Audi n'a rien versé à McLaren pour recruter Bortoleto
Audi avait validé depuis un moment déjà la perspective de recruter Gabriel Bortoleto mais hésitait à le faire débuter dès 2025. Ce sera finalement le cas, tandis que McLaren ne s'y est à aucun moment opposé.
Gabriel Bortoleto et Mattia Binotto.
Photo de : Sauber
Malgré l'absence de précipitation et le temps pris par Audi pour choisir le coéquipier de Nico Hülkenberg chez Stake F1 en 2025, la décision d'enrôler Gabriel Bortoleto est très vite apparue comme "une évidence" en interne. C'est ce qu'affirme Mattia Binotto au lendemain de l'officialisation de l'arrivée du Brésilien, qui d'ici là va tenter de décrocher le titre en Formule 2.
Le nom du Pauliste, âgé de 20 ans seulement, a commencé à circuler dès le mois d'août. Et les réflexions menées par Audi ne tournaient finalement pas autour du profil de ce jeune pilote mais davantage sur le moment opportun de le lancer dans le grand bain. Ce qui explique notamment les pistes explorées par Mattia Binotto avec Valtteri Bottas sur la possibilité de ne prolonger le Finlandais que pour une seule année.
"J'ai suivi la carrière de Gabriel, plus intensément encore ces dernières semaines et ces derniers mois", explique le directeur des opérations de Sauber. "Je l'ai vu courir, et bien courir, j'ai été impressionné par sa vitesse, par son potentiel mais surtout, comme je l'ai dit, par sa capacité à progresser. Si je regarde autour de moi, je pense que c'est l'un des pilotes les plus talentueux et les plus prometteurs parmi les rookies."
"Pour Audi, c'était une évidence. Il faut choisir entre l'expérience et la jeunesse. C'était seulement une question de temps. Donc nous aurions opté pour Gabriel, ça aurait été notre choix de toute manière. La deuxième et dernière question que nous nous posions, c'était de savoir s'il fallait le faire dès 2025 ou s'il fallait lui laisser un peu de temps pour ensuite le prendre en 2026."
Le comportement et les résultats décrochés par plusieurs pilotes débutants ces derniers mois ont également apporté de l'eau au moulin d'Audi, à qui les performances d'Oliver Bearman (Haas), Franco Colapinto (Williams) et Liam Lawson (VCARB) n'ont évidemment pas échappé.
"Oui, le fait de voir de jeunes pilotes réussir en F1 me donne confiance quant au fait que Gabriel peut très bien réussir d'emblée", admet Mattia Binotto. "Je pense que ça a été un facteur de conviction, non pas pour choisir un jeune pilote mais pour savoir le temps qu'il lui faudrait. Et je suis convaincu qu'il fera du bon travail dès le tout début."
Gabriel Bortoleto félicité par Andrea Stella après une victoire en F2.
Photo de: James Sutton / Motorsport Images
Audi n'a pas non plus fait face à l'obstacle contractuel qu'aurait pu constituer l'appartenance de Gabriel Bortoleto au programme junior de McLaren. L'écurie de Woking l'avait recruté après son titre en Formule 3 il y a un an tout juste, mais n'a pas créé de difficulté au moment de le libérer.
"Je n'ai pas discuté avec Zak [Brown, PDG de McLaren Racing], si ce n'est pour se dire bonjour et se serrer la main", confie Mattia Binotto. "Nous n'avons pas payé. Gabriel était libre de partir parce qu'il avait une opportunité." Ce qu'a d'ailleurs confirmé McLaren en précisant que son pilote serait "libéré du programme McLaren Driver Development à l'issue de la saison 2024 pour saisir une nouvelle opportunité dans sa carrière."
À en croire Mattia Binotto, le processus de décision a donc été plutôt serein chez Audi, y compris malgré une équipe dirigeante qui doit encore se structurer avec plusieurs têtes, dont celle du futur directeur d'écurie Jonathan Wheatley, recruté chez Red Bull.
"Jonathan était au courant, informé", précise Mattia Binotto. "Comme je l'ai dit il y a quelques semaines, j'ai de très bonnes relations avec lui. La décision n'a pas été prise que par moi, mais aussi par notre président, le conseil d'administration d'Audi, et le PDG d'Audi."
"Il s'agit donc d'une décision partagée, car nous étions tous convaincus, et c'est une excellente chose. Il n'y a pas eu à argumenter ce choix ou quoi que ce soit d'autre. Il s'agissait simplement d'être tous convaincus. Je suis ici pour essayer de faire bouger les choses, d'apporter du soutien, mais cette décision a vraiment été partagée et commune."
Propos recueillis par Roberto Chinchero
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