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Pour Miller, Yamaha n'a pas besoin de céder à la "mode" du V4

Jack Miller estime que le quatre cylindres de Yamaha est très bon et que le développement d'un V4 n'est pas nécessaire. Pour l'Australien, c'est surtout dans la gestion de l'accélérateur par l'électronique que des progrès doivent être faits.

Jack Miller, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Depuis le départ de Suzuki, Yamaha est le seul constructeur à utiliser un quatre cylindres en ligne face à une concurrence intégralement ralliée au V4. Pendant longtemps, les deux architectures donnaient l'impression d'avoir des forces et des faiblesses, entre la souplesse d'utilisation permise par le moteur de la Yamaha et la puissance délivrée par les V4 de ses rivaux, mais le retard pris par le constructeur japonais ces dernières années l'a incité à envisager un changement de philosophie.

Depuis plusieurs mois, Yamaha planche ainsi sur le développement d'un V4 et de toutes les modifications qu'il impliquera sur la moto, sans savoir si cela mènera à l'abandon de son quatre cylindres en ligne. Mais avant même d'avoir testé ce V4, Jack Miller a jeté un pavé dans la mare en estimant que son développement n'était pas une nécessité.

De retour chez Pramac cette année, l'Australien découvre à peine la Yamaha, après avoir piloté des Honda, Ducati et KTM toutes équipées de V4. Et malgré le manque de puissance souvent associé au quatre cylindres en ligne de sa moto, ce n'est selon lui pas un véritable problème sur la M1.

"Ça a l'air de fonctionner. Ce qu'il fait, il le fait très bien", a souligné Miller. "Je pense que ce débat sur un V4 ou pas, c'est une mode et je ne pense pas qu'il soit acquis qu'il faille un V4. Il y a du bon et du mauvais dans tout mais je pense que le quatre cylindres en ligne que nous avons actuellement est assez bon."

L'électronique est le véritable point faible

Bon, mais avec une marge de progrès selon Miller. Ce dernier estime que Yamaha doit se concentrer sur la gestion électronique, un domaine dans lequel Fabio Quartararo a déjà réclamé des améliorations par le passé. Fort de son expérience chez la concurrence, Miller estime que la Yamaha s'accommode difficilement des besoins de chaque circuit.

"Il y a du travail, c'est certain, mais ils travaillent dur au niveau de la stratégie et du logiciel pour les ingénieurs, pour qu'ils puissent faire des ajustements et des changements. Ce n'est pas le programme le plus simple à modifier pour faire des ajustements, que ce soit virage par virage, rapport par rapport ou autre – ce n'est pas le plus simple et ça demande du temps, mais ils en ont conscience. Ils essaient d'améliorer le temps de réaction et la qualité de l'électronique."

Jack Miller, Pramac Racing

Jack Miller

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

C'est précisément la phase entre la fin du freinage et le début de l'accélération que le pilote Pramac veut améliorer, pour gagner en gradualité : "Au freinage c'est vraiment bon, en milieu de courbe c'est assez bon. C'est juste que du milieu de courbe à la sortie, il peut être amélioré, comme dans le premier secteur [à Sepang] et même si le lien entre le moment où je relâche les freins et où j'accélère se réduit."

"Par rapport aux motos que j'ai eues par le passé, cette moto garde tellement de vitesse en courbe [qu'il faut améliorer] l'accélération, la façon d'accélérer pour ne pas être emmené vers l'extérieur et garder de la vitesse en courbe. Au virage 1, c'est assez clair pour moi, c'est un virage assez rond où il n'y a pas beaucoup de grip, on est longtemps sur la limite du pneu et on prend  une trajectoire un peu différente. Il faut travailler sur ça, en étant très bon au freinage."

"[Au test de Sepang], j'ai un peu joué avec les trajectoires, pour en comprendre différentes. Au virage 1, il n'y a pas besoin de tourner si tôt, je peux attendre un peu et freiner un peu plus en ligne puis plonger. La sortie est très similaire en termes de temps."

"C'est important de comprendre ces choses sur la moto. Il faut qu'on travaille un peu plus sur l'accélération, pour sortir un tout petit peu plus vite. Dans les virages les plus lents, comme l'avant-dernier et le dernier, je pense que c'est assez simple. C'est plutôt que dans les [virages] 5 et 6, dans les changements de direction, je me sens très rapide, la vitesse en milieu de courbe est bonne, c'est juste la connexion entre la remise des gaz au [virage] 6 et le transfert [qui ne sont pas parfaits]. La Yamaha a une longueur d'accélérateur très courte, et c'est une chose sur laquelle j'aimerais travailler."

Une adaptation naturelle

Malgré ces éléments à améliorer, Miller se montre très enthousiaste depuis le début de ses essais sur la Yamaha. Impressionné par les sensations procurées par la moto sur l'avant, il a rapidement pris ses marques et n'a "pas tant" eu à s'adapter à la nouvelle architecture moteur, se disant habitué à passer sur des machines différentes les unes des autres.

Jack Miller, Pramac Racing

Jack Miller découvre la Yamaha et rien ne le choque.

Photo de : Gold and Goose / Motorsport Images

"Les motos se pilotent différemment. Peu importe si c'est un V4, un quatre cylindres en ligne ou un monocylindre, tout se pilote différemment [et] en tant que pilote, tu peux comprendre les besoins de la moto. Je ne pense pas que mon style de pilotage ait changé. Tu fais ce que la moto te permet de faire : si la moto te permet de garder la vitesse maximale en courbe, c'est ce que tu vas essayer de faire. En tant que pilote, tu te dis 'oh merde, je peux tourner et si ça continue à tourner, je vais continuer à le faire, je vais continuer à travailler dans cette direction'."

"La plupart des pilotes moto peuvent s'adapter. C'est assez simple, on peut s'en sortir. C'est assez facile de comprendre ce que la moto attend de toi, ce dont elle a besoin de ta part. C'est différent, le moteur a un caractère différent mais c'est incroyable de pouvoir monter sur ces choses-là !"

"C'est différent, dans la courbe de puissance, etc., par rapport aux motos que j'ai pilotées", a ajouté Miller. "De Barcelone jusqu'[au test de Sepang], ça a pas mal évolué. C'est dur de tout oublier parce que j'ai eu des [moteurs très puissants] et maintenant le moteur en ligne. Peu importe si on a une Yamaha 450, une Honda 450 ou une motocross, la courbe de puissance est différente sur tous les moteurs donc il faut comprendre ce qu'il attend de toi."

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