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Tsunoda révèle pourquoi il n'a pas réussi à dompter la Red Bull en 2025

Un an après, Yuki Tsunoda est revenu sur les raisons de son échec au volant de la Red Bull et face à Max Verstappen. Une saison 2025 qui lui a finalement coûté sa place de titulaire sur la grille de départ de la F1.

Yuki Tsunoda, Red Bull Racing Team

Photo de : Zak Mauger / LAT Images via Getty Images

Il semblait presque inconcevable que l'équipier d'un prétendant au titre termine 17e du championnat pilotes de Formule 1, et pourtant c'est bien ce qui est arrivé à Yuki Tsunoda aux côtés de Max Verstappen chez Red Bull en 2025.

D'une certaine manière, le cas était inédit. L'exemple moderne le plus proche est peut-être celui de Felipe Massa, qui occupait une modeste 16e place après huit manches de la saison 2012, alors que son équipier chez Ferrari, Fernando Alonso, dominait confortablement le championnat. Le Brésilien était toutefois parvenu à inverser quelque peu la tendance par la suite.

Le cas de Tsunoda était toutefois particulier. Après avoir décidé de se séparer d'un Sergio Pérez jugé insuffisamment performant, Red Bull avait préféré promouvoir Liam Lawson plutôt que le Japonais pour la saison 2025, estimant que le manque d'expérience du Néo-Zélandais serait compensé par un potentiel supposément supérieur.

Lawson n'a toutefois pas eu beaucoup de temps pour faire ses preuves. Après deux Grands Prix au cours desquels il avait été éliminé en Q1 et n'avait inscrit aucun point, il a été renvoyé chez Racing Bulls, permettant enfin à Tsunoda d'obtenir sa chance dans l'équipe principale.

Liam Lawson, Red Bull Racing

Liam Lawson, Red Bull Racing

Photo by: Red Bull Content Pool

À l'époque, le Japonais se montrait pourtant plutôt optimiste quant à ses chances de réussir là où tant d'autres avaient échoué.

"On dit souvent que les Red Bull ont tendance à avoir beaucoup de grip à l'avant. Personnellement, j'aime les voitures qui tournent de manière agressive et, par le passé, j'ai adapté mon style de pilotage à ce type de réglages", expliquait Tsunoda avant ses débuts chez Red Bull.

"Les Racing Bulls sont traditionnellement des voitures sous-vireuses, ce qui était difficile pour moi au début, mais je m'y suis habitué et c'est finalement devenu ma norme. Maintenant, la clé sera de m'adapter à nouveau aux caractéristiques de la Red Bull, mais compte tenu de mon expérience passée, je ne suis pas particulièrement inquiet."

Il aurait peut-être dû l'être. Alors que Max Verstappen remportait huit Grands Prix cette même saison - plus que n'importe quel autre pilote, y compris le champion Lando Norris -, Tsunoda n'est jamais monté sur le podium, avec pour meilleur résultat une modeste sixième place à Bakou. Sur la période qu'il a passée aux côté du Néerlandais, il a inscrit 30 points contre 385 pour son équipier.

Sur les 27 séances de qualifications disputées, sprints compris, Tsunoda a atteint la Q3 à huit reprises, a été éliminé en Q2 neuf fois et a quitté les qualifications dès la Q1 à dix occasions. Il n'a devancé son équipier sur la grille qu'une seule fois et accusait un retard moyen de 0,6 seconde.

Yuki Tsunoda a l'impression de ne toujours pas comprendre la RB21.

Yuki Tsunoda a l'impression de ne toujours pas comprendre la RB21.

Photo de: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images

Alors, quel était le problème avec la Red Bull RB21 ? Dans une certaine mesure, Yuki Tsunoda lui-même peine encore à l'expliquer.

"Normalement, je suis capable de comprendre la voiture, ce que je pilote et quelles sont ses caractéristiques", a détaillé le Japonais dans le podcast Beyond The Grid. "Mais j'ai l'impression que même après Abu Dhabi, je ne savais toujours pas quel type de voiture je pilotais. Je ne comprends toujours pas quel était le problème ni ce qui m'a empêché de comprendre cette voiture et de m'y habituer."

"Je pensais avoir confiance en moi, mais sur certaines courses, j'ai simplement perdu cette confiance. Je ne comprends toujours pas la voiture, pour être honnête."

L'erreur de Tsunoda : copier les réglages de Verstappen

Tsunoda apporte toutefois un éclairage intéressant sur ses difficultés. Il reconnaît ouvertement avoir refusé de modifier son style de pilotage, estimant que celui-ci était adapté à ses besoins. Il a néanmoins fini par essayer les réglages de Verstappen, sans succès.

"Une chose me concernant : j'ai suffisamment d'ego pour ne pas changer mon style de pilotage", a admis Tsunoda. "Je sais ce que je fais au volant et j'ai confiance en moi. Je n'essaie donc jamais de modifier mon style pour adopter celui d'un autre pilote, même lorsque celui-ci est compétitif et rapide."

"Évidemment, c'est différent avec Max. C'est un champion du monde, il a prouvé énormément de choses et j'apprends encore beaucoup de sa manière de piloter."

"Mon style de base restait le même. Et à un moment, probablement pour la première fois depuis mes débuts, je me suis demandé si je devais changer mon style de pilotage et essayer de faire quelque chose de similaire à Max. Mais de mon point de vue, en regardant simplement les données, je ne voyais pas vraiment de différence majeure dans notre manière de piloter."

"Ce que j'ai surtout fait - et je pense aujourd'hui que c'était ma plus grosse erreur l'an dernier -, c'est essayer de reproduire ses réglages. Même lorsque je sentais que la voiture était très survireuse, les réglages de Max rendaient théoriquement la voiture encore plus difficile, plus sensible dans les changements de direction ou plus glissante."

"J'avais tendance à choisir ses réglages alors que je souffrais déjà du survirage. Cela pouvait aussi arriver dans l'autre sens : même lorsque je souffrais de sous-virage, sa voiture en avait davantage. J'essayais quand même de reproduire ses réglages."

Max Verstappen, Red Bull Racing, Yuki Tsunoda, Red Bull Racing Team

Max Verstappen, Red Bull Racing, Yuki Tsunoda, Red Bull Racing Team

Photo by: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images

Yuki Tsunoda n'est pas le premier pilote à avoir échoué en essayant d'utiliser les réglages du quadruple champion du monde. Alexander Albon avait lui aussi rencontré des difficultés aux côtés du Néerlandais pendant un an et demi, en 2019 et 2020.

En 2023, le pilote thaïlandais se remémorait cette période dans le podcast High Performance : "Verstappen a un style de pilotage assez unique, avec lequel il n'est pas facile de composer. Tout le monde a un style de pilotage ; je dirais que le mien est un peu plus doux, mais j'aime avoir une voiture avec un bon train avant, assez incisif et direct. Max aussi, mais son niveau d'agressivité et de précision est complètement différent : c'est extrêmement incisif."

"Pour donner une idée de ce que cela peut représenter, imaginez que vous augmentez complètement la sensibilité d'un jeu vidéo et que vous bougez la souris : elle se met à traverser l'écran dans tous les sens. C'est un peu ce que l'on ressent. La voiture devient tellement incisive qu'elle vous met un peu sous tension."

Cette métaphore a été soumise à Yuki Tsunoda, mais le Japonais ne s'est pas montré convaincu de sa pertinence pour la RB21. Lorsqu'on lui a demandé s'il pouvait s'y retrouver, le pilote japonais a répondu : "Oui et non. D'abord, la voiture est très différente de celle qu'Alex pilotait. Et je n'ai jamais piloté sa voiture."

"Elle est sensible, mais je ne l'ai pas trouvée à ce point sensible. En même temps, comme je l'ai dit, c'était très variable. Sur certains circuits, je pilotais une voiture plus sensible que lui ; sur d'autres, c'était l'inverse. En moyenne, il pilotait probablement une voiture un peu plus sensible, plus incisive que la mienne."

"Ce qu'il faisait clairement mieux, c'est que même lorsque la voiture était sensible ou, au contraire, peu réactive… Dans un virage, il y a toujours une phase ou un moment où la voiture réagit naturellement ou cherche à suivre son propre comportement. Vous voyez ce que je veux dire ? À un moment donné du virage, dès que je braque ou quoi que ce soit, la voiture fait son propre mouvement."

Yuki Tsunoda, Red Bull Racing

Yuki Tsunoda, Red Bull Racing

Photo by: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images

"Cela peut être une rotation sensible et incisive ou le train avant qui glisse. Il est capable d'utiliser cela et de détecter probablement beaucoup plus rapidement ce type de comportement. Il parvenait ensuite à l'exploiter au maximum dans l'ensemble du virage."

"Ce n'est pas nécessairement mon style de pilotage, mais lorsque je rencontre ce genre de situation, avec un braquage ou une rotation incisive, ou lorsque le train avant glisse, j'ai tendance à forcer la voiture à piloter comme je le souhaite."

"Normalement, je respecte la manière dont la voiture veut prendre le virage et je suis capable d'utiliser son comportement naturel. Mais je n'ai pas beaucoup réussi à exploiter cette capacité avec la Red Bull."

Dès ses premiers tours au volant de la RB21, lors des essais libres à Suzuka, l'optimisme initial de Tsunoda avait laissé place à davantage de prudence : il avait alors signalé que la voiture lui semblait "un peu plus délicate" que sur le simulateur. Avec le recul, il s'agissait d'un premier signe des difficultés qui l'attendaient.

"Même si j'ai dit que je pensais avoir confiance, ce n'était probablement pas suffisant, en tout cas pas autant qu'avec la VCARB que j'avais pilotée pendant quatre ans", a expliqué Tsunoda. "La Red Bull était une voiture complètement différente, je l'ai tout de suite ressenti quand je suis monté dedans à Suzuka."

"J'ai réussi à construire un certain niveau de confiance, mais pour exploiter tout le potentiel de la voiture, c'est probablement quelque chose qui m'a manqué : parvenir à retrouver cette confiance tout au long de l'année."

Une éviction finalement vécue comme un soulagement

Helmut Marko était responsable du programme junior Red Bull jusqu'à son départ l'année dernière.

Helmut Marko était responsable du programme junior Red Bull jusqu'à son départ l'année dernière.

Photo de: Mark Thompson - Getty Images

Tsunoda a finalement appris au Qatar, lors de l'avant-dernier rendez-vous de la saison, qu'il ne serait pas conservé comme pilote titulaire et deviendrait réserviste en 2026. Une décision sans grande surprise au vu de ses résultats, mais la saison avait été si éprouvante que cette annonce lui a finalement procuré un certain soulagement.

"Je me souviens encore de ce moment", a-t-il raconté. "Au départ, c'est Helmut [Marko, alors conseiller de Red Bull] qui me l'a annoncé. Au final, Helmut est la personne qui m'a fait entrer en Formule 1, qui m'a même intégré au programme junior de Red Bull. Nous étions ensemble depuis que j'avais 17 ou 18 ans. Je me souviens qu'il était lui aussi assez déçu."

"Et lorsque je l'ai appris, je me souviens ne pas avoir ressenti une immense déception ou le sentiment d'être anéanti. Évidemment, j'étais déçu et assez triste de ne pas piloter l'année suivante. Mais pas autant que je l'aurais imaginé, parce que je ne sais pas pourquoi, mais d'une certaine manière, je me suis vraiment battu. J'ai plus lutté que jamais durant cette saison 2025. Et même aujourd'hui, avec le recul, je n'ai pas beaucoup de regrets. J'ai tout donné."

"D'une certaine manière, honnêtement, mon cœur me disait simplement : 'D'accord, maintenant je peux me détendre'. Parce que la deuxième moitié de la saison 2025 avait été tellement stressante, avec toute cette pression et tous les efforts que j'avais fournis. J'avais l'impression de ne jamais vraiment pouvoir souffler."

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