Pourquoi la F2 juge "impossible" un passage à l'hybride
Bruno Michel, le directeur général de la Formule 2, estime qu'il serait "impossible" d'imaginer le championnat se convertir à une motorisation hybride dans le futur.
Photo de : Getty Images
Antichambre de la F1, la Formule 2 connaîtra à l'intersaison l'un de ses épilogues les plus notables de son histoire, puisque trois pilotes – et peut-être quatre - ayant disputé le championnat 2024 de F2 seront promus dans la discipline reine la saison prochaine.
Aux côtés du champion en titre Gabriel Bortoleto, officialisé par Stake Sauber en 2025, Kimi Antonelli (Mercedes) et Oliver Bearman (Haas) effectueront également leurs grands débuts en tant que titulaire la saison prochaine, le dernier cité ayant déjà eu il est vrai l'expérience de la F1 cette année avec des piges de dernière minute – une pour Ferrari, et deux avec Haas.
Quant à Isack Hadjar, vice-champion en titre, il est fortement pressenti pour intégrer l'équipe VCARB dans le cadre du grand ménage chez Red Bull, qui pourrait voir l'éviction de Sergio Pérez de l'écurie mère. On citera également Jack Doohan, troisième de la F2 en 2023, et réserviste pour Alpine en 2024, qui a effectué ses débuts avec l'équipe d'Enstone lors du dernier Grand Prix à Abu Dhabi, avant d'être lui aussi titularisé l'an prochain.
Alors que la F2 a pour vocation de préparer au mieux les pilotes en vue d'une éventuelle accession à l'échelon ultime, le championnat s'est toujours efforcé d'évoluer technologiquement afin de coller au mieux au challenge technique susceptible de se présenter aux pilotes de Formule 1 de demain.
La F2 ne devrait pas suivre la voie de l'hybride dans les années à venir.
Photo de: Getty Images
Mais, si la Formule 1 a ouvert la voie à la technologie hybride, également apparue dans d'autres disciplines majeures comme l'IndyCar, il est peu probable que la Formule 2 adopte cette motorisation dans les années à venir, comme l'explique Bruno Michel, le directeur général du championnat.
"Ce que la Formule 1 a en termes d'hybridation n'est pas quelque chose que nous pourrions nous permettre, c'est très simple", résume ce dernier. "C'est impossible, sinon nous multiplierions le coût d'une saison par trois. Nous avons regardé ce que fait l'IndyCar et nous avons eu quelques discussions avec eux pour voir si c'était adaptable pour nous et, pour être tout à fait honnête, j'ai pensé que le coût par rapport aux avantages que cela apporterait était presque nul."
"Nous avons pris la décision d'adopter une approche plus durable en ce qui concerne le carburant et nous sommes très avancés dans ce domaine pour toutes les autres catégories."
La Formule 2 utilise actuellement 55% de carburant durable fourni par Aramco, mais l'année prochaine, le championnat portera cette proportion à 100%, avant que la F1 n'opère le même changement en 2026. Un cap qui nécessitera des ajustements sur les groupes motopropulseurs des monoplaces de F2 en vue de la prochaine campagne, mais qui impliquera des investissements bien moindre qu'un hypothétique passage à la technologie hybride.
"L'année prochaine, nous utiliserons 100 % de carburant durable, toujours du biocarburant", continue Bruno Michel. "Nous serons les premiers à utiliser du carburant synthétique très, très peu de temps après, et c'est l'approche que nous adoptons."
"Bien sûr, nous améliorons et travaillons constamment sur le moteur. Nous aurons un moteur l'année prochaine en F2 qui sera un peu différent de celui que nous avons cette année, et nous faisons aussi des développements pour nous adapter au carburant Aramco, parce que nous allons passer à un carburant 100% durable l'année prochaine."
"Passer à l'hybride représenterait pour nous un changement technologique tellement important que je pense que nous ne pourrions pas nous le permettre, ou alors ce ne serait pas la F2 au même coût que celui que nous avons aujourd'hui", conclut Bruno Michel.
Avec Sam Hall
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