Quartararo pénalisé : Yamaha déplore "l'inconstance" et la "subjectivité"

Yamaha estime que des incidents plus graves que celui impliquant Fabio Quartararo au GP des Pays-Bas n'ont pas été sanctionnés cette année. Le constructeur déplore un manque de constance dans les décisions prises par les commissaires de course, qui "nuit à la sportivité du MotoGP."

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Yamaha ne décolère pas. Fabio Quartararo et Maio Meregalli, team manager de l'équipe officielle, avait déjà exprimé leur agacement après la pénalité long-lap infligée au Français à Silverstone pour son rôle dans l'accrochage avec Aleix Espargaró à Assen. Lin Jarvis, directeur général de Yamaha Motor Racing, a pris la parole pour déplorer ce qu'il considère comme un manque de constance dans les prises de décisions des commissaires de course.

"Fabio Quartararo, Monster Energy Yamaha MotoGP Team et Yamaha ont toujours été en quête d'équité et de fair-play en MotoGP", déclare l'Anglais. "Nous sommes déçus de l'inégalité avec laquelle les pénalités sont appliquées par le panel des commissaires du MotoGP."

Yamaha a donc publié un communiqué de presse pour exprimer son désaccord avec la décision prise dimanche, évoquant un "incident de course" et une "erreur" que son pilote avait lui-même reconnue. "Quartararo a la réputation d'être un pilote propre, sans historique d'incidents à son actif", peut-on lire dans le communiqué. "Il s'agissait d'une erreur de bonne foi, sans intention malicieuse."

Le constructeur japonais concède que la course dEspargaró a été "affectée" par l'incident mais que "la sévérité du choc est une question de conjecture." Yamaha estime que les commissaires "évaluent la sévérité des incidents de course avec des standards inconstants et subjectifs."

Fabio Quartararo après son accrochage avec Aleix Espargaró

Fabio Quartararo après son accrochage avec Aleix Espargaró

Cette polémique survient trois semaines après un GP de Catalogne marqué par un gros accident au départ, rapidement qualifié d'incident de course par les commissaires, ce qui a provoqué l'agacement de nombreux pilotes pour lesquels la responsabilité de Takaaki Nakagami était évidente. Plus tôt dans la saison, plusieurs pilotes ont chuté et emmené des pilotes avec eux, à l'image de Pecco Bagnaia qui a provoqué l'abandon de Jorge Martín à Losail et Jack Miller qui a entraîné celui de Joan Mir à Portimão, à chaque fois sans sanction.

"L'inconstance avec laquelle les pénalités sont appliquées [...] au cours de la saison 2022 nuit à la sportivité du MotoGP et à la foi dans le pouvoir judiciaire des commissaires", estime Yamaha. "Il y a eu au moins trois incidents de course plus sérieux dans la catégorie MotoGP (provoquant des abandons de pilotes et/ou entraînant des blessures) qui n'ont pas été pénalisés."

Pourquoi Yamaha n'a pas fait appel

Une fois la décision des commissaires annoncée au GP des Pays-Pas, Yamaha disposait de 30 minutes pour faire part de sa volonté de faire appel mais le constructeur y a renoncé, estimant que sa demande ne permettrait pas d'obtenir un résultat conforme à ses attentes.

"Nous voulions faire appel de la décision des commissaires dimanche sur la piste d'Assen, mais ce type de pénalité n'est pas sujet à discussion ou appel", estime Lin Jarvis. "Par principe, nous avons voulu présenter le dossier au TAS [Tribunal Arbitral du Sport] mais de même, de telles questions ne sont pas sujettes à un appel."

"C'est précisément pour ces raisons que des décisions justes, équilibrées et constantes devraient être prises par les commissaires en premier lieu, et mises en application avec une échéance correcte et mesurée."

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