Quand Pérez s'est dit : "Je ne peux pas être si mauvais, il y a un truc"
Sergio Pérez revient sur la saison compliquée qu'il a vécue en 2023, les raisons pour lesquelles il n'a pas renoncé et la manière dont il a surmonté ses difficultés.
Sur le papier, Sergio Pérez a véritablement vécu une saison 2023 à oublier. Celle-ci avait pourtant bien commencé avec deux victoires lors des quatre premiers Grands Prix, après lesquels il n'avait que six points de retard sur Max Verstappen au classement général. Sept mois plus tard, le bilan comptable est catastrophique : le pilote Red Bull n'a plus gagné et n'a signé que six autres podiums en 18 rendez-vous. Il a même subi l'ignominie de six éliminations en Q2 et deux en Q1, aperçu une seule fois en première ligne d'un Grand Prix après sa pole position de Miami. En parallèle, son coéquipier battait de nombreux records, avec un total de 19 victoires dans l'année.
C'est après un Grand Prix du Qatar catastrophique, où il a été accidenté lors du sprint et s'est classé dixième de la course principale (à 80 secondes de Verstappen) que Pérez a décidé de reprendre les choses en main, lui qui n'avait marqué que cinq points sur les trois dernières manches et était au fond du trou – ou plutôt, selon l'image qu'il adopte, dans la fosse des Mariannes. Estimant qu'il ne devrait pas être si lent, le Mexicain a ainsi passé trois jours sur le simulateur à Milton Keynes afin de reprendre les bases de ses réglages – ce qui a, selon lui, "transformé" sa saison. Il y a effectivement eu un léger mieux par la suite.
Cependant, quand Motorsport.com lui demande pourquoi il a attendu si tard pour agir, Pérez explique : "Parce que le Qatar était vraiment le pire week-end dont je me souvienne depuis longtemps, probablement mon pire week-end en F1. C'était un si mauvais week-end que je me suis vraiment dit : 'Je ne peux pas être si mauvais, il y a un truc'. Quand il y a ces courses sur des week-ends consécutifs, il n'y a parfois pas le temps de tout analyser. Alors on a vraiment dû prendre un peu de temps pour s'assurer de comprendre dans quel sens on allait."
"Manifestement, on avait un déficit au niveau des réglages de la voiture, que l'on contournait week-end après week-end sans parvenir à progresser dans ce domaine. Mais une fois qu'on a maîtrisé ça, on a compris beaucoup de choses que l'on essayait de compenser. En somme, on ne faisait pas les choses correctement."
"Je pense que ça a été vraiment, vraiment bien de notre côté. C'est dommage que ce soit arrivé, mais d'une certaine manière, c'était vraiment bien car ça a beaucoup renforcé notre équipe."
Je ne suis pas du genre à renoncer à ce stade de ma carrière, à accepter de finir ma carrière ainsi.
Compte tenu de ces grandes difficultés, Pérez a-t-il à certains moments envisagé de jeter l'éponge ? "Non", répond-il. "Bien sûr, ça aurait été la décision la plus facile, car c'était très dur par moments. Mais je ne suis pas du genre à renoncer à ce stade de ma carrière, à accepter de finir ma carrière ainsi. Ce n'est pas quelque chose que j'ai envisagé à quelque moment que ce soit. Je suis conscient de la responsabilité que j'ai et je ne suis pas du genre à rejeter la faute sur mon entourage quant à ces résultats. En fin de compte, j'en ai endossé la responsabilité et j'ai vraiment dû renverser la situation."
La multiplication des contre-performances de Pérez a entraîné un certain nombre de rumeurs quant à son avenir, la plus vivace étant celle d'un remplacement par Daniel Ricciardo dans un avenir plus ou moins proche, potentiellement avant même le terme de son contrat fin 2024.
"À vrai dire, je n'y pensais pas vraiment en tant que pilote", assure l'intéressé. "Je me concentrais davantage sur le fait de m'assurer de prendre du plaisir à chaque week-end. Certains week-ends ont été si difficiles pour moi que je ne m'amusais pas. Je suis là parce que j'aime encore ce que je fais, et je suis là car je m'amuse encore beaucoup. C'était ma priorité : il fallait vraiment renverser les choses."
"J'ai connu des moments vraiment difficiles en quelques mois, disons-le ainsi. Je suis passé de la bataille pour le titre à me retrouver dans la galère, n'ayant pas la confiance avec cette voiture. Mais en fin de compte, j'ai conscience de la force mentale nécessaire si l'on veut être chez Red Bull. Et c'est un domaine où je suis devenu plus fort. On apprend tellement des mauvais jours, bien plus que des bons !"
Pérez va désormais devoir redresser la barre en 2024, lui qui a malgré tout obtenu le titre honorifique de vice-champion pour la première fois. "Je dis toujours que les gens ne se rappellent que de la position à l'arrivée à Abu Dhabi, mais je suis conscient de l'année que j'ai connue. Je pense avoir beaucoup appris et je suis content de la manière dont on a repris notre saison en main. On en est vraiment ressortis plus forts qu'avant et on a fait bon usage de ces mauvais jours", conclut-il.
Propos recueillis par Filip Cleeren
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