600e GP de Sauber : 10 moments marquants de l'écurie en F1
Ce week-end à Imola, Sauber participera à son 600e Grand Prix en F1, si l'on compte ses courses sous les couleurs de BMW et d'Alfa Romeo. L'équipe suisse a connu son lot de hauts et de bas - nous avons rassemblé ses dix moments les plus marquants dans la discipline.
Photo de: Motorsport Images
Rétro : Dans l'Histoire des sports méca
Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.
Lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne 2025, Sauber - sous ses différentes formes - fêtera son 600e Grand Prix de Formule 1, si l'on compte les courses entre 2019 et 2023, lorsqu'elle concourait sous le nom d'Alfa Romeo. Au cours de cette période, l'écurie de Hinwil a connu des hauts fulgurants et des bas désastreux, dont certains ont failli la faire disparaître il y a une dizaine d'années. Pourtant, elle a bien survécu, et se métamorphosera même en une autre marque, Audi, la saison prochaine.
Pour célébrer ces 600 GP, nous avons sélectionné les moments les plus importants de Sauber dans la discipline. Il ne s'agit pas que de moments forts en soi, mais plutôt d'un condensé de son parcours en tant qu'équipe.
GP d'Afrique du Sud 1993 - Lehto marque les premiers points de l'équipe
Lehto est revenu d'un arrêt aux stands qui a duré deux tours et a remporté ses premiers points pour Sauber.
Photo de: Motorsport Images
Peu importe que Sauber ait initialement débarqué en F1 avec l'intention d'endosser le rôle d'équipe officielle Mercedes - la mention "concept by" apposée devant le logo Mercedes-Benz sur le capot moteur signalait clairement que ce n'était pas le cas. Malgré un soutien timide de Mercedes au fil de la saison, Sauber a fait forte impression en rejoignant la Formule 1 après plusieurs années de succès en endurance.
Premier élément marquant : la Sauber C12 était véritablement une œuvre d'art. Sous la direction de Harvey Postlethwaite, l'équipe a conçu une voiture aux lignes élégantes, habillée d'une livrée entièrement noire, à peine perturbée par la présence de quelques sponsors. Dans le contexte de l'époque, cela laissait penser que les finances de l'écurie n'étaient peut-être pas au beau fixe, d'autant plus que Sauber faisait son apparition alors qu'une grande partie des équipes du plateau avait mis la clé sous la porte au cours des dernières années. Ce doute a rapidement été dissipé dès que les voitures, pilotées par JJ Lehto et Karl Wendlinger, ont pris la piste.
La C12 s'est immédiatement révélée compétitive. Les deux pilotes ont intégré le top 10 sur la grille lors de l'ouverture de la saison à Kyalami, avec Lehto en sixième position - à près de trois secondes tout de même de la pole d'Alain Prost (1'15"696) - et Wendlinger dixième, à trois dixièmes de son coéquipier. Grâce à un départ canon (et illégal) de Wendlinger et à un tête-à-queue de Damon Hill, les deux Sauber occupaient les quatrième et cinquième places à la fin du premier tour, même si l'Autrichien a rapidement écopé d'un stop-and-go pour départ anticipé.
La C12 a toutefois connu quelques soucis de jeunesse : Lehto s'est arrêté à la fin du sixième tour à cause d'un problème sur sa boîte de vitesses, ce qui lui a fait perdre deux tours. Wendlinger, de son côté, a dû abandonner avant la mi-course en raison de problèmes électriques. Mais Lehto a fini par être récompensé : grâce à un rythme solide, le Finlandais a livré une très belle prestation, réussissant à éviter de se faire prendre un tour supplémentaire par les leaders. Il a poursuivi sans erreur et, profitant des nombreux abandons, s'est retrouvé dans les points en fin de course après la sortie de piste de Derek Warwick. Il a ensuite transformé cette sixième place en cinquième lorsque le moteur Ferrari de Gerhard Berger a rendu l'âme.
GP d'Italie 1995 - Frentzen offre à Sauber son premier podium
Frentzen a permis à Sauber d'inscrire son premier podium après seulement trois saisons en F1.
Photo de: Motorsport Images
En 1995, Sauber avait solidement établi sa place en Formule 1. L'écurie avait inscrit 12 points lors de chacune de ses deux premières saisons, même si elle n'avait pas totalement échappé au fameux "syndrome du deuxième album" : Karl Wendlinger avait en effet été victime d'un terrible accident lors des essais à Monaco en 1994, qui l'avait écarté du reste de la saison. L'Autrichien était revenu en 1995, mais les séquelles de son crash se faisaient sentir, et il n'était plus que l'ombre de lui-même. C'est donc Heinz-Harald Frentzen qui a pris les rênes de l'équipe, Wendlinger et Sauber décidant à contrecœur de se séparer, tandis que Jean-Christophe Boullion ne parvenait pas à suivre le rythme de l'Allemand.
Sauber s'était également séparée de Mercedes après une longue collaboration. Le constructeur allemand s'était tourné vers McLaren, et Sauber avait entamé une nouvelle relation avec Ford - un mariage de convenance, Ford ayant perdu Benetton au profit de Renault.
Frentzen a régulièrement marqué des points avec la Sauber arborant pour la première fois une livrée Red Bull, notamment avec trois points lors des trois premières courses. Les points ont continué à s'accumuler lentement, maintenant l'équipe dans une lutte avec Ligier et Jordan pour la cinquième place - voire avec McLaren pour la quatrième - au championnat constructeurs. Mais alors que Ligier avait décroché un podium en Belgique grâce à Martin Brundle, et que Jordan avait déjà signé un doublé (deuxième et troisième places) à Montréal, Sauber n'avait encore jamais accédé au podium.
Rien ne laissait vraiment penser que Monza allait changer cela, d'autant que Frentzen, parti dixième, s'est fait dépasser au départ par Brundle et Eddie Irvine. Mais la course a été marquée par une attrition étonnante à l'avant du peloton. Le poleman David Coulthard avait déjà évité une pénalité pour un tête-à-queue lors du tour de formation, mais un problème de roue a ensuite mis fin à sa course. Damon Hill a ensuite percuté Michael Schumacher alors que les deux leaders prenaient un tour à Taki Inoue. Plus tard, les deux Ferrari ont abandonné de façon inattendue : la caméra embarquée de Jean Alesi s'est détachée et a percuté la suspension avant-gauche de la voiture de Gerhard Berger, avant que le Français ne soit plus tard contraint à l'abandon.
Ces incidents ont permis à Frentzen de gagner plusieurs positions. Il avait déjà repassé Brundle dans les premiers tours, puis a dépassé Irvine et Mark Blundell grâce à un arrêt parfaitement exécuté, qui lui a offert un bel undercut. À l'arrivée, et grâce à l'abandon tardif d'Alesi, Frentzen a décroché la troisième place, derrière Johnny Herbert et Mika Häkkinen - offrant ainsi à Sauber le tout premier podium de son histoire en Formule 1.
GP de Hongrie 1997 - Herbert, arbitre du duel Villeneuve/Hill
Herbert a fait preuve d'une grande rapidité sur les Goodyear en Hongrie, un jour où les Bridgestone régnaient en maîtres.
Photo de: Motorsport Images
Bien que Sauber ait perdu son contrat avec Ford au profit de Stewart après seulement deux saisons, elle a réussi à obtenir un partenariat moteur qui jusqu'à et après l'ère BMW, en concluant un accord avec Ferrari pour reprendre ses moteurs de 1996 et les faire badger par Petronas.
La Sauber C16 de cette année-là était une monoplace plutôt compétitive, que Johnny Herbert a su mener à plusieurs résultats impressionnants : le Britannique s'est qualifié dans le top 8 lors de quatre des cinq premières courses. Il a inscrit la quasi-totalité des points de l'équipe cette saison-là, à l'exception du seul point marqué par Nicola Larini lors de la manche d'ouverture en Australie. Herbert aurait d'ailleurs pu viser un bon résultat à Melbourne, où son excellent départ lui permettait d'envisager la troisième place dès le premier virage… jusqu'à ce qu'Eddie Irvine l'élimine en faisant de lui une victime collatérale de l'accrochage avec Jacques Villeneuve.
Herbert avait déjà obtenu un podium chanceux pour Sauber en 1996, à Monaco, mais sa performance au Hungaroring en 1997 était bien plus méritante. Ce jour-là, les pneus Bridgestone se sont révélés plus performants sous les fortes chaleurs, tandis que les Goodyear offraient des résultats inégaux. Herbert a toutefois réussi à tirer le meilleur des gommes américaines, notamment en dépassant les deux Benetton dès le premier tour. Les Ferrari, engagées sur une stratégie à trois arrêts, ont également cédé la position en piste, et Herbert, aussi rapide que Schumacher, a empêché ce choix stratégique de porter ses fruits.
Lorsque David Coulthard a abandonné alors qu'il occupait la troisième place, Herbert en a profité pour s'emparer du podium - le premier de l'ère Sauber-Ferrari, et aussi le dernier de sa carrière avec l'équipe, la saison 1998 s'annonçant bien plus compliquée pour le pilote originaire de l'Essex.
GP d'Australie 2001 - Une année compétitive entamée par une double entrée dans les points
Heidfeld a marqué ses premiers points en F1 du côté de l'Albert Park après des débuts difficiles chez Prost.
Photo de: Motorsport Images
Après 1997, Sauber avait entamé une phase de déclin. Le podium de Jean Alesi à Spa-Francorchamps en 1998 fut la seule apparition de l'équipe sur "la boîte" durant les trois saisons suivantes. La structure suisse était alors perçue comme une écurie de milieu de grille peu ambitieuse, peinant à attirer des pilotes de renom. Alesi quitta l'équipe fin 1999 pour rejoindre Prost, Pedro Diniz raccrocha son casque fin 2000, et Mika Salo préféra passer 2001 à tester la future F1 de Toyota plutôt que de courir pour Sauber.
Peter Sauber se vit alors contraint de revenir à ses fondamentaux : miser sur la jeunesse plutôt que sur l'expérience. Il recruta d'abord Nick Heidfeld, alors membre du programme junior McLaren, qui s'était discrètement illustré en 2000 face à Alesi au volant d'une Prost très peu fiable. De nombreux concurrents du milieu de peloton ont été associés au second baquet Sauber - Alex Wurz, Ricardo Zonta et autre, alors que Red Bull tentait de placer son protégé Enrique Bernoldi. Mais Peter Sauber reçut un coup de fil de David Robertson, manager de Jenson Button, lui proposant d'essayer un jeune Finlandais nommé Kimi Räikkönen.
Le Finlandais ne possédait qu'une Super Licence provisoire, n'ayant participé qu'à 23 courses de monoplace. Toutefois, ses débuts dans la discipline ont plutôt montré que cela n'avait pas vraiment d'importance.
Lors des qualifications en Australie, Heidfeld plaça sa Sauber C20 en dixième position, tandis que Räikkönen signait le 13e temps pour sa première séance officielle en F1. Après un accrochage tragique entre Ralf Schumacher et Jacques Villeneuve en début de course - puisqu'il coûta la vie à un commissaire de piste -, Heidfeld grimpa en huitième, puis en septième position à la relance. Les abandons de Mika Häkkinen et Jarno Trulli lui permirent de franchir la ligne en cinquième place.
De son côté, Räikkönen perdit quelques places au départ, mais remonta rapidement après la période de Safety car. Il dépassa successivement Jean Alesi, Jenson Button puis Giancarlo Fisichella pour se retrouver septième à l'arrivée. La sanction infligée à Olivier Panis pour un dépassement sous drapeaux jaunes fit ensuite remonter Heidfeld à la quatrième place, et Räikkönen à la sixième, lui offrant ainsi un point dès son premier Grand Prix.
Cette entame marqua un tournant pour l'écurie suisse, qui termina quatrième du championnat constructeurs cette année-là - une résurrection inattendue après ses années d'errance autour de l'an 2000. Et c'est finalement le rookie finlandais, impressionnant de calme et de vitesse, qui fut choisi par McLaren pour remplacer Mika Häkkinen en 2002, coiffant Heidfeld au poteau.
GP de Hongrie 2006 - Premier podium BMW, première course de Kubica
Heidfeld a décroché le premier podium de l'équipe BMW au GP de Hongrie 2006, qui s'est déroulé sous la pluie.
Photo de: Sutton Images
Divers événements ont rapproché BMW et Sauber, mais le déclencheur principal de leur union a été la détérioration des relations entre la marque allemande et Williams. Désireuse de jouer un rôle plus influent, BMW a décidé de changer de cap en emmenant ses moteurs ailleurs, et a acheté une participation majoritaire chez Sauber — une équipe qui cherchait justement de nouveaux actionnaires depuis le départ de Red Bull quelques saisons plus tôt. Le nom Sauber a été conservé aux côtés de BMW, principalement pour éviter les complications liées aux droits télévisés.
Après avoir impressionné les cadres de BMW lors de son passage chez Williams en 2005, Nick Heidfeld a été appelé chez Sauber la saison suivante. Pour assurer une certaine continuité, Jacques Villeneuve a été conservé malgré une saison moyenne, où il avait été largement éclipsé par Felipe Massa, futur pilote Ferrari. Bien que le champion du monde 1997 ait inscrit les premiers points de BMW en tant qu'équipe officielle en Malaisie, il a été nettement dominé par Heidfeld — et BMW cherchait déjà un moyen d'intégrer son prometteur pilote de réserve, Robert Kubica.
Champion en titre de la Formula Renault 3.5, Kubica s'était fait remarquer en tant que troisième pilote chez BMW, à une époque où le règlement autorisait certaines équipes à aligner une voiture supplémentaire le vendredi. Lorsqu'en Hongrie, Villeneuve a eu un accident et s'est plaint de douleurs mineures, le directeur de BMW, Mario Theissen, a saisi l'occasion pour "mettre au repos" le Canadien et offrir sa chance à Kubica.
Sous la pluie, Heidfeld a signé le meilleur résultat de l'équipe en terminant troisième — derrière Jenson Button, vainqueur pour la première fois, et Pedro de la Rosa, remplaçant chez McLaren. Mais c'est bien Kubica qui a attiré l'attention : le Polonais a battu son coéquipier en qualifications dès sa première tentative, et a franchi la ligne d'arrivée en septième position, justifiant ainsi la décision de BMW de le titulariser.
Sa disqualification fut toutefois une fausse note : la voiture de Kubica était en dessous du poids réglementaire, et ses deux points lui furent retirés. Deux courses plus tard, il montait sur le podium à Monza — une nouvelle preuve éclatante de son potentiel. Même les plus fervents partisans de Villeneuve avaient bien du mal à contester ce choix.
GP du Canada 2008 – La seule victoire en F1 de Kubica (et de Sauber)
Kubica et Heidfeld célèbrent leur doublé pour BMW à Montréal.
Photo de: Sutton Images
C'est sans doute le moment le plus fort de l'histoire de Sauber. Après s'être imposée comme candidate régulière au podium en 2007, BMW avait nettement haussé son niveau en 2008, suffisamment pour s'intercaler entre les Ferrari et les McLaren si les circonstances s'y prêtaient. Grâce à la disqualification de McLaren du championnat constructeurs 2007, BMW avait décroché la deuxième place et espérait, avec optimisme, faire encore mieux.
Bien que Heidfeld ait mené l'équipe en 2007, Kubica avait désormais l'avantage avec la voiture de 2008. Heidfeld avait terminé deuxième lors de l'ouverture en Australie, Kubica avait pris la deuxième place en Malaisie, puis obtenu la troisième position après être parti en pole à Bahreïn. Le début de saison fut marqué par des hauts et des bas : parfois McLaren dominait, parfois Ferrari - BMW attendait son heure.
Elle arriva à Montréal, avec un petit coup de pouce de Lewis Hamilton. Le Britannique menait confortablement devant Kubica dans les premiers tours mais, lorsque Adrian Sutil sortit de piste au virage 3 au 16e tour, la voie des stands devint très fréquentée. Hamilton connut un arrêt plus long que Kubica et Räikkönen, et ressortit juste derrière eux dans la pitlane – mais à l'époque, la sortie des stands pouvait être fermée en pleine course en cas de Safety Car. Räikkönen et Kubica attendaient donc à la sortie, ce que Hamilton ne vit pas. Arrivant trop vite, il eut littéralement le choix du pilote contre lequel s'accidenter.
Il heurta Raikkonen, et Nico Rosberg fit de même juste derrière. Kubica en sortit indemne, ce qui lui permit de partir à la chasse du nouveau leader de la course – Heidfeld, qui était sur une stratégie à un seul arrêt. Kubica, lui, sur une stratégie à deux arrêts, rattrapa et dépassa son coéquipier, puis creusa suffisamment l'écart pour ressortir avec cinq secondes d'avance après son second arrêt. BMW réalisa ainsi son tout premier (et seul) doublé – et Kubica prit la tête du championnat pilotes.
Mais les espoirs du Polonais de maintenir cette dynamique s'évanouirent vite ; BMW décida de concentrer ses efforts sur la saison 2009 durant la seconde moitié de l'année, au grand dam de Kubica. Reste que sa performance à Montréal fut impressionnante, d'autant plus qu'elle intervint un an après son spectaculaire accident sur ce même circuit.
GP de Malaisie 2012 – Pérez tout proche de battre Alonso
Pérez a bravé des conditions difficiles et était dans les échappements d'Alonso pour prendre la tête de la course, mais il a commis une erreur.
Photo de: Sutton Images
Entretemps, BMW avait produit une voiture médiocre en 2009, accepté de vendre l'équipe à une société appelée Qadbak Investments – qui s'est révélée être une coquille vide sans actifs réels – avant de finalement la revendre à Peter Sauber après l'échec de l'accord initial. De manière assez cocasse, l'écurie courut sous le nom de "BMW Sauber-Ferrari" en 2010, avant de reprendre son ancien nom la saison suivante, tout en retrouvant peu à peu sa place dans le milieu de grille, portée par le spectaculaire Kamui Kobayashi et le rookie Sergio Pérez.
Pérez se fit rapidement une réputation en tant que pilote extrêmement précautionneux avec ses pneus – une qualité précieuse avec les Pirelli de 2012. Cette année-là, les pneumatiques jouèrent un rôle majeur : sept pilotes différents remportèrent les sept premières courses, et cela aurait pu être huit sur huit si Pérez avait réussi à battre Fernando Alonso en Malaisie.
Le Mexicain s'élança depuis la neuvième place, la majorité du peloton chaussant les pneus intermédiaires – toutefois la piste de Sepang était en réalité plus détrempée qu'elle n'en avait l'air. Pérez opta pour les pneus pluie dès le premier tour. Tandis que la plupart des pilotes persistaient quelques tours de plus avant de changer, cette décision permit à Pérez de grimper jusqu'à la troisième place, tant l'adhérence offerte par ses pneus à flancs bleus était supérieure.
Au neuvième tour, la course fut interrompue par un drapeau rouge à cause de la pluie toujours plus forte, et reprit quelques tours plus tard derrière la voiture de sécurité. Lorsque Button rentra aux stands pour repasser les intermédiaires avant la relance, Pérez se retrouva deuxième, puis brièvement en tête après que Hamilton imita son coéquipier un tour plus tard. Alonso suivit Hamilton, mais un arrêt catastrophique de ce dernier permit à la Ferrari de ressortir devant les deux McLaren – Button ayant probablement changé ses pneus un tour trop tôt.
Pérez manqua d'adhérence dans le premier enchaînement de virages, ce qui permit à Alonso de se positionner à l'extérieur et de dépasser la Sauber pour prendre la tête. L'Espagnol construisit alors une avance, qui atteignit un pic au 30e tour (7,7 secondes), avant que Pérez ne commence à revenir. À la fin du 34e tour, l'écart était réduit à 5,7 secondes ; à la fin du 38e tour, il n'était plus que de 2,3 secondes. Les pneus intermédiaires de la Ferrari étaient clairement en fin de vie.
Lorsque Pérez revint à moins d'une seconde, Alonso rentra pour chausser les slicks, et Sauber décida de faire un tour de plus – une décision qui ne paya pas du tout, puisque le Mexicain se retrouva relégué à plus de sept secondes. Malgré l'avantage d'Alonso, qui roulait en pneus médiums contre les durs de Pérez, ce dernier parvint rapidement à réduire l'écart et se retrouva dans le sillage de l'Espagnol à la fin du 49e tour. Il bénéficia du DRS au début du 50e tour et semblait prêt à tenter une attaque, mais un message de son équipe l'enjoignant à minimiser les risques sembla le déstabiliser – il tira tout droit au virage 14, ce qui mit fin à sa remontée et le contraignit à se contenter de la deuxième place.
GP d'Australie 2015 – Le jackpot après une saison blanche (et un procès) en 2014
Nasr a réalisé une excellente première course, au milieu dans le contexte de litiges contractuels, pour marquer des points sur l'Albert Park.
Photo de: Charles Coates / Motorsport Images
Sauber avait réalisé une saison 2013 plutôt correcte, marquée par la montée en puissance de Nico Hülkenberg lors de sa seule année avec l'équipe. Mais 2014 fut catastrophique : ni Adrian Sutil ni Esteban Gutiérrez n'entrèrent dans le top 10, ce qui laissa l'écurie suisse sans point pour la première fois de son histoire. À cela s'ajoutaient de grandes difficultés financières, aggravées par le fait d'avoir terminé derrière Manor Marussia au classement constructeurs.
Pour 2015, l'équipe dut se résoudre à engager deux pilotes payants : Marcus Ericsson et Felipe Nasr. Le problème, c'est qu'elle avait déjà signé un autre pilote apportant un budget : le réserviste Giedo van der Garde. Le Néerlandais estimait que son contrat de titulaire n'avait pas été respecté, et un arbitrage en Suisse lui donna raison. L'affaire fut ensuite portée devant la Cour suprême de l'État de Victoria quelques jours avant le premier Grand Prix de la saison, qui confirma également que Van der Garde avait droit à son volant. Sauber tenta de se défendre en arguant que la voiture ne pouvait pas être adaptée à sa morphologie à temps, mais perdit aussi en appel.
Van der Garde fut même aperçu dans le paddock de Melbourne portant la combinaison d'Ericsson, bien que Sauber ne l'ait jamais inscrit officiellement pour rouler. Par crainte de voir ses actifs saisis, l'écurie renonça à participer à la première séance d'essais libres. Ericsson et Nasr prirent finalement part à la deuxième séance, Van der Garde ayant renoncé à courir. Il reçut par la suite environ 16 millions de dollars en compensation pour l'annulation de son contrat et le remboursement des sommes déjà versées.
Ce scandale aurait pu faire de l'ombre au bon début de saison de Sauber, mais une fois le week-end lancé, l'équipe brilla. Dans une course marquée par de nombreuses abandons : Kevin Magnussen (remplaçant Alonso après son mystérieux accident en essais), Valtteri Bottas (blessé au dos) et Daniil Kvyat (problème technique) furent éliminés avant même le départ. L'abandon des deux Lotus permit à Nasr de grimper jusqu'à la sixième place - qui devint la cinquième après avoir dépassé Carlos Sainz lors d'une relance sous voiture de sécurité. Plus tard, Ericsson doubla lui aussi Sainz pour prendre la huitième place. Après avoir inscrit zéro point sur toute la saison 2014, Sauber en comptait déjà 14 après la première manche de 2015.
GP du Brésil 2016 – Les points de Nasr sauvent Sauber mais gâchent sa carrière en F1
Nasr a marqué deux points pour permettre à Sauber de toucher le gros lot, mais ses espoirs de rester sur la grille de départ avec Manor ont été anéantis.
Photo de: Jose Maria Rubio
Sauber ne parvint pas vraiment à rebondir après cela. L'équipe avait montré de belles choses par moments en 2015, mais le manque de moyens financiers rendait toute évolution durant la saison très difficile. En 2016, elle replongea au classement et se retrouva à lutter en fond de grille avec l'écurie Manor - même les nouveaux venus de Haas avaient dépassé les équipes du bas de tableau. Avec peu de sponsors en dehors de ceux apportés par Nasr et Ericsson, et après avoir dû verser son indemnité à Van der Garde, Sauber semblait au bord du gouffre.
Le point marqué par Pascal Wehrlein pour Manor lors du Grand Prix d'Autriche fragilisa encore davantage l'équipe suisse, dont le compteur est resté à zéro pendant une grande partie de la saison. Mais un sauveur se profilait : le milliardaire suédois de TetraPak, Finn Rausing, faisait partie du groupe d'investisseurs Longbow Finance qui reprit les rênes de l'équipe.
Malgré cela, Sauber semblait se diriger vers une saison sans aucun point - ce qui signifiait aussi la perte des revenus versés par la FOM (Formula One Management) aux dix premières équipes du championnat. Lors de l'avant-dernière manche, au Brésil, Ericsson et Nasr signèrent les deux dernières places en qualifications, mais gagnèrent chacun une position après la pénalité d'Esteban Ocon (Manor), coupable d'avoir gêné Jolyon Palmer en Q1.
La course débuta sous voiture de sécurité, et quelques tours après la relance, Ericsson sortit de la piste au 13e tour, provoquant l'entrée d'un nouveau Safety Car. Pendant que de nombreux pilotes passaient aux pneus intermédiaires, Nasr restait en pneus pluie et remontait jusqu'en neuvième position - puis huitième, septième… et même sixième à un moment, entre deux drapeaux rouges.
Lorsque la course reprit définitivement, Nasr ne put résister bien longtemps face à des voitures plus rapides : Hülkenberg, Max Verstappen et Daniel Ricciardo le dépassèrent successivement, reléguant le héros local à la neuvième place - avec Esteban Ocon juste derrière, prêt à l'attaquer pour tenter de lui prendre les deux derniers points. Mais Fernando Alonso dépassa Ocon, sortant le Français des points, et Nasr conserva la neuvième place, synonyme de deux points cruciaux pour Sauber.
Ce fut cependant préjudiciable à sa propre carrière en Formule 1. Nasr était en effet en discussions avec Manor pour un volant en 2017, Wehrlein étant pressenti pour rejoindre Sauber. Mais la perte des revenus du attribués aux dix premières équipes tua l'écurie britannique, car Stephen Fitzpatrick, magnat de l'énergie et propriétaire de Manor depuis 2015, ne parvint pas à lui trouver un repreneur.
GP d'Azerbaïdjan 2018 - Les premiers points de Leclerc en F1
Leclerc a inscrit ses premiers points en F1 lors d'une course loufoque à Bakou.
Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images
Depuis ce Grand Prix du Brésil 2016 qui a sauvé les meubles, Sauber a connu une profonde transformation sous une nouvelle direction. Le premier grand changement fut l'arrivée d'un nouveau directeur d'équipe, Frédéric Vasseur, qui avait quitté Renault fin 2016 à la suite d'un conflit avec le directeur général Cyril Abiteboul. Vasseur annula un accord moteur avec Honda mis en place par sa devancière Monisha Kaltenborn, et opta à la place pour un partenariat avec Ferrari pour bénéficier de moteurs actuels – plutôt que les blocs vieux d'un an que l'équipe utilisait encore en 2017.
Ce choix ouvrit la voie à un contrat de sponsoring-titre avec Alfa Romeo, qui devint un accord de naming à part entière entre 2019 et 2023. En raison de ce rapprochement avec Ferrari, Pascal Wehrlein perdit sa place – remplacé par le champion en titre de Formule 2, Charles Leclerc, recruté pour la saison 2018.
Le jeune Monégasque, au visage juvénile, connut des débuts difficiles, étant devancé en qualifications par Ericsson lors des deux premières. Mais dès la troisième course, en Chine, il qualifia sa Sauber C37 avec une avance de plus d'une demi-seconde sur son coéquipier. Puis, à Bakou, Leclerc se qualifia pour la première fois en Q2.
En F2, Leclerc s'était déjà illustré comme un spécialiste du circuit urbain : il y avait signé la pole, remporté la course longue et terminé deuxième de la course sprint, juste après le décès de son père, ce qui avait marqué son parcours vers le titre.
La Grand Prix d'Azerbaïdjan 2018 débuta dans la confusion, avec un accrochage entre Räikkönen et Ocon, et Sergey Sirotkin coincé entre Alonso et Hülkenberg. Leclerc profita du chaos et se retrouva dans les points au moment où la voiture de sécurité s'effaça. Le rookie s'illustra ensuite en dépassant Pierre Gasly et Lance Stroll pour continuer sa remontée, avant de redescendre brièvement à la dixième place après les arrêts au stand.
Lorsque Ricciardo et Verstappen s'accrochèrent, il remonta à la huitième position, puis à la septième après que Romain Grosjean perdit le contrôle de sa voiture sous Safety Car. Enfin, lorsque Valtteri Bottas creva alors qu'il menait la course, Leclerc grimpa à la sixième place - lançant ainsi véritablement sa saison.
Il termina l'année en grande forme, alors que Sauber progressait nettement dans la seconde moitié de saison. Cette montée en puissance posa les bases de son futur passage chez Ferrari.
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