Analyse
Formule 1 GP de Grande-Bretagne

Combien coûtent les erreurs de McLaren depuis le début de saison

En comptant Silverstone, McLaren vient de passer à côté d'une cinquième victoire en course cette saison. Nous avons fait les comptes : si l'écurie britannique avait remporté tous ces Grands Prix, elle serait actuellement à seulement quatre points de Red Bull au championnat constructeurs.

Lando Norris, McLaren MCL38, in the pits

À deux courses de la pause estivale, McLaren ne serait qu'à une poignée de points de Red Bull au championnat constructeurs si elle avait su convertir toutes ses occasions de victoires manquées pendant cette première moitié de saison.

Le week-end dernier, le Grand Prix de Grande-Bretagne a marqué la 12e des 24 courses de la saison. À ce stade, Max Verstappen et Red Bull sont en tête des deux championnats dont ils sont tenants du titre depuis 2022 et 2021. Red Bull compte actuellement 71 points d'avance sur Ferrari au classement des constructeurs. McLaren, troisième, s'est rapproché et n'est plus qu'à sept unités de la Scuderia.

Néanmoins, au lieu de se réjouir de cette avancée au championnat, l'écurie orange papaye doit plutôt se mordre les doigts d'avoir à nouveau manqué la victoire, cette fois à Silverstone, au profit de Lewis Hamilton.

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L'équipe a perdu la tête de de la course à cause de trois erreurs : lors des premiers arrêts au stand elle a décidé de ne faire rentrer que Lando Norris et pas Oscar Piastri alors qu'un double arrêt était possible et que les deux pilotes étaient en tête ; l'Australien est rentré un tour plus tard et est ressorti sixième. Sur le dernier relais, l'écurie a fait le choix d'équiper Norris de pneus tendres alors qu'il lui restait un train de mediums avec bien plus de rythme. Enfin, lors de ce dernier arrêt, le pilote britannique s'est immobilisé au-delà du marquage au sol de son box, ce qui lui a fait perdre du temps et a permis à Hamilton de reprendre l'avantage.

Le patron de McLaren, Andrea Stella, a déclaré après la course que ces victoires ratées de peu sont, avant tout, une bonne nouvelle : "Nous n'avons pas connu ce genre d'occasions manquées il y a 12 mois", a-t-il expliqué. "Il faut d'abord voir les aspects positifs. Nous devons considérer que l'équipe est frustrée car nous finissons troisième et sur le podium, et que l'autre pilote est quatrième. Et une fois de plus, nous sommes l'équipe qui a marqué le plus de points, n'est-ce pas ? Donc, si nous ne partons pas du positif, nous serons une équipe qui construit puis détruit [ce qu'elle fait], et nous resterons toujours au même niveau."

Lando Norris après les qualifications à Silverstone.

Lando Norris après les qualifications à Silverstone.

Photo de: Simon Galloway / Motorsport Images

Il est vrai que les performances de McLaren par rapport aux autres équipes du haut de la grille sont les plus constantes depuis juin 2023, avec deux pilotes presque constamment dans le top 10. Toutefois, il est incontestable de dire que le scénario de Silverstone n'est pas un cas isolé. Le Grand Prix de Grande-Bretagne s'ajoute donc aux quatre autres courses que l'écurie britannique aurait pu gagner. On y compte Monaco, le Canada, l'Espagne et l'Autriche.

En Principauté, Piastri n'a pu aligner tous les meilleurs secteurs en fin de qualifications alors que sa MCL38 avait le rythme. L'Australien a donc laissé filer la pole dans les mains de Charles Leclerc et, avec elle, ses chances pratiquement assurées de remporter la victoire.

À Montréal, si Norris n'avait pas fait un tour de trop et était rentré lors du déploiement de la première voiture de sécurité, il aurait pu conserver sa première place et gagner le Grand Prix du Canada.

À Barcelone, alors en pole position, Norris a perdu la tête dès le départ au profit de George Russell et Verstappen. De plus, les arrêts au stand trop lents pour le pilote McLaren et son sentiment d'avoir attaqué un peu trop fort, trop tôt sur les pneus de son dernier relais derrière Verstappen, ont plus gâché ses chances de victoire que le départ opportuniste de Russell.

Enfin, au Red Bull Ring, Norris aurait logiquement pu battre Verstappen sans leur accrochage en fin de course, mais cela va au-delà d'une simple erreur stratégique.

Lando Norris célèbre sa première victoire au Grand Prix de Miami.

Lando Norris célèbre sa première victoire au Grand Prix de Miami.

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

En supposant que McLaren ait saisi toutes ses chances et que rien d'autre n'ait changé dans l'ordre d'arrivée des courses. Red Bull resterait premier au championnat, mais son total passerait de 373 à 364 points, McLaren serait deuxième avec 351 points, soit avec un écart de seulement 13 unités. Ferrari tomberait à la troisième place, 56 points plus loin, et la position de Mercedes à la quatrième place resterait inchangée, mais légèrement réduite avec 214 au lieu de 221.

Si McLaren avait réalisé un doublé à Silverstone, en supposant que Norris ait terminé devant Piastri conformément à leur ordre avant les premiers arrêts aux stands, l'écart avec Red Bull se réduirait à seulement quatre points (361 contre 357), le total de Mercedes diminuant encore à 211.

En appliquant les mêmes hypothèses pour ces courses et leurs résultats théoriques au classement des pilotes, Verstappen serait toujours en tête, mais Norris n'aurait que 26 points de retard au lieu de 84. Le Néerlandais compterait cinq victoires au lieu de sept, Norris quatre, Piastri une et Leclerc aurait donc été privé de son seul succès depuis 2022.

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