Le refus du simulateur fait-il renaître Hamilton ?
En se passant du simulateur pour préparer son Grand Prix du Canada, Lewis Hamilton a renoué avec de vieilles habitudes apparemment efficaces.
Dans une ère où la technologie ne cesse de se développer et où le moindre détail peut faire la différence, le choix de Lewis Hamilton pourrait surprendre. Pourtant, le septuple champion du monde a bel et bien décidé de ne pas préparer son Grand Prix du Canada en passant par la case simulateur, et le déroulé de son week-end lui donne jusqu'à présent plutôt raison.
Si son sprint s'est achevé amèrement, avec deux places perdues dans le dernier virage face à Oscar Piastri et Charles Leclerc, le pilote Ferrari apparaît bien plus à l'aise au volant que lors de ses dernières sorties.
Sur le circuit Gilles-Villeneuve, il a devancé son coéquipier à deux reprises lors des séances qualificatives. Certes, la Scuderia n'est pas au sommet, mais les sensations sont au rendez-vous pour le Britannique.
"C'était génial", a-t-il assuré à l'issue des qualifications, samedi soir. "On a fait de bons changements en qualifications. J'espérais un meilleur résultat, mais je n'ai pas réussi mon dernier tour. La voiture donnait l'impression qu'on progressait. Honnêtement, si j'avais fait ce dernier tour, je pense que j'aurais probablement pu être troisième."
Le regain de confiance au volant, Lewis Hamilton le met sur le compte de plusieurs facteurs : "Ce sont les freins, la stabilité à l'entrée des virages, et avec les réglages vers lesquels je me suis orienté, je suis beaucoup, beaucoup plus satisfait de ma capacité à attaquer les virages."
Hamilton n'a jamais été friand du simulateur
Lewis Hamilton passe un bon week-end à Montréal.
Photo de: Peter Fox / Getty Images
Jeudi, lors de la conférence de presse de la FIA à la veille des premiers essais, le pilote Ferrari s'était longuement expliqué sur son choix de faire l'impasse sur le simulateur, renouant d'ailleurs avec des habitudes plus proches de celles qu'il avait chez Mercedes les années précédentes.
Je ne l'ai pas utilisé pendant toutes les saisons où nous avons gagné des titres.
"D'abord, le simulateur est incroyable", a-t-il tenu à souligner. "C'est un espace de travail incroyable. C'est le meilleur simulateur que j'aie jamais vu, et la meilleure équipe de personnes avec lesquelles j'ai travaillé dans ce domaine, une grande équipe avec laquelle je peux collaborer. Donc, une journée au simulateur est en réalité assez incroyable."
"C'est un outil très puissant et quelque chose que nous continuons à faire évoluer. Je pense que depuis que je suis là, j'ai beaucoup contribué à cette évolution et ils ont été très réactifs, ils ont fait énormément de changements, et nous avons continué à l'améliorer."
"Avec la simulation, j'ai le sentiment que les lignes bougent sans cesse. J'ai commencé à utiliser un simulateur en 1997, le tout premier simulateur, je dirais, chez McLaren. Le cockpit ne bougeait pas, mais nous avions du retour de force dans le volant, et je me souviens que c'était à Woking, dans l'ancienne usine de McLaren. Ensuite, quand on est passés à la première vraie génération, ils m'ont laissé l'utiliser parfois quand j'étais en GP2."
"Et puis chez McLaren, nous l'utilisions relativement souvent. Je n'aimais pas particulièrement ça, parce que c'étaient des journées assez longues et beaucoup de tours. Il arrive un moment où tu n'apprends plus vraiment quand tu fais autant de tours, en tout cas pour moi personnellement."
"Ensuite, quand j'ai rejoint Mercedes, ils étaient plutôt en retard sur le simulateur. Je ne l'ai pas utilisé pendant toutes les saisons où nous avons gagné des titres, je l'ai très peu utilisé. Et puis en 2020, peut-être 2021, j'ai commencé à l'utiliser un peu plus."
"Il n'y a eu en réalité qu'une seule fois, sur toutes ces années, où les réglages que j'avais sur le simulateur étaient exactement ceux que j'ai utilisés en qualifications pour signer la pole, et c'était à Singapour en 2012, peut-être quelque chose comme ça. Toutes les autres fois, ce n'était pas parfaitement aligné. Mais comme je l'ai dit, c'est un outil puissant."
Lewis Hamilton lors du sprint à Montréal.
Photo de: Mark Thompson / Getty Images
"L'an dernier, j'ai commencé à l'utiliser chaque semaine, et la plupart du temps, j'avais l'impression de faire tout le travail sur le simulateur, de trouver des réglages avec lesquels j'étais à l'aise, puis d'arriver sur la piste et de constater que tout était à l'opposé. Donc tu dois désapprendre ce que tu as travaillé, changer ta façon d'aborder les virages, et un set-up qui semblait bon en simulateur ne l'est pas forcément en piste. Parfois oui, mais c'est un peu aléatoire."
"Donc j'ai décidé pour cette fois de ne pas l'utiliser, et de me concentrer davantage sur les données. Il y a eu beaucoup de travail en profondeur sur l'équilibre en virage, l'équilibre mécanique, les approches de virage, l'équilibre au freinage, l'optimisation des freins, qui est un sujet problématique pour moi depuis un certain temps. Cela a permis une très bonne intégration avec mes ingénieurs."
"Ce n'est pas un outil que… je ne dis pas que je ne l'utiliserai plus jamais. C'est quelque chose que nous continuerons à utiliser, notamment pour la gestion de la puissance. On verra comment se déroule le week-end. Mais en Chine, par exemple, je n'ai pas fait le simulateur, et c'était mon meilleur week-end."
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