L'agressivité de Liam Lawson est-elle un atout ou un frein ?
Liam Lawson (Racing Bulls), s'est forgé une réputation d'agressivité en F1. Est-ce un atout ou un frein à sa progression en F1 ?
Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images via Getty Images
Le dernier Grand Prix d'Espagne a montré que Liam Lawson ne se départissait pas de son le style de pilotage plutôt agressif. Mais cette caractéristique porte-t-elle ses fruits pour le pilote Racing Bulls ?
On peut dire que le jeune Néo-Zélandais s'est forgé une réputation de pilote coriace au cours de ses 20 premières courses en F1. Lors des six derniers Grands Prix de la saison dernière - lorsqu'il a remplacé Daniel Ricciardo chez VCARB après Singapour -, Lawson s'est immédiatement attiré les foudres de Fernando Alonso à Austin et, la semaine suivante, celles de Sergio Perez, son rival de l'époque au sein de l'écurie Red Bull.
Le style agressif de Lawson s'est encore manifesté cette saison lorsqu'il est retourné chez Racing Bulls après son éphémère passage chez Red Bull. Il a reçu deux pénalités de temps à Bahreïn pour des contacts avec Lance Stroll et Nico Hülkenberg, puis il a perdu une place dans les points lors du sprint du GP de Miami après une collision avec Alonso (encore). Cela lui a valu une nouvelle pénalité de temps, portant son total de points de pénalité à six. Il a également été pénalisé à Djeddah pour avoir quitté la piste alors qu'il doublait Jack Doohan.
Un processus de remise en confiance
S'adressant à Motorsport.com après Miami, le patron de l'équipe Racing Bulls, Laurent Mekies, a admis que le niveau d'agressivité de Lawson devait être sensiblement maîtrisé car l'équipe "en payait un peu le prix". Néanmoins, le dirigeant français estime que cela faisait également partie d'un processus de remise en confiance après deux premiers Grands Prix désastreux avec Red Bull pour le natif de Hastings.
"Nous sortons d'une période où une attitude agressive en piste a eu plus d'inconvénients que d'avantages lors des dernières courses", a reconnu Mekies, interrogé sur le sujet. "Lorsqu'il est revenu chez nous, nous étions en fait assez heureux de le voir tracer sa route au milieu du peloton en jouant des coudes. D'accord pour la pénalité, mais il essayait de se remettre sur pied et de retrouver un esprit combatif. C'est donc une bonne chose que nous soyons revenus avec cette approche pour tourner la page."
"Je pense que nous en payons maintenant un peu le prix, comme à Miami, lors d'une brillante course sprint qui l'a mené de la 14e à la septième place. La pénalité pour le contact avec Alonso a fait mal. Nous étions très heureux de l'avoir dans cet état d'esprit, et maintenant nous devons probablement le freiner un peu."
Le dernier Grand Prix d'Espagne n'a pas nécessairement montré que l'agressivité de Lawson avait été atténuée. Il s'est de nouveau retrouvé au cœur de la bataille en touchant Alonso au départ et en accrochant le pilote Haas Oliver Bearman au 31e tour, deux incidents pour lesquels il n'a toutefois pas été sanctionné.
L'accrochage entre Liam Lawson (Racing Bulls) et Alex Albon (Williams) à Barcelone.
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Lawson a également été le protagoniste d'un double accrochage au virage 1 avec Alex Albon, s'étant d'abord porté vers l'intérieur pour forcer celui-ci à sortir avant de réussir à le dépasser par l'extérieur avec un mouvement propre. Mais Albon a sous-viré sur lui, les deux voitures se sont touchées, et la Williams a subi des dommages.
Le Néo-Zélandais n'a pas été particulièrement apprécié par ses collègues au cours de ses 20 premières Grands Prix, mais il a déclaré à plusieurs reprises que son style de pilotage en course ne changerait pas, car son esprit combatif est aussi ce qui l'a aidé à arriver là où il est, et à se faire repérer par Red Bull.
"Mon approche de la course et la manière dont j'aborde les courses de Formule 1 ne changeront pas, je serai toujours comme ça", a déclaré Lawson à Motorsport.com. "Mais en même temps, il y a des choses à ajuster. Si je fais des erreurs, j'en tirerai toujours des leçons."
Des week-ends plus fluides à venir ?
Les circonstances, dont certaines sont de son fait, obligent le jeune homme de 23 ans à prendre des risques. Alors qu'il monte en puissance chez Racing Bulls aux côtés de l'impressionnant Isack Hadjar, Lawson a connu plusieurs qualifications difficiles. Ses performances n'ont pas été facilitées non plus par deux problèmes techniques lors des essais qualificatifs à Bahreïn et à Miami.
Avec un milieu de peloton aux performances particulièrement serrées, il s'est ainsi retrouvé avec beaucoup de travail à faire le dimanche pour remonter dans la zone des points. Il a parfois fait preuve de maladresse, mais avec une voiture qui n'est généralement pas la plus rapide dans les lignes droites, Lawson a eu tendance à porter des attaques de loin, des manœuvres encouragées par les directives de course actuelles qui mettent l'accent sur le fait d'être en avant au point de corde.
Le duel entre Lawson à Albon a montré que cela peut aussi porter ses fruits, même si une neutralisation de dernière minute l'a empêché de contrer le retour d'Alonso et de marquer son deuxième point consécutif. Son pilotage courageux n'en a pas moins été salué par l'équipe.
Liam Lawson (Racing Bulls)
Photo de: Steven Tee / LAT Images via Getty Images
"Au final, j'aime les pilotes de course", a déclaré Peter Bayer, PDG de Racing Bulls, à Motorsport.com après l'épreuve de Barcelone. "S'il y a une ouverture, ils doivent y plonger. Mais je pense que les deux pilotes sont restés très propres et justes, je suis donc satisfait."
Mais les dernières courses indiquent surtout que, après avoir débarqué chez Racing Bulls en cours de saison sans essai préalable, et après avoir dû faire face à une période difficile avec Red Bull, Lawson commence, avec son équipe, à mettre des stratégie en place pour connaître des week-ends plus fluides, et tenter de revenir au niveau d'un Hadjar de haut vol. Cela sera crucial pour Racing Bulls si l'équipe veut rester dans une lutte toujours très serrée avec Williams, Haas et Alpine, ainsi qu'avec les voitures récemment améliorées d'Aston Martin et Sauber.
"Ce sera très difficile jusqu'à la fin", a déclaré Bayer à Barcelone. "Vous avez vu Sauber marquer dix points d'un coup. Nous avons deux points d'avance sur Haas. La lutte sera rude, mais nous sommes de retour dans le peloton de tête. Nous avons maintenant beaucoup de pistes à venir qu'Isack ne connaît pas. Mais pour l'instant, cela n'a pas l'air de l'inquiéter outre mesure ! Ce sera une bonne année."
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