Lewis Hamilton s'insurge face aux coûts "insensés" du karting
Pour Lewis Hamilton, septuple champion du monde de Formule 1, les instances doivent mieux agir afin de rendre l'accès au sport automobile plus aisé sur le plan financier.
Photo de : Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Lewis Hamilton a exhorté les instances à la tête de la Formule 1 et du sport automobile mondial à mettre en place les conditions d'un accès plus facile à la discipline, jugeant "insensés" les frais actuels liés à la pratique du karting.
Pour le septuple champion du monde de F1, le sport auto fait fausse route en ne s'attaquant pas aux coûts d'entrée dans les disciplines qui sont à la base de son écosystème, ce qui obère selon lui les chances de voir des enfants venus de milieux modestes ou pauvres de pouvoir s'engager sur cette voie.
"C'est quelque chose qui, à mon avis, ne cesse d'aller dans la mauvaise direction", a déclaré Hamilton. "Il n'y a aucune forme de responsabilité de la part des dirigeants de ces organisations ou ces disciplines sportives. Je ne sais pas comment, mais il faut trouver un moyen d'en faciliter l'accès, car cette situation est insensée."
"Je connais quelqu'un qui a un enfant de huit ans et qui dépense plus d'un million de dollars [un peu moins de 900 000 euros au taux de change actuel, ndlr] par an. Bien sûr, c'est plus cher aujourd'hui, mais quand j'ai commencé, je me souviens que mon père avait dépensé 20 000 livres sterling la première année, ce qui revenait à hypothéquer à nouveau la maison et à utiliser toutes les limites de nos cartes de crédit."
Lewis Hamilton sur un karting à l'âge de 8 ans.
Photo de: Getty Images
"Je pense simplement qu'aujourd'hui, il est hautement improbable, voire impossible, pour quelqu'un issu d'un milieu normal de parvenir à un niveau lui permettant de rivaliser avec ceux qui dépensent un million. Cela ne devrait pas être possible."
Puis, il a ajouté : "À mesure que l'on passe aux catégories supérieures, cela devient de plus en plus coûteux. Ce ne sont pas les plus talentueux qui s'imposent, mais les familles les plus aisées qui offrent des opportunités aux enfants privilégiés."
"Et malheureusement, à court terme, c'est ce à quoi vous allez assister au cours des prochaines décennies, jusqu'à ce que les choses changent. Et cela dépend de la FIA et de la Formule 1. Ce sont elles qui doivent apporter ces changements."
La simulation comme début de solution ?
Max Verstappen, quadruple champion du monde, qui a fondé sa propre structure e-sport mais aussi une équipe réelle qui puise notamment dans le vivier issu de la simulation, espère pour sa part que le réalisme toujours plus accru de certains jeux de course et des équipements qui les accompagnent constituera une façon plus économique de mettre le pied à l'étrier à toute une génération.
"Nous avons tous beaucoup appris grâce au karting", a déclaré Verstappen. "Le problème, c'est que les prix montent en flèche. Les gens paient entre 10 000 et 12 000 livres sterling [entre 11 500 et 14 000 euros] pour participer à une manche en minikarts."
"C'est tout simplement fou, ce genre de chiffres. Cela empêche parfois de véritables talents, qui ne disposent pas du soutien financier nécessaire, d'accéder pour l'instant à la monoplace."
"C'est pourquoi je pense qu'il est important d'explorer également d'autres voies en dehors du karting. Ou du moins, je constate déjà que beaucoup de jeunes qui continuent à faire du karting courent également sur simulateur, apprennent à piloter des F4 ou des GT. Grâce à la précision des simulateurs, on peut déjà avoir une longueur d'avance en termes de préparation avant de monter dans une monoplace."
Lando Norris sur son simulateur en 2018.
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images
Esteban Ocon, lui-même issu d'un milieu modeste et dont les parents ont dû sacrifier la maison familiale pour l'aider à financer sa carrière, a pour sa part ajouté : "Si je devais recommencer ma carrière en karting, je ne serais pas [en Formule 1], vu le prix qu'une course en minikart coûte aujourd'hui."
"C'est assez fou de voir à quel point c'est cher et, oui, c'est dommage que ce soit ainsi. Malheureusement, c'est comme ça que ça se passe dans le monde du sport automobile."
"Peut-être qu'un mélange de 70% de simulation et de 30% de pilotage réel en karting est la solution à adopter. Mais il faut que les jeunes pilotes puissent accéder à la pratique réelle à un prix abordable, et c'est extrêmement difficile de nos jours."
La FIA a mis en place une première forme de réponse à cette augmentation rampante des coûts avec un Plan global pour le karting sur trois ans, qui vise à mettre en place des voies alternatives pour des jeunes talents et à abaisser les coûts d'entrée.
Cela s'est notamment matérialisé par l'organisation d'un évènement intitulé "Arrive and Drive World Cup" en Malaisie, disputé avec des karts standardisés, ainsi que par la création d'un Karting Excellence Centre pour éduquer et soutenir des talents extraordinaires dans le cadre du kart.
Avec Filip Cleeren
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