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MotoGP GP de Malaisie

Moto brûlante : les pilotes Aprilia craignent un abandon sans solution

Aleix Espargaró, Maverick Viñales et Raúl Fernández espèrent des changements sur l'Aprilia dès Sepang pour éviter les problèmes de chaleur rencontrés à Buriram, au risque d'un nouvel abandon. Le règlement pourrait cependant empêcher la marque de faire évoluer sa moto.

Maverick Vinales, Aprilia Racing Team

L'Aprilia dégage souvent une forte chaleur, un problème exacerbé dans les courses avec des températures très élevées. Aleix Espargaró y a vu une cause potentielle de son abandon au GP d'Inde et la situation s'est aggravée en Thaïlande, où Miguel Oliveira, qui a abandonné en début de course, a été le seul épargné. Espargaró a craint pour sa vie tant sa moto était devenue brûlante, tandis que Maverick Viñales a dû renoncer et que Raúl Fernández a aussi failli jeter l'éponge.

Ce problème a concentré l'attention d'Aprilia ces derniers jours et Fernández espère des changements sur sa moto dès ce week-end à Sepang, où l'on annonce de la pluie mais où la température pourrait aussi poser problème.

"Ils essayent de faire quelque chose", a confirmé le pilote RNF. "Je ne vais rien dire, mais ils vont essayer de faire quelque chose. Quand on a fini la course, j'ai vu leur visage à tous et c'était difficile. Ils m'ont demandé pardon trois ou quatre fois, parce que ce genre de problème ne peut pas survenir, mais je leur ai dit de ne pas s'inquiéter. On sait qu'on a un problème, maintenant il s'agit de travailler et d'essayer de trouver une solution." 

Viñales n'est "pas sûr" que le souci sera corrigé dès ce week-end mais il espère quand même des progrès, au risque d'être une nouvelle fois incapable de voir l'arrivée. "Honnêtement, le problème date de l'année dernière, mais étant donné qu'Aleix et moi on est en très bonne condition physique, on l'a masqué", a précisé l'Espagnol. "Mais cette année, avec la nouvelle moto, c'est pire. C'était impossible [en Thaïlande]."

"En Inde, on leur a dit qu'il fallait qu'ils le résolvent, sans quoi on ne pourrait pas finir la course, et je n'ai pas terminé la course en Thaïlande. Franchement, en ce qui me concerne, c'était impossible. Il faut qu'ils apportent quelque chose, sinon ici ce sera un abandon à nouveau."

J'étais très en colère, honnêtement, donc je n'ai parlé à personne…

Viñales n'a pas pu évoquer directement le sujet avec Romano Albesiano, le directeur technique d'Aprilia, après la Thaïlande : "J'étais très en colère, honnêtement, donc je n'ai parlé à personne… C'est la réalité. La réalité, c'est que je m'attendais à un résultat différent, après le vendredi que j'avais fait."

"Je ne suis pas très confiant parce que je l'ai déjà souvent dit l'année dernière, et je pense qu'ils n'ont pas réalisé que le problème était si important", a-t-il ajouté, jugeant la situation "pire avec la nouvelle moto".

Aprilia risque d'être bloqué par le règlement

Si des doutes existent sur la capacité à apporter une solution dès le GP de Malaisie, c'est en partie parce que le règlement limite les équipes à deux carénages par saison et que certains changements risquent d'être interdits.

"Les ingénieurs ont beaucoup travaillé au cours des derniers jours", a précisé Espargaró. "Il faut comprendre que ce n'est pas facile actuellement avec les règlements sur les carénages, c'est vraiment difficile de changer des choses. Romano et les ingénieurs travaillent très, très dur. Je ne suis pas certain qu'on ait trouvé une solution mais je pense que l'on saura aujourd'hui si on peut modifier quelque chose pour dimanche."

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Aleix Espargaró

"Ils savent que ce n'est pas la première année que l'on a ce problème. C'était une course horrible en Thaïlande et j'ai fait de mon mieux pour la finir mais ça ne peut pas se reproduire, c'était très, très dangereux. J'espère qu'on aura une solution ou que la pluie nous aidera dimanche."

Interrogé sur l'intérêt de modifier le règlement pour permettre des changements liés à la sécurité, Espargaró trouve cette notion difficile à juger : "Par exemple, Maverick n'a pas pu finir la course, je l'ai finie. Où se situe la limite vu que j'ai fini ? Maverick est très fort, il s'entraîne très, très dur. C'est l'un des pilotes les plus en forme du paddock, j'ai pu finir et pas lui. Je ne dis pas que je suis Superman, j'ai dépassé la limite à 100%, mais c'est difficile de dire où placer la limite. Pour moi, on l'a dépassée en Thaïlande."

La chaleur émise par l'Aprilia a en effet demandé des efforts surhumains aux pilotes au GP de Thaïlande puisqu'ils la ressentaient au niveau du casque, ce qui provoquait des difficultés pour respirer. Raúl Fernández s'est vite retrouvé sans solution sur sa moto en course.

"Je ne sais pas combien de degrés on avait. Le problème pour moi c'est que, normalement, quand on arrive dans une ligne droite c'est le moment où on peut prendre de l'air et on se dit qu'on va se détendre un petit peu. Or, dans les dix premiers tours, je n'ai pas pris d'air en ligne droite. J'ai pris une bouffée d'air au moment où je me suis retrouvé en dehors de la moto, et quand je suis retourné sur la moto je me suis dit que je n'allais pas en prendre plus car ça allait être pire." 

"C'est comme si on ne 'nettoyait' pas l'air chaud", a ajouté Fernández. "Ça reste là et quand on prend une bouffée d'air, c'est trop chaud." 

Pour Viñales, devoir abandonner a été un véritablement déchirement, l'idée même de renoncer lui faisant mal, mais le pilotage devenait impossible : "Je n'abandonne jamais. J'ai couru avec beaucoup de blessures, mais je n'ai jamais abandonné. C'est dur ! Pour moi, ça a été très dur d'abandonner. J'ai manqué trois fois le freinage et je me suis dit 'Maverick, ça n'a pas de sens, il faut t'arrêter.' J'étais épuisé. Franchement, quand je suis descendu de la moto, mon rythme cardiaque était à 200, ça n'était vraiment pas bien." 

Si le problème se reproduit ce dimanche, Viñales fera son maximum pour voir l'arrivée : "Je vais courir, évidemment, je vais essayer d'y arriver jusqu'au dernier tour. Mais j'essaye aussi de comprendre par moi-même comment bien me rafraîchir pour essayer de faire un plus grand nombre de tours. Mais c'est dur à accepter. Au final, à Buriram, j'avais un gros rythme, donc je me serais probablement battu avec Fabio [Quartararo] et Aleix. Je ne sais pas… Je n'avais jamais abandonné [pour des raisons physiques]."

Avec Léna Buffa

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