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MotoGP GP de Catalogne

Bagnaia : Espargaró était "trop rapide pour moi aujourd'hui"

Pecco Bagnaia a été un adversaire coriace pour les pilotes officiels Aprilia pendant la course sprint de Barcelone, mais s'il a résisté à Maverick Viñales, il a dû s'incliner face à un Aleix Espargaró magistral.

Pour la neuvième fois en onze Grands Prix, Pecco Bagnaia a décroché une médaille à la course sprint. Certes, pas la médaille d'or, qui cette fois est revenue à Aleix Espargaró, mais l'argent et, surtout, les neuf points qui l'accompagnent. Classé seulement une fois en dehors des neuf premières places lors de ces nouvelles courses du samedi, le pilote Ducati y a déjà amassé 95 points, qui contribuent à l'avance qu'il a prise au championnat, 66 unités désormais.

"Évidemment, c'est mieux de gagner mais je suis content de ce résultat", commentait-il à chaud. "C'est un résultat positif, on marque des points pour le championnat et c'est le plus important, bien entendu."

Depuis le début du week-end, le pilote Ducati a souligné que ce Grand Prix était à ses yeux une opportunité à ne pas laisser filer pour Aprilia, qui peut profiter d'un avantage en termes de traction par rapport aux autres machines. Lui, affiche toujours sa supériorité dans les freinages et peut aussi s'appuyer sur des départs épatants pour capitaliser sur ses qualifications à l'avant de la grille, mais cela n'a pas suffi à effacer l'avantage d'Espargaró sur la durée et c'est sans surprise qu'il a vu l'Espagnol prendre le dessus.

"Je suis satisfait parce que c’était impossible de faire plus aujourd'hui", a commenté Bagnaia, qui a pourtant cherché à imprimer un rythme très élevé dans les premiers tours, mais qui n'a réussi qu'à titiller un peu plus son adversaire. "Au début, j'ai essayé de creuser un peu l'écart, de me donner de la marge sur ceux qui me suivaient, en sachant parfaitement qu'Aleix était là. J'ai essayé de freiner aussi fort que possible, mais il me manquait peut-être trop dans la première partie de l'accélération, en termes de motricité. J'ai peut-être poussé trop fort dans les deux ou trois premiers tours, mais c'est tout. Je pense que la stratégie était la bonne."

 

Dépassé à l'entrée du septième tour, Bagnaia a vite été semé par l'Aprilia #41. "J'ai essayé de suivre Aleix mais c'était impossible aujourd'hui", a-t-il admis. "Je gagnais un peu au freinage, mais ça n'était pas suffisant pour combler mon retard sur lui. Il continuait à tourner en 1'39, c'était trop rapide pour moi aujourd'hui."

"Il nous faut un peu plus de traction. On sait parfaitement que l'Aprilia est très compétitive dans cette partie de l'accélération − dans la première partie, quand on redresse la moto, et sur l'angle. On y travaille. Ça ne va pas être facile parce que l'écart est un peu grand à l'heure actuelle, mais il ne faut jamais dire jamais et on va essayer, c'est sûr."

La peur d'un remake de 2009

La seconde partie de la course a vu Pecco Bagnaia aux prises avec une Aprilia, toujours, mais celle de Maverick Viñales cette fois. Ayant renoncé à attaquer le leader, il a basculé dans une course de défense pour résister à la pression permanente exercée par le #12 et il a cette fois réussi à tenir bon, bloquant toute tentative de l'Espagnol.

Le champion en titre a pourtant avoué avoir eu quelques craintes de se trouver au cœur d'un remake du duel Rossi-Lorenzo de 2009 et de se faire dépasser dans le dernier virage... "C'était amusant", a-t-il raconté. "J'ai essayé de me concentrer pour être parfait à chaque freinage, pour ne lui laisser aucune chance de placer sa moto devant moi. J'avais un peu peur de voir quelque chose comme Barcelone 2009, entre Vale et Lorenzo, alors j'ai juste essayé de fermer toutes les portes et d'arrêter la moto un peu plus fort."

Finalement, Bagnaia a arraché la deuxième place pour 51 millièmes. Applaudi pour sa capacité à défendre sa place et la qualité des freinages qu'il parvient à livrer, il a expliqué : "J'ai commencé à plus ou moins faire ça l'année dernière, quand de l'extérieur ça ressemblait à des consignes d'équipe [sur Bastianini] − ça n'en était pas, c'est juste que je poussais fort sur les freins ! J'ai beaucoup travaillé avec mon team pour progresser dans les freinages. Ça n'est pas facile parce qu'on est un peu à la limite avec le pneu avant. C'est surtout le cas sur une piste comme celle-ci où l'adhérence n'est pas très élevée et que l'avant se bloque beaucoup, et c'est encore plus difficile avec la règle sur la pression du pneu avant. Mais on progresse tout le temps."

"En Autriche, l'écart était un peu plus grand, mais aujourd'hui aussi j'ai réussi à bien stopper la moto, même si l'arrière n'aidait pas cette fois. Aleix m'a quand même passé alors il va assurément falloir que je progresse encore pour demain. Quoi qu'il en soit, en regardant les données, j'arrive à vraiment bien stopper la moto par rapport aussi aux autres Ducati : c'est quelque chose qui m'aide beaucoup dans le time attack parce qu'il est plus difficile de faire un chrono à l'accélération, et ça m'aide dans les bagarres."

Francesco Bagnaia, Ducati Team, Maverick Vinales, Aprilia Racing Team

Pecco Bagnaia a résisté jusqu'au bout aux attaques de Maverick Viñales.

Une fois n'est pas coutume, seules deux Ducati étaient présentes dans le top 5 aujourd'hui, en qualifications comme au sprint, la seconde étant celle de Jorge Martín, cinquième. Voilà qui a poussé le vainqueur du jour à pointer la qualité, peut-être quelque peu insoupçonnée, de la performance du champion en titre. "À l'heure actuelle il pilote à un niveau très élevé", a pointé Espargaró. "On a tendance à ne pas évaluer le gros travail des pilotes. S'il n'obtient pas un bon résultat, c'est que la moto est nulle, et s'il obtient un bon résultat c'est qu'il a la meilleure moto : mais ça n'est pas toujours comme ça. Il y a beaucoup de Ducati et Pecco démontre ce week-end qu'il est vraiment très rapide."

Bagnaia ne compte en tout cas pas s'en tenir à cette deuxième place. À l'arrivée, il s'est montré particulièrement curieux pour observer de près le pneu avant du vainqueur, déjà en quête d'inspiration pour tenter de parfaire sa copie en vue de la course de dimanche, qui sera deux fois plus longue et devrait se courir avec d'autres pneus.

"Mon team est déjà en train de travailler sur ce qu'on a vu pendant la course sprint aujourd'hui et peut-être qu'on arrivera à réduire un peu l'écart pour profiter plus de la course de demain", a-t-il souligné. "Je ne pense pas que le rythme sera aussi élevé, parce qu'en douze tours aujourd'hui, le pneu avant était déjà un peu détruit et le pneu arrière était fini, et puis normalement je me sens un peu mieux avec le medium à l'arrière. On verra demain."

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