Zarco raconte son accident : "Je n'avais jamais vécu ça, c'était carrément flippant"
Lourdement accidenté à Barcelone dimanche, Johann Zarco a vécu des moments extrêmement douloureux et inquiétants, sur lesquels il met de premiers mots. Il avoue aussi regretter d'avoir pris le départ.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Johann Zarco a pour la première fois livré son explication sur l'accident terrible dont il a été victime dimanche, lors de la première relance du GP de Catalogne. Cinquième sur la grille, car il avait brillamment réussi à maintenir sa position de qualification dans la première partie de l'épreuve, il n'a pas été plus loin que le premier virage au moment du restart.
"Je suis aspiré par Marini et je n'arrive pas à m'arrêter pour l'éviter", raconte à L'Équipe le pilote LCR, qui en un instant se retrouve accroché à la Ducati de Pecco Bagnaia. "Je pars en tonneaux avec sa moto, et ma jambe gauche reste coincée entre la roue, la selle et l'échappement."
Dans une dynamique rarissime, Zarco se retrouve catapulté par la Ducati en perdition dans le bac à graviers, accroché à elle par son pied gauche, resté encastré dans le trou dans lequel il s'est fiché. Lorsque la moto s'arrête enfin, le Français est allongé sur le dos, la jambe bloquée dans la Ducati. Il reçoit immédiatement le soutien de Pecco Bagnaia et de Luca Marini, qui comprennent la gravité de la situation, ainsi que des commissaires qui envahissent la voie de dégagement en un rien de temps.
Zarco reste alors conscient mais la douleur est extrême. "Je suis bloqué dans le bac à graviers, je hurle de douleur, ma jambe commence à brûler, et tous ceux qui arrivent autour de moi n'osent pas me toucher de peur d'aggraver mes blessures", raconte-t-il.
"Alors, je tire sur ma jambe, et ils finissent par m'aider. Ils m'immobilisent, découpent ma combinaison, me perfusent pour que j'arrête de souffrir... Je n'avais jamais vécu ça, et c'était carrément flippant."
Johann Zarco s'en sort avec des blessures au genou et près de la cheville gauche.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
En à peine plus de dix minutes, le pilote français a pu être évacué de la zone et emmené en ambulance vers le centre médical du circuit puis vers l'hôpital. C'est lui-même qui, dans la soirée, révélera l'étendue de ses blessures, en l'occurrence une "petite fracture" du péroné, près de la cheville restée bloquée dans la Ducati, mais surtout des lésions au niveau des ligaments croisés antérieur et postérieur et du ménisque médial du genou gauche.
Zarco s'en veut d'avoir pris le second départ
À la suite de cet accident impressionnant, certains acteurs du championnat ont remis en question le fait que la grille de départ soit trop éloignée du premier virage dans ce circuit de Barcelone, permettant aux machines de prendre beaucoup de vitesse avant que la meute plonge à droite, voire questionné la fougue des pilotes.
Avec le recul, Johann Zarco s'en veut tout bonnement d'avoir pris ce second départ, sachant qu'il avait été touché par un débris dans le gros accrochage entre Álex Márquez et Pedro Acosta, qui avait entraîné l'interruption de la course. Son pied gauche lui faisait "un mal de chien", ce qui explique qu'il ait profité de la courte demi-heure de coupure pour essayer d'apaiser un hématome naissant par de la glace.
"Mon pied était déjà violet", explique-t-il. "On a mis de la glace sur l'hématome et la douleur s'est un peu estompée. C'est là que j'aurais dû prendre la décision de renoncer à la suite. Entre les images de l'accident d'Álex et ce coup sur le pied, ça m'a fait redescende. Je n'étais plus connecté quand on s'est remis en grille."
Et le Français avoue : "Ce deuxième départ, je m'en veux de l'avoir pris..."
Après une nuit à l'hôpital à Barcelone, Johann Zarco a rejoint la France lundi après-midi. Lyon, plus précisément, où il va être pris en charge par le Dr Bertrand Sonnery-Cottet, spécialiste du genou, à qui il confie la suite pour préparer une chirurgie qui devrait avoir lieu cette semaine. Pour la première fois de sa longue carrière, le vainqueur du GP de France 2025 se prépare à une longue convalescence, dont il ne connaîtra la durée qu'une fois que les médecins seront intervenus.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires