Les blocages dans les stands en qualifs F1, un mal nécessaire ?
Pour les pilotes de Formule 1, les petits soucis dans les stands en qualifications sont le prix à payer pour une solution qui évite les problèmes de trafic sur la piste.
Depuis l'an passé, la FIA tente de mettre en place des solutions pour éviter les situations dangereuses en piste lors des qualifications, où des voitures sur un tour lancé trouvent sur leur chemin des monoplaces très lentes, soit en tour de préparation, soit en tour de décélération. Plusieurs idées ont été testées et l'expérimentation a continué lors du Grand Prix de Bahreïn la semaine passée.
Initialement, il avait été décrété que les pilotes devraient respecter un temps maximum entre les postes de commissaires. Cette solution a toutefois été abandonnée quand il s'est avéré qu'elle pourrait susciter des problèmes lors de tests menés pendant les essais. Aussi, il a simplement été décidé de fixer un temps maximum pour que les pilotes fassent un tour une fois sortis des stands.
Cette solution oblige souvent les concurrents à être très lents voire à l'arrêt dans les stands, le temps que les pilotes devant eux créent un écart suffisant pour s'élancer après qu'une monoplace ait quitté la voie des stands, forçant les suivants à faire de même. Quand bien même cela n'est pas idéal, plusieurs pilotes de F1 estiment qu'il s'agit d'une meilleure solution que de voir des voitures ralentir excessivement sur la piste pour se trouver éventuellement sur le passage de monoplaces lancées à pleine vitesse.
Le triple Champion du monde en titre, Max Verstappen, a ainsi déclaré : "Je pense que c'est la façon la plus sûre de procéder. Ce n'est sans doute pas idéal, mais je préfère que les voitures s'arrêtent dans la pitlane plutôt que dans la ligne droite ou dans le dernier virage."
Charles Leclerc a ensuite ajouté : "La FIA a proposé un nouveau système qui ne correspondait pas exactement à ce que nous souhaitions [à Sakhir]. Nous avons donc tous demandé à revenir au système de l'année dernière."
"C'est un processus continu dans lequel nous essayons de trouver la meilleure solution. Mais comme l'a dit Max, il faut ralentir à un moment donné et il est préférable de le faire dans la pitlane plutôt que sur la piste. Je pense donc que c'est la meilleure solution que nous ayons pour le moment."
Sergio Pérez et Pierre Gasly dans la ligne des stands à Bahreïn.
Photo de: Simon Galloway / Motorsport Images
Lando Norris a rappelé pour sa part que l'aspect le plus important qu'il fallait traiter par rapport au système précédent était le fait que des voitures se trouvaient très ralenties sur la piste dans les derniers virages. Pour lui, il est clair que le système actuel empêche précisément cela.
"En fait, c'est un système assez convenable qui oblige tout le monde à rester un peu plus dans le rang", a déclaré le pilote McLaren. "Il y a des procédures plus compliquées, comme celle qu'ils ont essayé d'introduire [à Bahreïn], où ils essaient d'empêcher les voitures lentes [en piste], et ça ne marche pas. Ce système permet d'éviter que les voitures ralentissent dans le dernier secteur."
Le Britannique estime qu'aucune solution n'a jusqu'ici été sans défauts, et qu'il s'agit donc pour le moment de simplement trouver le meilleur compromis. "On peut toujours être lents, parce qu'on peut toujours gagner beaucoup de temps sur son delta [en début de tour] pour ensuite ralentir à la fin du tour. Cela ne va pas à l'encontre de cet objectif, mais il est certain que les voitures roulent un peu plus vite au début."
"Ce qu'ils essaient de faire, c'est bien aussi. Il faut juste le peaufiner et l'ajuster. Qu'il s'agisse d'un seul ajustement ou pour chaque circuit, c'est quelque chose de nouveau qu'il est nécessaire d'optimiser."
George Russell quitte son stand à Djeddah.
Photo de: Shameem Fahath
L'équipier de Norris, Oscar Piastri, a expliqué pour sa part qu'il était inévitable que les écuries et les pilotes tentent de tirer avantage de n'importe quel système mis en place en repoussant ses limites. "C'est lorsque nous repoussons les limites des systèmes qu'ils ont mis en place que les choses deviennent compliquées. Pour moi, le plus important, c'est quand les choses tournent mal avec ces systèmes. Il n'est pas évident de savoir comment les sanctions vont être infligées, etc."
"Et c'est la même chose avec chaque système, si vous allez trop lentement ; nous avons vu dans le passé que si vous vous écartez vraiment du chemin de quelqu'un, tout va bien. Mais où se situe la limite entre le faire et ne pas le faire ? Avez-vous provoqué cette situation vous-même ? C'est tout à fait subjectif."
"Pour moi, c'est là que l'absence de système est positive, car tout le monde se débrouille et soit on se fait avoir, soit on ne se fait pas avoir, et c'est tout. Mais je félicite évidemment la FIA d'essayer de nouvelles choses."
"Ils ont été très réceptifs à nos commentaires [à Bahreïn], ce qui était vraiment bien. Je pense donc que c'est une bonne chose qu'ils essaient des alternatives. Mais je ne crois pas que quiconque ait la réponse magique à la question de savoir comment résoudre chaque situation, et je ne suis pas sûr que ce soit possible."
Avec Jonathan Noble et Ronald Vording
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