Le GP de São Paulo : le baptême du feu des rookies sous la pluie
Le Grand Prix de São Paulo 2024, devenu chaotique dans des conditions très difficiles, a été la première course de F1 sous la pluie de certains jeunes pilotes comme Franco Colapinto et Oliver Bearman.
Photo de: Lubomir Asenov / Motorsport Images
Les conditions très difficiles du Grand Prix de São Paulo 2024 ont mis au défi la totalité des pilotes qui y ont participé, mais surtout les moins expérimentés du peloton. Parmi les pilotes alignés sur la grille d'Interlagos et ayant pris part à moins de dix Grands Prix, seul Liam Lawson avait déjà roulé sur piste mouillée, lors de sa toute première épreuve au volant de la VCARB au Grand Prix des Pays-Bas 2023.
Au Brésil, la pluie avait déjà envenimé les qualifications. De nombreux pilotes étaient partis à la faute et cinq drapeaux rouges avaient dû être agités après les accidents des deux Williams, des deux Aston Martin, et la sortie de piste de Carlos Sainz.
Franco Colapinto avait été le premier à perdre le contrôle de sa monoplace en Q1. Oliver Bearman, qui remplaçait Kevin Magnussen pour le week-end, était lui aussi sorti dès la première séance. C'est Lawson qui a réalisé une performance remarquable en s'emparant de la cinquième place sur la grille de départ.
En course, dès le quatrième tour, Bearman est parti en tête-à-queue en heurtant l'arrière de la Williams de Colapinto, héritant d'une pénalité. Le jeune Britannique est ensuite parti à la faute dans le virage 7 alors qu'il poursuivait Carlos Sainz au 36e tour, frôlant la barrière de sécurité. Lawson a quant à lui été victime d'un accrochage avec Oscar Piastri en milieu d'épreuve, tandis que Colapinto a provoqué l'unique drapeau rouge du Grand Prix.
Sous le déluge brésilien, le rythme des jeunes pilotes était également moins bon que celui de leurs coéquipiers respectifs, bien qu'Alexander Albon n'ait pu prendre le départ de la course, sa monoplace étant trop endommagée après son accident en qualifications.
"Nous sommes rentrés pour mettre des pneus intermédiaires [lorsque la voiture de sécurité était en piste juste avant son accident, ndlr]. Je pense qu'il était impossible de piloter sur la piste. Nous n'aurions pas dû être dehors à ce moment-là", a déclaré Colapinto, "très triste" de son week-end à São Paulo.
"Nous étions à environ 15 secondes du rythme, et nous avons également mis des inters chauds sur la voiture. Nous avons essayé de garder la température, nous avons attaqué, mais il y avait une très grosse rivière avant la ligne droite et j'ai perdu la voiture de façon très, très agressive à cet endroit. Je n'étais qu'un passager."
Franco Colapinto (Williams)
Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images
Lawson a expliqué qu'il était passé très proche de subir le même sort et à plusieurs reprises : "J'ai failli perdre la voiture une dizaine de fois. C'était très délicat, mais le plus important était de rester sur la piste, ce que nous avons heureusement réussi à faire."
Bearman, de son côté, reste douloureusement conscient que sa performance n'était pas à la hauteur des attentes : "Pour être le meilleur et marquer des points aujourd'hui, je devais rester sur la piste tout le temps, et malheureusement, je ne l'ai pas fait."
"J'ai fait trop d'erreurs. Alors oui, les conditions étaient vraiment difficiles, mais je n'ai pas été assez bon. Mais c'est bien pour moi d'apprendre de nouvelles choses. Faire une course sur piste mouillée est très rare en F1, alors en tirer le meilleur parti et faire tous les tours est une grande expérience. Courir dans ces conditions est toujours difficile, et j'ai beaucoup appris."
Bearman a particulièrement souffert sur la gomme intermédiaire, déplorant un manque de prévisibilité dans les virages à grande vitesse, ce qui a fragilisé sa confiance. Le directeur de Haas, Ayao Komatsu, savait pertinemment que la course allait être difficile pour son pilote et il a mis ses erreurs sur le compte de son inexpérience, cependant il a attribué les blocages de roues répétés aux caractéristiques de la VF-24, qui n'est "pas la meilleure voiture dans ces conditions".
"Ollie a bien sûr commis trop d'erreurs aujourd'hui. Il est le premier à l'admettre", a déclaré le directeur japonais à l'issue de la course. "Après le drapeau rouge, je lui ai dit : 'Il va se passer énormément de choses, tu dois juste rester sur la piste'. Mais il s'est rendu compte qu'il avait du rythme. Il était trop pressé, il attaquait trop fort, il est sorti deux fois de la piste."
"Nous lui avons alors dit sous la voiture de sécurité : 'Écoute, calme-toi. C'est bon, reste sur la piste, il reste encore 31 tours à faire, beaucoup de choses peuvent arriver, il faut juste que tu sois prêt'. Ensuite, son pilotage s'est amélioré, mais il est resté irrégulier, il n'arrivait pas à améliorer ses temps. Mais encore une fois, c'est de l'inexpérience."
Komatsu a ajouté que l'apparition de Bearman en SQ3 par temps sec le vendredi avait été "remarquable" et que l'expérience acquise par la suite sur le mouillé serait "inestimable" pour le Britannique et son équipe.
Les attentes autour des jeunes pilotes ont été revues à la baisse, et à juste titre. Après tout, le dernier débutant à être monté sur le podium sous la pluie était Sebastian Vettel, en remportant le Grand Prix d'Italie 2008 lors de sa première saison complète de Formule 1. Pour trouver des rookies capables de réaliser le même exploit, il faut remonter au Grand Prix du Japon 2007, où Lewis Hamilton avait passé le drapeau à damier devant Heikki Kovalainen.
Avec Oleg Karpov, Filip Cleeren et Jonathan Noble
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