L'accident de Bearman provoque une gestion de crise à la FIA
L'accident d'Oliver Bearman, heureusement indemne à Suzuka, provoque de sérieuses inquiétudes dans le paddock. La FIA voit la tempête venir.
Photo de: Kym Illman - Getty Images
Y aura-t-il un avant et un après Suzuka pour le règlement 2026 ? L'accident spectaculaire dont a été victime Oliver Bearman lors du Grand Prix du Japon provoque en tout cas de vives réactions. Chez les pilotes, en premier lieu, avec une colère manifestée par Carlos Sainz, directeur du GPDA. Puis à la FIA, confrontée à une évidente gestion de crise pour laquelle la pause forcée du mois d'avril ne sera peut-être pas de trop.
Contusionné mais indemne après avoir perdu le contrôle à 308 km/h et subi un impact mesuré à 50 g, Oliver Bearman a été la première victime des différentiels de vitesse provoqués par la gestion d'énergie des F1 2026. Le pilote britannique est sorti de la piste dans le virage de Spoon après avoir évité de justesse Franco Colapinto, qui roulait au moins 50 km/h moins vite que lui.
Carlos Sainz, en découvrant les images après la course, ne pouvait que s'afficher dans le camps des "Je vous l'avais bien dit", en manifestant une colère froide.
"Nous avons averti la FIA que ces accidents allaient se multiplier avec ce règlement et que nous devons changer quelque chose rapidement si nous voulons les éviter", a-t-il expliqué à Sky Sports. "J'espère que ça servira d'exemple et que les équipes écouteront les pilotes plutôt que les gens qui disent que les courses sont OK, car ce n'est pas le cas."
L'argument de la sécurité bientôt brandi ?
L'intervention de la voiture de sécurité à Suzuka.
Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images
Après l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite en raison de la Guerre d'Iran, les dirigeants de la F1, de la FIA et des écuries ont prévu de se rencontrer le 9 avril prochain pour faire un nouveau point d'étape sur le nouveau cycle réglementaire. Alors que les qualifications étaient une priorité, les courses pourraient tout à coup le devenir aussi.
L'instance internationale, elle, n'a pas tardé à réagir en souhaitant apporter, dimanche, "des clarifications" en raison de l'accident de Suzuka.
"Depuis leur introduction, les règles 2026 font l'objet de discussions continues entre la FIA, les équipes, les motoristes, les pilotes et la FOM", rappelle la FIA. "Tels qu'ils sont conçus, ces règlements incluent un certain nombre de paramètres ajustables, notamment en ce qui concerne la gestion de l'énergie, qui permettent une optimisation basée sur des données issues des conditions réelles."
"La position constante de l'ensemble des acteurs a été qu'un examen structuré aurait lieu après la phase d'ouverture de la saison, afin de permettre la collecte et l'analyse de données suffisantes. Plusieurs réunions sont donc prévues en avril pour évaluer le fonctionnement des nouveaux règlements et déterminer si des ajustements sont nécessaires."
"Toute modification potentielle, en particulier celles liées à la gestion de l'énergie, nécessite des simulations rigoureuses et une analyse détaillée. La FIA continuera de travailler en étroite et constructive collaboration avec tous les acteurs afin d'assurer le meilleur résultat possible pour la F1, et la sécurité restera toujours un élément central de la mission de la FIA."
Sur le fond, le calendrier ne change pas, mais l'attitude de la FIA montre clairement que les événements du Grand Prix du Japon seront pris au sérieux, sans forcément sur-réagir. "À ce stade, toute spéculation concernant la nature d'éventuels changements serait prématurée", conclut la fédération internationale. "D'autres informations seront communiquées en temps voulu."
La question de la sécurité est un levier majeur, non seulement parce qu'elle est la préoccupation essentielle de la FIA, mais aussi parce qu'elle pourrait lui permettre d'intervenir sur certains points sans le consentement obligatoire de la majorité des écuries.
Cette hypothèse n'échappe d'ailleurs pas à Max Verstappen, pourfendeur du règlement 2026 depuis des mois. "Si tout est une question de sécurité, il est facile de régler les choses", a-t-il estimé en découvrant l'accident de Bearman. "On peut utiliser l'argument de la sécurité pour beaucoup de choses. Donc peut-être qu'on devrait employer le mot sécurité, afin de finalement apporter des changements."
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