Les pilotes Ducati défendent le spectacle du MotoGP
Pecco Bagnaia, Jorge Martín et Johann Zarco balaient les critiques sur le spectacle en MotoGP, estimant que les dépassements ne sont pas devenus impossibles.
Le Grand Prix d'Allemagne a été marqué par une domination inédite de Ducati, qui a placé ses huit pilotes parmi les neuf premiers à l'arrivée. Chez la concurrence, certains s'inquiètent du spectacle actuel offert par le MotoGP, pas seulement en raison de la domination des motos italiennes, mais aussi du nombre de dépassements.
Même si le Sachsenring est réputé pour la difficulté d'y doubler des rivaux, Aleix Espargaró a jugé le championnat "ennuyeux" et trop défini par les qualifications, faire la différence dans les courses en peloton étant devenu presque impossible selon lui. Miguel Oliveira a de son côté déploré la part prise par les motos dans les performances, ce qui ne permettrait plus aux pilotes de faire cette fameuse différence, contribuant ainsi à figer les classements.
Le clan Ducati dresse un état des lieux plus positif. Au cours du GP d'Allemagne, Jorge Martín et Pecco Bagnaia se sont livrés un duel pour la première place, avec certes peu de changements de positions, mais une touchette à un tour de l'arrivée a fait perdre le contact direct à l'Italien et nous a peut-être privés d'une dernière tentative de dépassement.
Pour Bagnaia, cette course a montré que la génération actuelle de motos n'empêchait pas les pilotes de s'affronter. "Ça n'est pas la première fois qu'on entend quelque chose comme ça, je me souviens l'avoir aussi entendu à Jerez et pourtant on avait fait une course pendant laquelle on n'avait fait que dépasser", a déclaré le Champion du monde 2022. "[Au Sachsenring], on a démontré que si on a la vitesse, on peut le faire."
Depuis un an, plusieurs phénomènes ont pourtant été mis en avant pour expliquer la difficulté à doubler. Quand un pilote est dans le sillage d'un rival, la température du pneu avant monte en flèche, ce qui fait aussi grimper la pression et limite l'adhérence. L'apparition des ailerons a aussi été critiquée, les motos étant parfois plus difficiles à manier quand un pilote en suit un autre, mais Bagnaia sent des progrès sur ce front.
"Pour moi, il y a aussi eu du changement parce que j'étais derrière Jorge et je n'ai pas senti de turbulences ou de mouvement. Peut-être que je m'habitue et les autres aussi, je ne sais pas. On progresse sur ce point et aussi sur la pression et la température du pneu avant. Selon moi, on progresse et [au Sachsenring] on a démontré que quand il y avait une possibilité, on dépassait. Pour moi, ça ne devient pas ennuyeux parce que ce serait impossible de dépasser."
Jorge Martín et Pecco Bagnaia
Jorge Martín est allé dans le sens de Bagnaia, ayant réussi à compenser des qualifications en sixième position pour remporter les deux courses du week-end. "Je pense que c'est un peu entre les mains de chaque pilote", a estimé le pilote Pramac. "Il faut estimer le moment, l'endroit. Ça n'est pas facile, mais dans le premier tour je suis passé de la sixième à la deuxième position, et [en course sprint] aussi. Bien sûr, je sens que c'est difficile de dépasser, ça n'est pas une piste sur laquelle c'est facile, mais il y a des pilotes qui arrivent mieux à dépasser et d'autres qui sont un peu [plus en difficulté]."
Pour Johann Zarco, c'est justement ce dernier élément qui compte le plus. Le Français a "pu être rapide dès le début du week-end" et a ainsi eu la capacité à faire la différence pour gagner des positions dans les deux courses du week-end. "On peut voir que c'est assez dur de se battre avec les autres pilotes au début, mais si on est juste un tout petit peu mieux quand ils sont un peu en difficulté avec le grip… Ce ne sont que quelques dixièmes, mais sur cette piste quelques dixièmes peuvent faire beaucoup parce qu'il y a beaucoup de tours, et donc on trouve une opportunité pour dépasser", a analysé Zarco.
"Avec mon style j'ai pu réussir un ou deux dépassements au virage 3, en le prenant serré, et dans les virages 10-11. Je n'ai pu passer personne au freinage du virage 1, où la plupart du temps on peut se battre, mais en ayant un bon rythme dans d'autres portions de la piste, on peut trouver des endroits [pour dépasser]."
Avec Léna Buffa
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