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Mick Doohan et la nouvelle génération : "Ce serait irrespectueux de dire qu'ils me ressemblent"

Quintuple champion du monde dans les années 1990, Mick Doohan dit toute son admiration pour les pilotes MotoGP d'aujourd'hui, sans chercher à se retrouver en l'un d'eux.

Mick Doohan

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Mick Doohan, dont la carrière en MotoGP s'est arrêtée en 1999 après 54 victoires et cinq titres mondiaux, reste attentif à l'évolution du championnat et aux nouvelles générations qui se succèdent sur les grilles. Loin de tomber dans la critique amère d'une discipline qui s'est fortement modernisée depuis sa propre époque, l'Australien ne manque pas de souligner son admiration pour les prouesses que continuent de réaliser ceux qui l'ont remplacé sur les grilles, au guidon de bolides toujours plus sophistiqués.

"Chaque génération est différente, mais j'adore toujours le MotoGP. On peut toujours remettre en question la réglementation, comme ça s'est fait par le passé et comme ça se fera encore à l'avenir. Actuellement, nous avons des pilotes dominants sur des motos dominantes", estime l'ancien pilote, aujourd'hui âgé de 60 ans, dans une interview pour Marca.

"De nos jours, les aides au pilotage permettent sans doute à un pilote de se hisser aux avant-postes, mais, en général, ça a toujours été comme ça. En course, il y a généralement deux ou trois pilotes capables de gagner. Les qualifications sont déterminantes depuis des décennies, mais au final, tout se joue en course et avec votre moto."

"Tout est un peu plus difficile avec l'aérodynamique, et c'est la seule chose que je questionne : en avons-nous vraiment besoin ou pas, et ne devrions-nous pas revenir à ce que l'on avait avant ? Mais on a vu des pilotes comme Marc Márquez ou Valentino Rossi à leur époque, capables de remonter du fond de la grille ou après un mauvais départ, même si maintenant c'est devenu plus difficile."

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On le sait très admiratif de Marc Márquez, qui fut un temps l'incarnation du leader que lui-même a été chez Honda avant de traverser de profondes difficultés puis de réussir à remporter un nouveau titre. Mais Mick Doohan étend sa passion à d'autres pilotes de la nouvelle génération.

Ce qu'il n'aime pas, c'est tenter de trouver un hypothétique Doohan du XXIe siècle. "Honnêtement, je ne pense même pas à trouver le nouveau Mick Doohan. Chacun est différent, et ce serait irrespectueux de ma part de dire qu'ils me ressemblent", tranche-t-il.

Luca Marini, Honda HRC

Luca Marini fait aussi partie des pilotes qui ont surpris Mick Doohan.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"Bezzecchi fait un travail incroyable avec l'Aprilia. Martín a été spectaculaire, malgré ses blessures. Luca Marini m'a également impressionné avec la Honda. C'était probablement même une surprise pour lui après avoir quitté Ducati, de l'équipe de son frère, pour Honda, qui était alors dans une situation délicate."

"Je ne sais pas ce qui est arrivé à Bagnaia, mais il a un talent incroyable, je n'en doute pas. Je ne sais pas si c'était lié à la moto ou à l'arrivée de Marc Márquez dans l'équipe, mais on ne peut nier sa domination lors des deux championnats qu'il a remportés."

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La situation actuelle interpelle Doohan, à l'instar de bon nombre d'observateurs. Bien qu'il juge prématuré de tirer des conclusions sur ce championnat qui n'a livré que trois rounds sur les 22 prévus, l'Australien s'interroge sur la dynamique qui s'est mise en place.

"On verra bien à notre retour en Europe. Ce que je ne comprends pas, c'est Ducati. Je ne sais pas très bien si Aprilia a fait un grand pas en avant ou si Ducati a perdu du terrain. Et pourquoi en auraient-ils perdu ?"

"Mais on dirait que les motos de l'équipe satellite VR46 sont plus performantes que les Ducati d'usine. Si c'est le cas, qui a piloté le développement ? Ont-ils pris la bonne direction ? Bref, je ne sais pas si Aprilia a fait un grand pas en avant ou si Ducati a régressé."

Je ne sais pas si Aprilia a fait un grand pas en avant ou si Ducati a régressé.

Une chose est certaine, c'est bien Aprilia qui a pris le dessus lors des trois premiers Grands Prix, et même Jorge Martín, malgré ses blessures des derniers mois et son manque d'expérience relatif avec la RS-GP, a réussi à accumuler d'excellents résultats. Pourrait-il se battre pour le titre ? "Je l'espère", répond Mick Doohan.

"Bezzecchi a fait un travail incroyable avec cette moto, il est très fort sur un tour et sur la distance d'une course. L'Aprilia semble très performante. Quant à Martín, tout d'abord, j'aime bien ce gars. Il a les pieds sur terre, c'est un être humain normal et extrêmement rapide. On l'a vu lorsqu'il a remporté le titre avec une Ducati de chez Pramac."

"Malheureusement, il a été souvent blessé l'année dernière. Il a traversé des moments très difficiles avec Aprilia. Maintenant, il a bien démarré, il est deuxième du championnat, tout se passe super bien pour lui… sauf qu'il doit encore s'entraîner pour le tour d'honneur !"

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L'autre jeune pilote qui attire l'attention de Mick Doohan, c'est bien entendu Pedro Acosta, promis à un transfert retentissant chez Ducati pour la saison prochaine, où il passera un cap dans les attentes nourries à son encontre. En attendant, il parvient à hausser son niveau de jeu au guidon d'une KTM qu'il est le seul à mener si haut.

"Acosta a un talent incroyable. Ce qu'il fait avec la KTM est hallucinant", constate Doohan, déjà curieux de voir ce qu'il adviendra lorsque le pilote de Mazarrón sera associé à Márquez chez Ducati. "Ce sera difficile pour les deux. Ils sont tous les deux espagnols et incroyablement talentueux."

"Marc ne sera plus tout jeune, et on a un jeune pilote qui acquiert de l'expérience, incroyablement rapide et qui veut battre le vétéran, c'est-à-dire Marc. De même, Marc ne veut pas se faire battre par le jeune. Mais s'il devient pilote Ducati… cela n'aura plus d'importance."

"Si Bezzecchi montait sur cette moto, ce serait pareil. Quand on est pilote, pour gagner une course ou un titre, il faut battre tout le monde, y compris son coéquipier. Les meilleurs pilotes se fichent de savoir qui est leur coéquipier. C'est la même chose en F1 ; Verstappen ne se préoccupe pas de savoir qui est son coéquipier. C'est le coéquipier qui doit se concentrer sur le fait de battre le pilote confirmé."

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