Rafael Camara, le protégé de Ferrari qui a dominé la F3
Rafael Camara a été presque intouchable en F3 cette année. Une surprise pour tout le monde, y compris lui-même.
Photo de: Formula Motorsport Ltd
Dimanche, Rafael Camara a remporté le titre en Formule 3 de manière éclatante. Le Brésilien a décroché la couronne en menant de bout en bout sur la piste détrempée du Hungaroring, prenant au championnat une avance définitive avant la manche de Monza, fort d'un avantage de 48 points sur Mari Boya.
Ça ne devrait pas constituer une immense surprise, étant donné que Rafael Camara est membre de la Ferrari Driver Academy depuis quatre ans, gravissant les échelons des formules de promotion avec le soutien du cheval cabré.
Il a régulièrement connu le succès en monoplace. En 2022, il a terminé vice-champion dans le très compétitif championnat italien de F4, derrière un certain Kimi Antonelli. Sa première saison en Formula Regional European Championship by Alpine (FRECA) s'est soldée par une cinquième place, avec Kimi Antonelli de nouveau vainqueur, avant de remporter largement ce championnat lors de sa deuxième campagne l'an dernier.
Et pourtant, lorsqu'on lui a demandé, après son sacre en F3, s'il s'attendait à être aussi performant à ce niveau en débarquant comme rookie, Rafael Camara a reconnu : "Évidemment, non. C'était une grosse surprise. Je pense qu'après toute la préparation qu'on a faite, évidemment on veut toujours gagner, on commence toujours un championnat en pensant qu'on peut le gagner, en pensant qu'on va se battre pour ce qu'on peut. Mais je ne m'attendais pas du tout à commencer comme on l'a fait en Australie."
À Melbourne, le pilote Trident a abandonné lors de la course sprint après un accrochage impliquant trois voitures, avant de s'imposer en menant de bout en bout (ça vous rappelle quelque chose ?) lors de la course principale.
Mais il y a une explication simple à cela. Rafael Camara a été incroyablement constant en qualifications, avec une position moyenne de 2,8 et pas moins de cinq pole positions signées en neuf meetings.
Rafael Camara (Trident).
Photo de: Formula Motorsport Ltd
Depuis la création en 2010 du GP3 - ancêtre de la F3 -, un seul pilote s'était montré aussi dominateur en qualifications : Luca Ghiotto, également avec cinq poles en neuf meetings et une moyenne de 2,7 en 2015. L'Italien avait alors manqué de peu le titre face à Esteban Ocon, dans ce qui fut peut-être la saison la plus disputée de l'histoire du championnat.
"La seule chose qui change un peu en Formule 3 par rapport aux autres catégories, c'est qu'on a très peu de temps en piste", a souligné Rafael Camara, rappelant qu'il n'y avait qu'une séance d'essais libres de 45 minutes avant les qualifications. "Parfois, tu n'es même pas à la limite en qualifs, surtout dans certaines courses où on avait un composé différent entre les essais libres et les qualifications, donc tu ne sais même pas où se trouve le grip."
"Mais comprendre où est la limite et être rapide tout de suite, c'est un de mes points forts, car à chaque fois, dès les premiers relais, on avait déjà un bon rythme, et quand tu commences déjà avec un bon rythme, c'est beaucoup plus simple de régler ce dont la voiture a besoin pour progresser. Je pense aussi qu'en tant que pilote, c'est plus simple à gérer run après run, et je pense que c'est pour ça que les qualifs ont été aussi solides."
Cela signifie que Rafael Camara partait souvent en milieu de grille pour les courses sprint - avec une position moyenne de 10,2 - en raison de l'inversion des 12 premiers en qualifications, expliquant ses résultats modestes du samedi.
Le dimanche en revanche, il a inscrit un impressionnant total de 138 points sur 226 possibles (bonus de pole compris), bien plus que ses poursuivants directs Mari Boya (83) et Tim Tramnitz (67). C'est principalement dû à quatre victoires nettes depuis la pole en Australie, à Bahreïn, en Espagne et en Hongrie ; ses plus mauvais résultats étant un abandon depuis la neuvième place à Monaco à cause d'une roue mal fixée, et une 22e place à Silverstone après un pari raté sur les pneus slicks sur piste humide.
Autrement dit, il ne fait aucun doute que Rafael Camara a été le meilleur pilote sur l'ensemble de la saison 2025, et le Brésilien de 20 ans se tourne désormais vers la F2, avec l'ambition d'imiter des noms comme Charles Leclerc, George Russell, Oscar Piastri ou encore son compatriote Gabriel Bortoleto : tous ont remporté consécutivement les titres en GP3/F3 puis GP2/F2 dès leur saison rookie. Ce n'est pas un mince exploit, mais c'est le meilleur moyen d'être propulsé rapidement en Formule 1.
Rafael Camara s'est assuré du titre dès Budapest.
Photo de: Formula Motorsport Ltd
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires