Bagnaia vainqueur d'une "course de nerfs" contre Martín
Pecco Bagnaia a fait plier Jorge Martín alors que l'Espagnol semblait avoir course gagnée au GP d'Allemagne. La conclusion d'une longue et minutieuse gestion des pneus que le nouveau leader du championnat a menée mieux que son adversaire.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Cette fois, ça y est, le Sachsenring a rejoint le palmarès de Pecco Bagnaia, et le timing est parfait pour le pilote italien qui prend les rênes du championnat au moment d'entrer dans la pause estivale.
Pour s'imposer dimanche, le champion en titre a pourtant répliqué son approche d'hier : se montrer prudent et gestionnaire, alors que Jorge Martín attaquait plus fort, ce qu'il avait jugé samedi comme ayant été plus intelligent. Le changement de conditions observé en 24 heures et le doublement de la distance à parcourir en ont fait cette fois la mauvaise stratégie, ce que l'Espagnol a appris à ses dépens en tombant à deux tours de l'arrivée, alors qu'il affichait encore une belle avance.
Bagnaia était remonté cependant, après avoir un temps volontairement relâché son effort. Si l'Italien pressentait un beau duel pour clore les 30 tours, il n'en a rien été et, dès qu'il a vu la Ducati Pramac dans le gravier, il a déroulé pour atteindre le drapeau à damier, conscient que l'intense lutte qui s'était jouée à distance avait la marque des champions. "C'était totalement une course de nerfs. Le premier qui se relâchait perdait, donc j'ai essayé de ne jamais me relâcher et ça a tourné en notre faveur", a par la suite décrit le nouveau leader du championnat.
Interrogé à sa descente du podium, Pecco Bagnaia a livré une analyse fine de cette guerre des nerfs qui l'a mené à sa 24e victoire MotoGP, la quatrième de suite.
Pour ton dernier Grand Prix en tant que célibataire avant ton mariage, tu poursuis ta série victorieuse ! Voilà une manière parfaite d'entrer dans la pause estivale, et aussi une course qui a montré à quel point il ne faut jamais baisser les bras et continuer à mettre la pression...
Aujourd'hui, j'ai essayé d'être très précis avec le pneu arrière parce que je savais que plus j'aurais de gomme pour la dernière partie, mieux ce serait. Quand les deux Pramac m'ont passé, j'ai vu qu'ils poussaient un peu trop fort, alors j'ai décidé de ralentir, d'attendre un peu. Ensuite, j'ai rattaqué et j'ai peut-être perdu un peu de temps derrière Franky [Morbidelli] parce que Jorge avait pris plus d'une seconde. Mais ensuite, j'ai essayé d'attaquer à nouveau pour revenir sur Jorge.
Pecco Bagnaia était revenu à une demi-seconde avant la chute de Jorge Martín.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Je me rapprochais, à chaque tour un dixième, un autre, un autre… C'est resté stable pendant deux ou trois tours mais ensuite j'ai continué à reprendre encore et encore, jusqu'à trois dixièmes en un tour. Je crois que ça aurait pu être une très belle bagarre dans le dernier tour mais ça n'a pas été pour cette fois. Je suis content de décrocher cette quatrième victoire de suite et d'entrer dans la pause estivale et de me marier en étant en tête du championnat. C'est super !
J'étais très à la limite, peut-être trop.
Qu'as-tu vu de la chute de Jorge ? C'était une erreur facile à faire ici, au Sachsenring ?
Absolument. Le rythme nous a compliqué la vie parce que, franchement, l'avant hurlait, l'arrière aussi... Chaque fois que je freinais et que j'entrais dans le virage 1, j'avais l'impression que le pneu avant n'était pas là. Pareil dans les virages à gauche, les 7, 8, 12. Et puis, tourner en 1'21"0, 1'21"1, 1'21"2, c'était incroyable. Martín a fait du bon boulot, mais j'ai eu l'impression qu'il essayait juste de garder ces cinq dixièmes d'avance, et il a peut-être freiné un peu trop fort au virage 1. Dès que je l'ai vu tomber, j'ai relâché et j'ai été une seconde plus lent parce que j'étais très à la limite, peut-être trop.
Tu as dit avoir vu de petites erreurs chez Martín quand il était devant : lesquelles ?
J'étais dans la même situation que lui. Dans certains endroits de la piste, il était très difficile de freiner. Les virages 1 et 12 étaient très piégeux, l'avant bougeait beaucoup et se bloquait. J'ai vu qu'il avait élargi dans le premier virage et deux fois dans le virage 12. Je voyais que son rythme était très fort, donc dès que je l'ai vu large, j'ai compris que j'avais une opportunité.
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