Pourquoi Derek Warwick a été suspendu par la FIA au GP du Canada
Derek Warwick a été suspendu de ses fonctions de commissaire de course FIA pour le Grand Prix du Canada à la suite d'une interview et de commentaires formulés après le Grand Prix d'Espagne.
Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images
La FIA a suspendu Derek Warwick de ses fonctions de commissaire à la veille du Grand Prix de Formule 1 du Canada, en raison d'une interview accordée après la pénalité infligée à Max Verstappen en Espagne. L'ancien pilote de F1, qui a pris le départ de 146 Grands Prix pour des écuries telles que Brabham, Arrows et Lotus, a été relevé de ses fonctions de commissaire à Montréal vendredi, avec effet immédiat.
"Suite à des commentaires non autorisés récemment publiés dans les médias, la FIA a pris la décision de suspendre Derek Warwick de ses fonctions de commissaire pour le Grand Prix du Canada qui se déroulera ce week-end. Il sera remplacé par Enrique Bernoldi, qui officiera depuis le centre des opérations à distance à Genève pour le reste de l'épreuve", a indiqué l'instance dirigeante.
La raison de cette suspension est une interview accordée par Warwick après le Grand Prix d'Espagne, dans laquelle il a commenté l'accrochage entre Verstappen et George Russell, qui a valu au pilote Red Bull une sanction de dix secondes et trois points de pénalité, le plaçant ainsi au bord d'une suspension. Warwick a émis des remarques sur cette décision, à laquelle il n'a pas participé, le panel des commissaires de la FIA étant composé à Barcelone de David Domingo, Vitantonio Liuzzi, Matthew Selley et Nish Shetty.
"Devait-il faire ce qu'il a fait avec George Russell dans le virage 5 ? Absolument pas. A-t-il été sanctionné pour cela ? Oui", a déclaré Warwick. "Certains diront que Sebastian Vettel a reçu un stop-and-go de dix secondes à Bakou [en 2017] lorsqu'il a délibérément percuté Lewis Hamilton. Mais si vous regardez la vidéo de Max, il me semble qu'il a plongé [à l'intérieur], puis s'est écarté de George, mais que l'élan l'a poussé vers lui."
Max Verstappen, Red Bull Racing, George Russell, Mercedes
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images via Getty Images
Warwick de poursuivre : "Je ne cautionne pas son geste, je ne dis pas qu'il a bien fait. C'était tout à fait inacceptable. La FIA lui a infligé une sanction justifiée. Aurait-elle dû être plus sévère ? Je pense qu'ils ont pris la bonne décision. Beaucoup diront qu'il aurait dû être suspendu pour dissuader les jeunes pilotes de karting, et ils ont probablement raison."
Cette interview soulève deux problèmes majeurs qui expliquent pourquoi la FIA a décidé de suspendre Warwick. Premièrement, Warwick, en tant que commissaire, a commenté publiquement la décision d'autres commissaires, ce qui est problématique et n'est pas dans l'intérêt de la FIA.
Deuxièmement, l'interview n'a pas été publiée par un média traditionnel, mais par une agence de relations publiques, qui contacte ensuite les médias pour leur proposer des citations de Warwick, à condition que la source, en l'occurrence Plejmo - un site web de jeux d'argent -, soit mentionnée en échange de l'utilisation des citations.
Derrière cela se cache un modèle commercial bien pensé : au lieu de dépenser des sommes importantes en publicité dans les médias, les casinos et les plateformes de paris engagent des agences de relations publiques pour mener des interviews avec des personnalités connues de la F1. Ces agences diffusent ensuite les interviews et demandent que, si le contenu est publié, le média cite une source où l'interview de Warwick n'est en fait pas disponible.
Derek Warwick, commissaire
Photo de: Patrick Vinet / Motorsport Images
Les médias - dont Motorsport.com récemment pour une interview de Johnny Herbert sur l'incident de Barcelone - sont également souvent invités à insérer des liens hypertextes vers des sites externes, où réside la véritable valeur ajoutée de l'opération, car ces liens provenant de sites d'information reconnus envoient des signaux précieux à Google, ce qui augmente le trafic et la visibilité des plateformes de jeux d'argent.
Les personnes interviewées sont généralement rémunérées pour leur participation à ce modèle. Selon les informations obtenues par Motorsport-Total.com, publication soeur de Motorsport.com en Allemagne, ces contrats peuvent rapporter jusqu'à 30 000 euros par an aux personnes interviewées.
Warwick n'est pas le premier commissaire à être impliqué dans une telle situation. Au début de l'année, la FIA a mis fin à sa collaboration avec Johnny Herbert après que celui-ci ait participé à plusieurs reprises à des interviews similaires, même si Herbert a affirmé par la suite avoir obtenu l'autorisation préalable.
Selon le communiqué de la FIA, Warwick a depuis reconnu que "ses commentaires étaient inappropriés dans le cadre de ses fonctions de commissaire de la FIA" et a présenté ses excuses. Il reprendra ses fonctions lors du prochain Grand Prix d'Autriche.
Warwick est l'un des commissaires sportifs les plus expérimentés de la FIA, occupant ce poste depuis 15 ans. Sa première course de la saison 2025 était à Miami, avant le Canada ; il doit également être commissaire en Autriche, en Hongrie, en Italie, à Singapour, au Qatar et à Abu Dhabi. Vendredi soir à Montréal, ce calendrier restait inchangé et la suspension ne s'appliquait qu'à l'épreuve canadienne.
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