Sainz en colère contre la F1 et les écuries après l'accident de Bearman
Directeur du GPDA, Carlos Sainz n'a pas caché sa colère face à l'accident d'Oliver Bearman, une situation qui allait finir par se produire, et exhorte la FIA à agir pour la sécurité.
L'accident d'Oliver Bearman lors du Grand Prix du Japon, alors que le pilote Haas fondait sur l'Alpine de Franco Colapinto avant Spoon, a suscité la vive réaction de Carlos Sainz, directeur de l'Association des pilotes de Grands Prix (GPDA) sur le sujet de la sécurité, estimant que ce n'était "qu'une question de temps" avant qu'un crash pareil se produise.
Figurant parmi les nombreuses critiques émises par les pilotes sur la réglementation 2026, la crainte de voir se produire des accidents dus à de grands écarts de vitesse entre les monoplaces, en raison notamment de la différence de gestion d'énergie, s'est pour beaucoup manifestée de façon nette ce dimanche à Suzuka.
Si Oliver Bearman s'est tiré sans trop de mal du choc à 50 g, consécutif à une sortie de piste survenue alors qu'il était à 308 km/h, Carlos Sainz estime que cette situation n'est pas une surprise et il espère que les instances et les écuries vont se servir de la pause d'avril - causée par la Guerre d'Iran - pour agir réglementairement.
"Je pense que cette pause de cinq semaines est très bénéfique pour la Formule 1, compte tenu de l'accident dont nous avons été témoins aujourd'hui avec Bearman", a déclaré Sainz à DAZN.
"Nous, les pilotes, avions déjà prévenu la FIA et la FOM que ce genre d'accident n'était qu'une question de temps. Nous roulons 30, 40 ou 50 km/h [plus vite] en utilisant le boost, et un tel accident était inéluctable."
"Je crois que [le choc a été mesuré] à 50 g, à Suzuka, malgré la zone de dégagement. Imaginez maintenant quand nous irons à Las Vegas, à Bakou, et que le même problème qu'Ollie a rencontré – avec Franco qui l'a pris au dépourvu – se reproduise sur un autre circuit à des vitesses plus élevées, comme ce sera le cas à Vegas ou à Bakou, et sans zone de dégagement."
"J'espère donc vraiment que la Formule 1 va reconsidérer la situation et que les écuries ne se montreront pas trop sur la défensive, car il est clair que ce règlement comporte des failles et des problèmes qui doivent être résolus avant que nous allions à Miami et avant que nous allions sur d'autres types de circuits."
J'espère que ça servira d'exemple et que les équipes écouteront les pilotes plutôt que les gens qui disent que les courses sont OK, car ce n'est pas le cas.
"Je ne suis pas vraiment content de ce que nous avons vu jusqu'à présent, et j'espère que nous trouverons une meilleure solution qui évite ces vitesses d'approche extrêmement élevées, ainsi qu'une façon plus sûre de courir", a-t-il ajouté auprès de Sky Sports.
"Ici, nous avons eu de la chance qu'il y ait un dégagement ; imaginez maintenant à Bakou, à Singapour ou à Las Vegas et que vous soyez confrontés à ce genre de vitesses d'approche et d'accidents avec des murs juste à côté."
"Côté GPDA, nous avons averti la FIA que ces accidents allaient se multiplier avec ce règlement et que nous devons changer quelque chose rapidement si nous voulons les éviter. [...] J'espère que ça servira d'exemple et que les équipes écouteront les pilotes plutôt que les gens qui disent que les courses sont OK, car ce n'est pas le cas."
"Aucune discipline au monde" n'a de tels écarts de vitesse
Gabriel Bortoleto devant Carlos Sainz lors du GP du Japon.
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
Devant la presse, dont Motorsport.com, il a enfoncé le clou : "C'est le problème quand on n'écoute que les équipes : elles pensent que les courses sont bonnes parce qu'elles prennent peut-être du plaisir à les regarder à la télévision, mais du point de vue d'un pilote, quand on est en pleine course et qu'on se rend compte qu'il peut y avoir un écart de vitesse de 50 km/h, ce n'est pas vraiment de la course."
"Je pense qu'il n'existe aucune discipline au monde où l'on observe ce genre d'écarts de vitesse à l'approche d'un virage, car c'est là que de graves accidents peuvent se produire : vous êtes pris par surprise, vous défendez votre position trop tard, et la voiture vous percute."
"Quoi qu'il en soit, j'espère vraiment qu'ils nous écouteront et qu'ils tiendront compte de nos commentaires plutôt que de n'écouter que les équipes, et qu'ils élaboreront un plan pour Miami qui améliore la situation, ainsi qu'un plan pour l'avenir à moyen terme de ce règlement afin de continuer à l'améliorer."
"Même s'il n'est pas possible de tout améliorer pour Miami, il faudrait y faire un autre pas dans la bonne direction, puis un grand pas en avant [après], que ce soit l'année prochaine ou plus tard dans la saison."
Sainz fustige la qualité des courses
Carlos Sainz n'apprécie pas les dépassements de la F1 version 2026.
Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images
Pour Sainz, la problématique est transversale et ne concerne pas que la sécurité, mais également la qualité des courses. Interrogé sur les solutions qu'il aimerait voir implémenter, il a ajouté pour ESPN : "Je ne sais pas, je ne suis pas un expert en moteurs, mais nous devons trouver une solution, nous devons faire tout ce qu'il faut."
"Ça ne me dérange pas d'être une demi-seconde ou une seconde plus lents par tour, de devoir réduire un peu la puissance pour que le moteur électrique dure plus longtemps et qu'il y ait moins de super clipping, moins de lift and coast, moins de dépendance au boost."
Ce ne sont pas des dépassements de Formule 1 ; ça ressemble davantage à une autoroute où l'on appuie sur le boost et où l'on double si on le souhaite
"Au final, je suis convaincu que ce sera plus sûr, et plus amusant aussi, car nous ne serons pas aussi dépendants de l'énergie. Mais ça m'est égal ; il faut trouver la solution le plus tôt possible."
"J'ai été surpris d'entendre [les instances] dire : 'Non, nous ne sommes pas satisfaits des qualifications mais satisfaits de la course, du type de course auquel nous assistons'. Mais les dépassements que vous voyez ne sont pas des dépassements ; il s'agit simplement de se déplacer d'ici à là et de ainsi de suite."
"Ce ne sont pas des dépassements de Formule 1 ; ça ressemble davantage à une autoroute où l'on appuie sur le boost et où l'on double si on le souhaite. Je pense donc que notre discipline doit s'améliorer, et je suis convaincu que s'ils écoutent les pilotes, ils apporteront des changements."
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