Pour la FIA, l'affaire du T-tray Red Bull est désormais close
La FIA a exclu toute enquête supplémentaire sur la controverse concernant le dispositif de variation de hauteur du plancher de Red Bull.
Photo de : Andreas Beil
À la suite de la polémique concernant le dispositif permettant de modifier la hauteur du plancher de Red Bull, la FIA avait pris des mesures en amont du Grand Prix des États-Unis en ajoutant des scellés à la RB20 pour s'assurer que ce système ne soit pas utilisé de manière illégale par l'équipe autrichienne.
Cette décision a été prise à la suite de soupçons émis par d'autres écuries, selon lesquels Red Bull aurait pu modifier la hauteur du T-tray de sa monoplace sous régime de parc fermé, ce qui serait une infraction au règlement.
Toutefois, la FIA a procédé à un examen approfondi du système controversé au cours du week-end et a déclaré être convaincue que les restrictions mises en place assuraient la bonne conduite des champions du monde en titre. Et bien que l'instance dirigeante ait admis qu'il était impossible d'affirmer que Red Bull n'ait jamais utilisé le dispositif illégalement dans le passé, elle ne pense pas qu'il soit utile d'approfondir la question.
Le responsable monoplace de la FIA, Nikolas Tombazis, a déclaré : "Honnêtement, peut-on dire avec une certitude totale [que Red Bull n'a jamais utilisé le dispositif de manière illégale dans le passé] ? Non. Peut-on dire que l'affaire est close ? Oui, absolument."
Alors que McLaren a demandé une enquête plus poussée, jugeant que la justification "ne tient pas debout" de la part de Red Bull, Tombazis a déclaré qu'il n'y avait pas de moyens réalistes d'apporter de véritables réponses, et ne voit également aucune raison de lancer une action supplémentaire simplement sur la base de soupçons de la part des concurrents.
"Il est difficile de prouver rétroactivement ce qui s'est passé auparavant, et nous ne pensons pas avoir la capacité d'enquêter sur une situation vieille de deux ans", a-t-il déclaré. "En règle générale, lorsque nous décidons de porter l'affaire devant les commissaires ou le tribunal, nous voulons avoir des indications valables, qui ne soient pas basées sur des ouï-dire ou de simples spéculations."
"Comme le système n'est pas illégal, nous pensons que la chose à faire est de dire : 'Bon, certaines actions doivent être prises pour garantir qu'il n'y a pas de problème en cours'. Mais nous devons aussi tracer une ligne dans le temps et dire qu'il y a certaines choses que nous ne pouvons pas approfondir."
Détails du T-tray de la Red Bull Racing RB20
Photo de: Andreas Beil
Tombazis a expliqué que l'analyse des images de vidéosurveillance des garages des équipes, enregistrées chaque week-end par la FIA, ne permettrait pas de prouver la culpabilité de Red Bull : "Les gens sont autorisés à vérifier des choses sur la voiture, et la question est de savoir à quel point c'est facile de le faire", a-t-il ajouté.
"Si vous devez démonter toute la carrosserie et modifier 50 choses, alors, évidemment, ce sera visible sur la caméra. Mais pour quelque chose d'aussi simple et d'aussi rapide, je ne pense pas que l'on puisse vérifier cela de manière réaliste avec des caméras ou des images de surveillance, etc."
Alors que certaines personnalités du paddock ont suggéré que la FIA s'entretienne officiellement avec le personnel de Red Bull, ou recherche des dénonciateurs potentiels afin d'être totalement sûre que l'écurie n'ait jamais enfreint le règlement, Tombazis estime que s'engager sur cette route ne vaut pas le coup.
"Nous devons toujours garder à l'esprit que nous avons affaire à des êtres humains", a-t-il expliqué. "Nous avons affaire à des humains qui changent de comportement et de situations : avec des sentiments - anciens et nouveaux. Il faut donc faire preuve d'une certaine prudence quant à la manière de procéder. Nous ne voulons pas non plus installer des détecteurs de mensonges sur les gens et procéder à des interrogatoires sous des lumières vives, ou quelque chose de ce genre. Ce n'est pas ce que nous voulons faire ici."
"J'ai évidemment travaillé dans le passé au sein d'équipes, assez souvent, et j'ai engagé des personnes d'autres équipes. Je pense que l'on a parfois tendance à dire que 'de là d'où je viens, nous faisions si et ça'. Et parfois, il faut vraiment interpréter ces commentaires très, très prudemment. On ne peut pas baser des accusations sur des commentaires de ce genre."
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