Espargaró bluffé par Bagnaia au début de la course : "OK, on va jouer !"
Qualifié en première ligne, Aleix Espargaró a remporté la course sprint de Barcelone, après un dépassement magistral sur un Pecco Bagnaia impuissant.
Il adore revenir en Catalogne, où il est né, il adore le tracé de Barcelone et il assure avoir "la meilleure moto" de sa carrière… Encore faut-il réussir à en tirer profit au maximum, et ce week-end Aleix Espargaró a montré jusqu'à présent qu'il y parvenait à la perfection.
Auteur d'un chrono record vendredi, l'Espagnol a affiché dès les premiers essais son aisance sur une piste rapide, à la typologie proche de celle de Silverstone, où il s'est imposé début août. Le circuit stop-and-go du Red Bull Ring a été un intermède moins heureux, mais ses retrouvailles avec une configuration taillée pour sa machine l'ont immédiatement replacé parmi les grands favoris.
En Grande-Bretagne, il avait gagné la course principale en partant 12e. Cette fois, Espargaró a réussi à se positionner en première ligne, se montrant d'autant plus menaçant. Il avouera pourtant avoir été quelque peu vexé de céder les honneurs de la pole position à Pecco Bagnaia ce matin, malgré le sourire de façade qu'il avait conservé après les qualifications.
"Ce matin, j'étais un peu amer. J'ai fait deuxième, ce qui est super, mais j'ai un peu eu le sentiment d'avoir perdu. J'ai tout donné, mais Pecco a été meilleur, il a été incroyable, il a fait le record de la piste, et j'étais un peu en colère. Je suis donc parti avec une grosse implication pour cette course sprint", a-t-il expliqué avec le recul.
Cela n'a finalement fait que renforcer sa hargne et, s'il a vu la Ducati #1 prendre les commandes à l'extinction des feux, l'Espagnol n'a pas tardé à afficher le rythme solide que l'on attendait de lui pendant la course sprint disputée cet après-midi.
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Dès le deuxième tour, grâce à une attaque impeccable au bout de la ligne droite principale, il avait repris la deuxième place à son coéquipier, qui lui avait grillé la politesse au départ. Installé dans la roue de Bagnaia, il a parfaitement observé son adversaire jusqu'à porter l'attaque irrésistible à mi-parcours, exactement de la même manière. Il savait qu'il ne devrait pas laisser filer sa chance si elle se présentait, et c'est bien ce qu'il a fait.
"Aujourd'hui, j'ai senti que j'étais meilleur en milieu de virage, j'y arrivais un peu plus vite que lui, et j'étais bon aussi en traction. Mais il est le roi pour stopper la moto, on a vu en Autriche à quel point il est difficile à dépasser", a salué Espargaró au sujet de son rival. "J'avais le sentiment d'être fort. Dans ma carrière, je n'avais jamais gagné en ayant de l'avance : les deux fois où j'ai gagné, j'avais dépassé dans la dernière partie de la course. Alors aujourd'hui je me suis dit qu'il fallait que j'essaye, qu'il n'y a pas tellement d'occasions comme celle-ci. J'ai donc essayé de le passer."
"Ça a été difficile, j'ai commencé à freiner super tard dans le premier virage et j'avais l'avant qui se bloquait, je n'arrivais pas à tourner parce qu'il m'a poussé à freiner vraiment très tard. Au final, je suis content d'y être arrivé."
En tête dès l'entrée dans le septième tour, on n'allait plus revoir le pilote Aprilia. Avec une série de chronos en 1'39, il s'est creusé plus de deux secondes d'avance en cinq tours et, tandis que Bagnaia était désormais concentré sur la nouvelle menace représentée par Viñales dans sa roue, le #41 pouvait filer vers la victoire, sans ne plus être inquiété.
Il avouera par la suite que le niveau affiché par Bagnaia, auquel il ne s'attendait pas, l'a poussé à hausser le ton. Résultat, il a passé huit des douze tours sous le record officiel de la piste en course − sa marque de 1'39"327, six dixièmes plus rapide que ce record, n'est toutefois pas prise en compte dans les statistiques, où seule l'épreuve du dimanche est notifiée.
"Dans les deux premiers tours, j'ai été un peu choqué parce que le niveau proposé par Pecco était très élevé", a expliqué le pilote espagnol. "Il roulait en petits 1'39. Ça n'était pas dans mes plans d'aller à ce rythme, donc quand il a commencé à pousser comme ça je me suis dit 'OK, on va jouer ! Voyons voir qui sera le plus rapide et qui va détruire son pneu arrière en premier !'"
"¡Mañana, más fiesta!"
Comme pour mieux effacer peut-être le souvenir douloureux de l'arrivée fêtée un tour trop tôt l'an dernier, Espargaró a passé la ligne dans une magistrale roue arrière. Il était bel et bien le maître des lieux aujourd'hui. Bien que très attendu sur cette piste, sa démonstration du jour témoigne un peu plus encore du cap franchi par Aprilia, où l'on arrive désormais à répondre aux attentes les plus élevées.
"C'est clair que sur une piste comme celle de Barcelone, la traction de l'Aprilia [est meilleure] et, surtout, la vitesse qu'on peut emmener dans les virages rapides est plus élevée que celle des Ducati. Il faut qu'on travaille sur les autres pistes. Ils ont beaucoup progressé sur les freins, je pense que c'est quelque chose sur lequel on doit progresser chez Aprilia, mais sur ce genre de piste, on est la référence", concède le vainqueur.
C'est la première fois qu'Aleix Espargaró termine dans le trio de tête d'une course sprint, son meilleur résultat dans l'exercice ayant été jusqu'à présent sa quatrième place à Assen. Les douze points empochés lui permettent de grimper de deux crans au championnat, où il figure désormais en cinquième position, un point devant Johann Zarco.
Et il ne compte pas s'arrêter là : une course deux fois plus longue l'attend demain. "¡Mañana, más fiesta!" a-t-il promis au public massé sous le podium du sprint, où un DJ était chargé de mettre l'ambiance. Oui, demain, Espargaró compte bien encore faire la fête et, cette fois, doublement...
"Il faut savourer ce moment. Je pense que les petites joies comme celle-ci sont celles qui donnent du carburant, une énergie positive. Donc on va essayer d'en profiter aujourd'hui avec l'équipe", a-t-il ajouté. "Demain, je pense que ce sera un peu différent. On va courir avec le pneu medium arrière, ce sera un peu plus tactique. Il y a aussi le fait que le pneu avant est un peu limite pour la course longue, mais on a un bon rythme et la moto est excellente ici, alors on verra.... Espérons que Pecco ne roule pas en petits 1'39 au début de la course et tout sera un peu plus facile !"
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