La dangerosité du premier virage de Barcelone pointée du doigt
Après l'accident dont a été victime Johann Zarco lorsqu'a été relancé le Grand Prix, plusieurs pilotes ont alerté sur la dangerosité du premier virage du Circuit de Barcelona-Catalunya. Il faudrait, selon eux, déplacer la grille de départ.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Au cœur de la journée éprouvante que le monde du MotoGP a vécue ce dimanche à Barcelone, un débat a été relancé au sujet du premier virage du circuit. C'est là que Johann Zarco a violemment chuté, en s'accrochant avec Pecco Bagnaia et Luca Marini au moment du restart ayant fait suite à l'interruption causée par l'accident d'Álex Márquez.
Deuxième sous le drapeau à damier, avant d'être pénalisé pour ne pas avoir respecté la pression pneumatique réglementaire, Joan Mir a rapidement mis la question de la dangerosité de cette portion de la piste sur la table.
"Je voudrais mentionner qu'à Barcelone, il se passe toujours quelque chose dans le premier virage", a pointé le pilote Honda, rappelant sa propre chute avec Brad Binder au départ du sprint, hier, ainsi que la double chute de Marco Bezzecchi et Fabio Di Giannantonio l'an dernier, qui s'est cette fois produite à l'entrée dans le deuxième tour.
"Il faut essayer de réfléchir à quelque chose pour faire en sorte que ce premier virage soit un peu plus sûr parce que le risque était élevé", a ajouté Joan Mir. "Il faut probablement qu'on en parle pour essayer d'éviter des situations difficiles à l'avenir. Trois départs ici, c'est peut-être trop, on a pris beaucoup de risques en faisant cela. On peut sans doute y réfléchir pour l'avenir et en parler."
Sorti vainqueur de cette journée, Fabio Di Giannantonio a abondé dans le sens de son collègue en proposant une solution : déplacer la grille de départ afin que les motos prennent moins de vitesse avant de plonger dans le premier virage lorsque la course s'élance.
"Je pense qu'on offre toujours un super spectacle en arrivant au premier virage avec une grosse vitesse. Sauf qu'en partant si loin du virage, on y arrive avec beaucoup de vitesse mais pas celle à laquelle on est habitués, donc à chaque fois on ne sait pas vraiment quel est le point de freinage parfait, si bien qu'une petite erreur devient une grosse erreur et entraîne un désastre", a décrit le pilote VR46.
"Je pense que tous les pilotes seraient d'accord pour dire que la meilleure chose à faire serait de partir le plus près possible du premier virage pour qu'on ait juste à le passer et que tout le monde prenne sa place dans ce 'serpent' que l'on forme."
"C'est sûr qu'arriver là en cinquième, avec une grosse vitesse et aussi beaucoup de turbulences avec l'aéro - parce que ça aussi, c'est un gros souci actuellement, car c'est complètement différent de se trouver au milieu d'autres motos ou bien derrière une moto qu'on essaye juste de dépasser - c'est une expérience qu'on ne fait que deux fois dans le week-end, pour le sprint et la course, et c'est vraiment très difficile d'être précis et de gérer cela."
La chute de Johann Zarco, Luca Marini et Pecco Bagnaia au restart du GP de Catalogne.
Photo de: Gold and Goose Photography / Getty Images
"Je suis complètement d'accord", a ajouté Joan Mir, "parce que je crois qu'on atteint ce premier virage en cinquième, le point de freinage est très long, il y a 20 motos qui s'arrêtent à cet endroit-là à 300 km/h, et il est certain que la marge d'erreur est très étroite. Peut-être qu'une solution serait d'avancer un peu la grille, pour qu'on atteigne ce premier virage avec un peu moins de vitesse."
"Je suis sûr qu'on va en parler et on va essayer de penser à la sécurité de tous. C'est un risque sur cette piste en tout cas et j'espère qu'on va résoudre ça pour l'avenir", veut croire le pilote Honda. La désertion de la commission de sécurité par les pilotes a pourtant fait parler récemment, alors même qu'il s'agit du rendez-vous qui leur permet d'échanger chaque week-end avec les officiels pour défendre leur point de vue sur ce type de sujets.
En attendant de savoir si l'avenir permettra de prendre des mesures pour améliorer le passage du premier virage, tous ont eu des mots de soutien pour les blessés. "Ça a probablement été l'une des courses les plus difficiles en termes de gestion mentale", a fait remarquer Joan Mir, "parce que ça n'est pas facile pour nous de voir ces énormes risques que l'on prend et de savoir deux collègues à l'hôpital."
"Ça n'est pas facile de remettre le casque et de continuer le spectacle. Ça n'est pas facile à gérer, il n'y a pas d'entraînement pour ça, il n'y a que l'expérience qui nous donne [la capacité de gérer cela]. Le plus important, c'est que Johann et Álex aillent bien et qu'on les revoie le plus vite possible."
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