Martín vainqueur dans la confusion : "De très en colère à très heureux"
Premier leader du Grand Prix du Japon, Jorge Martín a volontairement cédé les commandes dans le premier tour, ne sachant quelle attitude adopter sous la pluie, mais il n'a pas tardé à réaffirmer sa supériorité. Surpris par la volonté de relancer la course, il a finalement été déclaré vainqueur.
Même la pluie ne stoppe pas Jorge Martín dans son avancée irrésistible au championnat ! Le pilote espagnol n'avait encore jamais gagné sur piste mouillée, et pourtant il a encore mené sa Ducati au sommet, ce dimanche au Japon, sorti vainqueur d'une course écourtée par le déluge.
On était pourtant loin d'une balade dominicale, bien qu'il ait pris les commandes à l'extinction des feux en profitant à nouveau de son départ de la pole position. "Ça a été un moment difficile mais je crois que le plus difficile a été pendant le tour de chauffe, quand j'ai vu beaucoup de pilotes qui se faisaient des chaleurs, et moi-même je m'en suis fait. Ça n'est jamais facile de commencer une course dans ces conditions", a décrit le pilote espagnol.
Et malgré sa capacité à emmener la meute dans ce premier tour, Martín n'était pas très à l'aise en roulant en slicks sur une piste mouillée, sans vraiment savoir si elle était praticable pour un tour de plus ou pas... à tel point qu'il a volontairement cédé les commandes en s'écartant. "J'étais premier mais je ne savais pas très bien quoi faire, alors j'ai laissé Pecco [Bagnaia] et Jack [Miller] passer pour comprendre ce qu'ils allaient faire, et quand ils se sont arrêtés je me suis dit 'OK, il faut qu'on s'arrête'", a-t-il expliqué.
"Il m'est arrivé beaucoup de choses !", a poursuivi l'Espagnol, pourtant ressorti des stands en leader. "Sur le mouillé, je me suis senti super fort mais je me suis fait une grosse chaleur au virage 3 et j'ai dû repartir de la sixième place. Mais ensuite j'ai réussi à avoir une très bonne motricité en sortie de virage et à dépasser beaucoup de pilotes. Creuser cette avance d'une seconde sur Pecco s'est avéré déterminant pour gagner aujourd'hui."
Le départ en pneus slicks sous la pluie s'est révélé stressant, mais Jorge Martín s'est maintenu en tête.
En confiance malgré les conditions, le pilote Pramac a salué le comportement de sa machine, qui lui a offert un bon grip et une bonne stabilité de la roue arrière. "J'ai très bien compris la situation", a-t-il expliqué auprès du site officiel du MotoGP. "Parfois, quand on met plein gaz, c'est pire, et il faut comprendre les cartographies. Et j'ai senti que même en gérant beaucoup les pneus, j'arrivais à avoir une très bonne motricité, avec un peu de frein arrière aussi. Je crois que ma manière d'accélérer a été la clé de la course, parce que je n'avais pas de bonnes sensations dans les freinages, je perdais l'avant à chaque virage. Par contre, en motricité, j'étais beaucoup plus rapide que les autres."
"Normalement, j'ai un peu de mal dans ces conditions, mais là j'avais une très bonne motricité. Je crois que j'avais une bonne électronique aujourd'hui et je pense que ça a été la clé. J'ai aussi pu dépasser Pecco et Marco [Bezzecchi] au virage 9, mais j'étais un peu à la limite sur l'avant, mes sensations n'étaient pas les meilleures."
Surpris par la volonté de relancer la course
Après la petite excursion hors piste qui a fait suite au changement de moto, Martín a repris la tête de la course dans le sixième tour. Une fois lancé à un rythme supérieur à celui de ses adversaires, il s'est rapidement détaché, jusqu'à compter 1"413 de marge lorsque le 12e tour a pris fin. Quelques instants plus tard, la direction de course annonçait la suspension de l'épreuve.
En dépit d'une averse soutenue et d'une visibilité très réduite, l'interruption allait finalement être courte, ce qui a beaucoup étonné le leader, pas franchement convaincu par la décision de relancer les débats. Un second drapeau rouge serait finalement brandi avant le restart.
"La première fois, je crois que c'était la meilleure solution parce qu'on était un peu à la limite. Après, je pense que c'était très risqué de retourner immédiatement en piste. J'ai trouvé étrange qu'on reparte courir si vite", a-t-il admis. "J'ai été très surpris parce que deux minutes avant, j'avais parlé avec Carlos [Ezpeleta] et je lui avais dit que c'était très difficile. Mais à peine j'avais parlé avec lui, on est ressortis. Les conditions étaient inchangées et en plus il y avait moins de luminosité, donc c'était difficile et j'ai été surpris."
"Il n'y avait aucune chance de courir. Au final, je suis content. C'est difficile de comprendre et d'analyser une victoire comme celle-ci, mais on l'a fait, [on prend] la totalité des points et je suis super content !"
C'est en revenant dans la pitlane après ce second drapeau rouge que Jorge Martín a compris que la victoire était à lui, avec à la clé 25 points très importants pour le championnat. "Je suis passé de très en colère face à la situation − parce qu'on est allé en piste alors qu'il n'y avait pas de visibilité − à très heureux quand j'ai vu mon équipe. Je n'ai pas la sensation d'une victoire, parce qu'on n'a pas fait la course en entier donc ça n'est pas pareil, mais [je marque] le maximum des points alors c'est le plus important."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires