Les pilotes veulent revoir le règlement des pneus sous drapeau rouge
Après que le drapeau rouge du premier tour du Grand Prix de Monaco a ruiné les stratégies de bon nombre d'équipes, ainsi que l'espoir des fans de voir un peu d'action dans les rues de la Principauté, beaucoup de pilotes souhaiteraient que le règlement qui entoure les arrêts au stand soit revu.
Si l'on retire les émotions suscitées par la victoire tant attendue de Charles Leclerc sur ses terres, le Grand Prix de Monaco pourra difficilement être considéré comme la course de l'année en termes de suspense. Si les scénarios soporifiques sont typiques du tracé de Monte-Carlo, le drapeau rouge au premier tour causé par l'accident entre Sergio Pérez et les deux Haas de Kevin Magnussen et Nico Hülkenberg n'a pas arrangé les choses.
En effet, après seulement quelques minutes, la course a été stoppée et tout le peloton a pu effectuer le changement de pneu obligatoire sans perdre aucune position. Sur un circuit comme Monaco où les dépassements sont presque impossibles et où les pneus peuvent tenir toute la course, cela voulait dire que le résultat du Grand Prix était presque déjà scellé avant même le début du deuxième tour.
En Principauté, il est bien connu que les qualifications sont ce qui compte réellement, puisque le poleman s'assure quasiment la victoire. Néanmoins, des arrêts aux stands ratés où des mauvaises stratégies ont déjà gâché nombre de courses, comme cela avait pu être le cas pour Daniel Ricciardo en 2016 ou Charles Leclerc en 2022. Tout comme la pluie, ces événements rebattent complètement les cartes et ajoutent un peu de spectacle, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Le drapeau rouge a donc anéanti les stratégies de certains tout en avantageant d'autres. Les pilotes qui avaient opté pour quelque chose d'un peu différent avec des gommes dures au départ, comme Max Verstappen ou Lewis Hamilton, ont été obligés d'enfiler des pneus mediums et de remiser au placard leurs ambitions stratégiques. Le Néerlandais n'a d'ailleurs pas manqué de faire savoir qu'il s'était profondément ennuyé pendant ces 78 tours dans les rues monégasques.
"Après le drapeau rouge, notre stratégie a été ruinée car nous avons dû mettre les mediums jusqu’à la fin alors que tout le monde avait un arrêt gratuit et cela signifiait que nous devions économiser beaucoup les pneus", a déclaré Verstappen. "J’ai juste essayé de suivre George [Russell] et nous étions loin en termes de rythme en essayant de gérer les pneus. C’est bien sûr assez ennuyeux, de piloter littéralement à mi-régime dans les lignes droites à certains endroits."
Lando Norris a lui aussi exprimé son mécontentement. Qualifié quatrième, le Britannique aurait pu décrocher un podium avec une bonne stratégie : "Il n'y a rien que vous puissiez faire, surtout avec le drapeau rouge au début, je pense que cela a ruiné toutes opportunités que la stratégie et la gestion de pneus auraient pu m'apporter, donc c'est un peu dommage."
Max Verstappen derrière George Russell au Grand Prix de Monaco.
Photo de: Erik Junius
Les pilotes ayant été désavantagés par le drapeau rouge se sont logiquement exprimés, mais d'autres qui ont bénéficié de ce changement de pneus gratuit sont également conscients du problème que cela soulève : "Oui, il faut trouver une solution. Je pense que s'il y a un drapeau rouge au premier tour, il faudrait avoir un [autre] arrêt au stand obligatoire ou quelque chose comme ça. Pour être honnête, cela a joué en notre faveur, donc je ne vais pas trop me plaindre…", a expliqué Alexander Albon qui a marqué les premiers points de Williams grâce à sa neuvième place.
Fernando Alonso, coincé au milieu du peloton pendant l'entièreté de la course, espère que ce scénario appellera à reconsidérer les règles qui entourent les arrêts au stand sous drapeau rouge : "Le seul point d'intérêt d'une course de Monaco, ce sont les arrêts aux stands que vous devez effectuer. Si vous enlevez l'excitation d'un arrêt au stand, la course est réduite à néant."
"Peut-être que cela rouvre les débats sur les drapeaux rouges, l'idée de ne pas pouvoir changer de pneus ou d'être obligé d'avoir le même [type de] pneu ou quelque chose comme ça, parce que si ce n'est pas le cas, il y a certaines occasions où la course est compromise."
Néanmoins, le pilote Aston Martin ne semblait pas très enthousiaste quant à la possible réévaluation du règlement, expliquant "que beaucoup de choses n'avaient pas changé" peut-être parce que les instances "n'écoutaient pas les pilotes".
Avec Filip Cleeren, Ronald Vording et Jonathan Noble
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