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Cet incident avec Espargaró que Morbidelli n'a jamais digéré

Avec trois ans de recul, Franco Morbidelli juge toujours qu'Aleix Espargaró n'a pas été assez lourdement sanctionné le jour où il a frappé son casque alors que tous deux étaient en piste.

Franco Morbidelli, VR46 Racing Team

Photo de : Stephen Blackberry/NurPhoto via Getty Images

Le 18 novembre 2023, pendant les essais du GP du Qatar, Aleix Espargaró s'est fendu d'un geste rare entre sportifs : il a soudain asséné un coup à Franco Morbidelli alors que tous deux se trouvaient en piste. Près de trois ans plus tard, l'Italien n'a toujours pas digéré cette agressivité.

L'incident découlait d'une gêne entre les deux pilotes, qui se sont mutuellement dépassés après la brève apparition d'un drapeau jaune. Visiblement agacé, Espargaró avait repassé Morbidelli de façon agressive, entraînant le passage hors piste des deux motos.

L'Espagnol a manifesté sa colère à grand renfort de gestes, expliquant par la suite qu'il jugeait le pilote romain trop souvent coupable d'incidents dans lesquels il bloquerait ses adversaires en roulant au ralenti sur la trajectoire. À mesure que le pilote Aprilia explosait de rage, Morbidelli lui a indiqué de se calmer, ce à quoi Espargaró a finalement répondu par un coup porté sur son casque.

 

Récemment, lorsque son ami Marco Bezzecchi a été sanctionné à Brno pour avoir frappé un commissaire de piste après sa chute, Franco Morbidelli a rapidement fait le lien avec cet incident dont il avait été le malheureux protagoniste. Et c'est avec une profonde rancœur que l'Italien a déploré qu'Espargaró n'ait pas été aussi lourdement puni que Bezzecchi à l'époque.

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"Espargaró aurait lui aussi dû manquer la course au Qatar", s'est agacé Morbidelli. "Parce que je suis une personne, tout comme le commissaire est une personne. Ce que Marco a fait était une erreur, quelque chose de mal, c'est certain, et je comprends la pénalité, je comprends tout. Mais je pense aussi à moi-même."

"Si je fais ressortir mon égo, je pense au moment où ça m'est arrivé, quand quelqu'un qui courait avec moi a eu ce geste envers moi, et il ne lui était rien arrivé à l'époque. C'était il y a trois ans. OK, les choses ont changé en trois ans, les commissaires sont devenus plus sensibles là-dessus, je le comprends. Et je comprends la pénalité qui a été infligée à Marco."

Aleix Espargaró n'aurait pas dû courir lui non plus quand il m'a donné une gifle au Qatar.

Il n'est pas juste de dire qu'Aleix Espargaró n'avait pas été sanctionné ce jour-là, en revanche il est vrai que sa pénalité s'était avérée bien plus légère que celle de Bezzecchi, puisqu'il avait reculé de six places sur la grille de départ du Grand Prix et reçu une amende de 10 000€. À l'époque, déjà, Morbidelli estimait que cette sanction était très insuffisante au vu de la gravité des faits.

"Selon moi, ils n'ont rien fait", avait-il regretté ce jour-là. "Ce qu'ils ont fait, ça a été de le placer à mes côtés pour la course, et ils l'ont fait rouler dans la course [sprint], comme s'il ne s'était rien passé. Pour moi, ils n'ont rien fait parce ce qu'il a fait était un gros manque de respect envers un autre compétiteur, qui aurait été traité très différemment dans un autre championnat."

Sans remettre en question la suspension de Bezzecchi à Brno, Morbidelli tranchait donc, le mois dernier : "Dans ce cas, Aleix Espargaró n'aurait pas dû courir lui non plus quand il m'a donné une gifle au Qatar, qu'il a eu ce geste très moche. Lui non plus n'aurait pas dû courir." Et d'ajouter qu'il n'y a selon lui pas de différence de traitement à avoir lorsqu'un commissaire est impliqué : "Nous sommes des personnes. Je suis une personne, et un commissaire est une personne également."

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