule 1, mais Gwen et Éric Boullier ont été les deux premières personnes à me soutenir dès mes années en karting, et c'était en 2010... C'est à ce moment-là que j'ai rejoint Gravity, l'académie de l'époque qui a soutenu ma carrière jusqu'à la fin 2014."

Ce n'est pas seulement quelqu'un qui a décroché des contrats et arrangé des choses, il s'agit plus globalement de ma façon d'être, de qui je suis aujourd'hui en Formule 1.

Esteban Ocon

"Puis je suis passé chez Mercedes, et Gwen aussi est passé chez Mercedes en 2015, et nous avons continué le travail ensemble. Et oui, Gwen fait partie des personnes sans qui, si je ne l'avais pas rencontré, je ne serais pas là aujourd'hui. Donc, oui, assurément, c'est quelqu'un qui est très important dans ma vie et dans ma carrière."

Une importance qui va au-delà d'un simple parcours mais qui ressurgit sur la façon d'être d'Ocon, et qui s'est matérialisée dès le GP3 : "Honnêtement, les discussions avec Gwen ont été très directes, et quand tout allait bien, tout allait bien. Mais quand je ne faisais pas ce qu'il fallait, si ça n'allait pas comme il le fallait, il était le premier à me le dire, et nous avons changé beaucoup de choses dans mon équipe, très proche de moi, et des choses sur la façon de progresser en tant que pilote."

"Et vous savez, ce n'est pas seulement quelqu'un qui a décroché des contrats et arrangé des choses, il s'agit plus globalement de ma façon d'être, de qui je suis aujourd'hui en Formule 1. Et c'est ce qui m'a permis de devenir la personne que je suis aujourd'hui ; c'est aussi grâce à lui."

Le travail de Gwen Lagrue se poursuit chez Mercedes, mais avec un changement de taille puisqu'après le départ de James Vowles, dont l'un des rôles était de participer à la gestion du programme junior de l'écurie, c'est Jérôme d'Ambrosio qui a été recruté pour travailler "en collaboration très étroite avec Gwen" selon les mots de Toto Wolff.

Avec Adam Cooper et Oleg Karpov

Alain Prost en discussion avec Gwen Lagrue.

Alain Prost en discussion avec Gwen Lagrue.

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