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Marc Márquez : une vaste inconnue et une certitude plus grande encore

Les rumeurs d'un transfert surprise vers Gresini Racing ont ajouté un nouveau rebondissement à la saga Marc Márquez et son mécontentement apparent après le test de Misano n'a pas calmé les spéculations. Aujourd'hui, Ducati semble pouvoir être la réponse pour l'Espagnol, mais pas forcément de la manière dont beaucoup le pensent.

Luigi Dall'igna

L'avenir de Marc Márquez fait les gros titres depuis des semaines et, à Misano, les rumeurs d'un transfert surprise vers Gresini Racing, team satellite de Ducati, ont décuplé l'excitation que le sujet génère. Au centre de l'attention, le pilote espagnol a joué à brouiller les cartes pendant le week-end, une attitude qui vise à faire durer ce feuilleton. Et s'il y a bien une chose qui ne fait aucun doute, c'est que le paddock et les fans sont plus intéressés par ce qui attend le #93 que par ce qui se passe en piste.

Le pilote lui-même l'a reconnu lundi en s'adressant aux journalistes restés au circuit pour couvrir le test collectif qui s'est déroulé après le Grand Prix de Saint-Marin. "Je vais faire traîner les choses aussi longtemps que possible", a-t-il déclaré, en faisant référence à la date à laquelle il annoncera l'équipe pour laquelle il roulera la saison prochaine. Il a néanmoins précisé qu'il prendrait une décision autour de l'Inde ou du Japon, soit dans les deux semaines qui viennent.

Bien qu'il ait dit avoir jusqu'à trois possibilités, la logique suggère que Márquez n'envisage réellement que deux alternatives : soit rester lié à Honda, au moins jusqu'en 2024, date d'expiration de son contrat, soit signer pour Gresini et courir, aux côtés de son frère Álex, sur une Ducati.

LIRE AUSSI - Nadia Padovani, le courage de celle qui a sauvé Gresini Racing

Aucun média suivant le championnat sur le terrain ne souhaite se mettre dans une situation embarrassante. Aussi, il est surprenant que, ces derniers jours, certains aient fait leurs gros titres en considérant comme acquis le départ de Márquez vers Gresini, tandis que d'autres garantissaient qu'il resterait chez Honda.

D'après les informations de Motorsport.com, le Catalan a toujours envisagé les deux options, sa seule intention étant de redevenir compétitif et de retrouver les avant-postes dès que possible. À 30 ans, l'hypothèse d'une année sabbatique semble écartée. Il l'a lui-même souligné lors d'un événement à Madrid cette semaine : "Rester chez moi serait le plan D, mais je n'y pense pas. Je suis motivé, j'ai beaucoup d'envie. Quand je me sentais mal physiquement [après sa blessure en 2020], j'y ai songé mais maintenant je me sens bien, même si les résultats ne sont pas là."

La tentation que peut avoir Márquez de rejoindre l'équipe Gresini, qui disposera en 2024 de deux Ducati GP23 − modèle avec lequel Pecco Bagnaia et Jorge Martín sont actuellement en lutte pour le titre, ayant cumulé à ce jour sept victoires en 12 Grands Prix − est parfaitement compréhensible. Suivre cette voie lui permettrait de sortir du rôle de semi-testeur qu'il a joué ces dernières années chez Honda, et dont il est passablement épuisé.

Marquez has been linked to a shock Gresini Ducati switch for 2024

Et si Marc Márquez optait pour un transfert retentissant vers la Ducati satellite du team Gresini en 2024 ?

Du côté du team Gresini, on garde le silence. Cette période d'incertitude apporte une attention médiatique nouvelle à l'équipe basée à Faenza, qui à l'heure actuelle n'a qu'un pilote confirmé pour 2024 : Álex Márquez. La simple possibilité qu'un pilote du calibre de l'octuple Champion du monde puisse porter ses couleurs valait la peine de refuser la seconde Ducati à Jake Dixon et Toni Arbolino, un temps envisagés, et de faire patienter Fabio Di Giannantonio. Dans le cas où le #93 choisirait de rester chez Honda, il suffirait de confirmer Diggia ou de payer les clauses de résiliation d'Arbolino ou de Dixon, s'ils en ont, sachant qu'ils ont tous deux, dans l'intervalle, prolongé en Moto2.

Ducati insiste sur le fait de ne pas être intéressée par le recrutement de Marc Márquez. Cependant, si l'on analyse les particularités de la marque, ce n'est que partiellement vrai. S'il est évident que l'arrivée de l'Espagnol bouleverserait la hiérarchie interne que le constructeur italien gère si bien, Gigi Dall'Igna, son directeur général serait ravi de voir ce que le pilote star serait capable de faire avec l'une de ses machines.

LIRE AUSSI - Les spéculations amusent Márquez et suscitent l'intérêt chez Ducati

La lutte entre Pecco Bagnaia et Enea Bastianini en 2022 a bien montré que l'ingénieur se moquait finalement de savoir qui pouvait gagner et avec quel modèle de son prototype, du moment qu'il s'agit d'une machine sortie des ateliers de Borgo Panigale. Et il l'a également rappelé ces derniers jours en assurant à Jorge Martín qu'il avait autant de chances que le champion sortant, bien qu'il n'évolue pas dans l'équipe officielle.

Et si Márquez et Dall'Igna étaient réunis ailleurs ?

Cela étant dit, Gresini n'est pas la seule équipe sur les rangs pour réunir les deux personnalités les plus influentes du championnat, l'une en tant qu'ingénieur et l'autre en tant que pilote. Car depuis a qu'il a reçu en marge du GP d'Autriche l'autorisation de Hikaru Tsukamoto, responsable de la division deux-roues de Honda Motor, de recruter des ingénieurs dans les équipes concurrentes, le team manager Alberto Puig a toujours eu pour cible première de débusquer Dall'Igna. De là à savoir s'il y parviendra, c'est une autre histoire.

La puissance financière de la firme japonaise est indéniable, mais étant donné que Ducati le considère comme la pierre angulaire de son projet, les conditions contractuelles de Dall'Igna à Borgo Panigale ne doivent pas non plus être mauvaises. De ce point de vue, ce qui pourrait le plus appâter l'ingénieur, ce serait probablement de lui offrir le plus grand défi de sa vie. Il s'agirait ni plus ni moins de lui confier le sauvetage de Honda, un challenge qui, s'il réussissait, ferait de lui l'équivalent d'Adrian Newey en Formule 1.

Puig has been tasked with meeting Marquez's engineering demands to stay at Honda

Alberto Puig a une mission : recruter les ingénieurs listés par Marc Márquez pour qu'il reste chez Honda.

Rester chez Ducati rapporterait certainement d'autres titres à Gigi Dall'Igna, tandis que ressusciter le HRC décuplerait l'importance qu'il possède déjà. De toute évidence, ce processus de retour au premier plan ne serait pas immédiat, comme cela a été le cas pour Ducati après l'arrivée de l'ingénieur en 2014. Le retour à la victoire s'est opéré en 2016, puis la marque s'est battue pour le titre en 2017 et 2018 − avec Andrea Dovizioso et précisément contre Marc Márquez et Honda −, mais la gloire n'est revenue qu'en 2022. La puissance de Honda couplée au talent de Márquez pourrait sans doute raccourcir ce délai, mais pas au point de rendre la réussite immédiate.

Quoi qu'il en soit, et qu'Alberto Puig trouve ou non un moyen de convaincre Gigi Dall'Igna de partir, ce qui semble incontestable, c'est que Honda prend une direction différente de celle qu'elle a suivie jusqu'à présent. Au cours des dernières manches, la présence de Tetsuhiro Kuwata − toujours directeur du HRC − et de Shinichi Kokubu − directeur technique − est devenue de moins en moins importante au sein de la structure. En fait, le président de HRC, Koji Watanabe, a probablement déjà décidé de se passer d'eux, même si la dynamique des calendriers administratifs japonais n'est pas en phase avec celle de l'Occident ni celle du championnat. La rotation du personnel se fait généralement au début du mois d'avril dans les entreprises asiatiques.

Il est clair que l'option préférée de Marc Márquez comme d'Alberto Puig pour tenter de revenir au sommet est de recruter Gigi Dall'Igna, et que le meilleur argument pour le séduire va être de titiller son ego. Et que pensent-ils de cette possibilité chez Ducati ? "Gigi aime aussi gagner et c'est ce qu'il fait aujourd'hui", a déclaré à Motorsport.com une voix qui compte au sein de l'équipe italienne...

Dall'Igna brought Ducati its first world championship in 15 years in 2022. Could Honda snare him to revive its own fortunes?

Gigi Dall'Igna a ramené Ducati au sommet avec un premier titre en 15 ans. Pourrait-il être l'acteur de la renaissance de Honda ?

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