Pourquoi James Allison reprend Mercedes en main
James Allison est de retour aux manettes dans le département technique de Mercedes AMG F1. Le Britannique explique les raisons de cette réorganisation.
Après l'avoir initialement démenti, Mercedes l'a confirmé il y a quelques jours : James Allison a repris son rôle de directeur technique de l'écurie, deux ans après l'avoir cédé à Mike Elliott, ce dernier précédemment directeur de l'aérodynamique puis directeur de la technologie.
Allison avait été nommé Chief Technical Officer, avec un rôle beaucoup plus global impliquant notamment le projet d'INEOS à la Coupe de l'America ; cependant, face aux difficultés rencontrées par Mercedes depuis la saison dernière, celui qui a contribué à 26 titres mondiaux (13 chez les pilotes, autant chez les constructeurs) avec Benetton, Ferrari, Renault et la marque à l'étoile vient d'échanger son poste avec celui d'Elliott.
"Nous avons analysé notre situation ici à Brackley, et Mike et moi avons conclu que nous pouvions couvrir les sujets relativement bien à nous deux", explique Allison dans le podcast F1 Nation. "Mais peut-être que la lutte pour le titre à court terme avec une monoplace me convenait mieux, et qu'il était un bien meilleur joueur d'échecs que moi – et serait ainsi plus adapté au travail que je faisais précédemment en tant que CTO. Nous avons donc ajusté l'organisation et en avons trouvé une qui nous paraît meilleure."
Cette réorganisation était évidemment dans les tuyaux depuis un certain temps, et les performances récentes ne l'ont donc pas influencée. "Je ne crois pas que cette décision dépende particulièrement de la réussite de la monoplace lors d'un week-end de course en particulier", indique Allison. "Elle est fondée sur une analyse posée de ce pour quoi chacun de nous est fait. Et nous pensons que cette écurie sera encore plus puissante grâce à cet échange de rôles."
"Espérons que Melbourne ne soit que le premier pas d'une remontée globale, laquelle nous permettra d'être plus compétitif à chaque week-end. Mais Mike et moi sommes convaincus qu'avec les tâches que nous allons mener, nous allons jouer le meilleur rôle possible dans cette remontée lors des moments qui nous attendent."
James Allison
Désormais, l'Anglais doit reprendre ses marques au quotidien à Brackley. "J'étais bien moins impliqué [en tant que CTO] que je ne l'avais été en tant que directeur technique. Je manœuvrais davantage autour de [la nouvelle réglementation de] 2026 que dans l'instant présent avec la voiture actuelle. Se mettre au diapason de tout ce qu'il y a à savoir requiert beaucoup d'efforts – pas simplement la réglementation, mais toute l'envergure de l'usine, de l'écurie et toutes les choses qui jouent actuellement un rôle dans la bataille pour le titre. Mais c'est enthousiasmant, fun et intéressant, et c'est un plaisir de se plonger à nouveau là-dedans jusqu'au cou !"
Allison revient par ailleurs sur les raisons personnelles qui l'ont poussé à prendre du recul il y a deux ans, révélant qu'il venait alors de nouer une nouvelle relation sentimentale.
"Cela remonte à l'immense ombre tragique qu'est la mort de ma femme", explique-t-il. "J'ai eu la chance, quelques années plus tard, de rencontrer quelqu'un d'autre, qui vivait et travaillait en France à l'époque. Elle avait toute sa vie en France depuis une vingtaine d'années. Elle a gentiment – certains diraient sottement – accepté de venir pour unir sa destinée à la mienne afin que nous puissions vivre ensemble ; elle a renoncé à énormément de choses. Cela paraissait un peu injuste, de mon point de vue, de la mettre de côté en disant : 'Merci d'être venue en Angleterre, je te verrai cinq minutes par semaine !'."
"Prendre du recul vis-à-vis du rôle de directeur technique, où l'on est en première ligne, a laissé l'espace nécessaire pour que notre relation s'épanouisse d'une manière qui aurait été difficile autrement. Mais cela fait plus de deux ans que Chloe a déménagé, et elle a des racines dans ce pays, elle fait son truc à elle qui ne dépend pas de moi. Alors [cette organisation] est bien plus crédible, bien plus possible qu'elle ne l'aurait été il y a deux ans et quelque."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires