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La F1 a besoin de "plus de polémiques" techniques, selon Domenicali

Alors que la controverse autour des ailerons flexibles demeure le fil rouge de ces derniers mois en F1, Stefano Domenicali, le PDG de la discipline, la juge "relativement mineure" et souhaiterait qu'il y ait plus de polémiques techniques, qui constituent selon lui le "piment" du sport.

Rubens Barrichello, Brawn

Photo de : Mark Capilitan

En durcissant les règles, en plusieurs étapes, durant l'hiver, la FIA espérait que les polémiques autour des ailerons jugés trop flexibles s'éteindraient en 2025. En réalité, outre le fait que l'introduction de tests renforcés pour les ailerons lors du Grand Prix d'Espagne (neuvième manche de la saison) a déjà suscité quelques critiques sur le risque de voir deux championnats en un, l'après-Grand Prix du Japon a été l'occasion de constater que, du côté de l'aileron arrière, il existe encore des braises capables de raviver les débats malgré le durcissement des contrôles décidés après Melbourne.

En cause, une vidéo comparative qui a circulé sur internet après la course de Suzuka, dans laquelle étaient montrées des images provenant des caméras embarquées tournées vers l'arrière des McLaren et de la Red Bull de Max Verstappen. Sur celles-ci, l'on peut constater que la déformation de l'aileron de la MLC39 semble plus importante que pour celui de la RB21. Toutefois, ces pièces ont toutes passé les tests statiques de la FIA et aucune plainte n'a été déposée.

La question de la flexibilité des surfaces aérodynamiques n'est pas nouvelle en Formule 1 mais, ces dernières années, elle a pris une importance cruciale. En effet, plus les monoplaces à effet de sol évoluent et s'améliorent, plus il est difficile de les régler de façon à conserver un équilibre viable, notamment entre l'avant et l'arrière de la voiture et entre les virages lents et rapides.

Les ailerons McLaren sont particulièrement scrutés cette saison.

Les ailerons McLaren sont particulièrement scrutés cette saison.

Photo de: Clive Mason/Getty Images

Or, s'assurer qu'une voiture bénéficie à la fois du maximum d'appui possible dans les virages, notamment à l'avant, tout en s'assurant qu'elle n'en ait pas trop et ne génère pas trop de trainée dans les virages rapides ou les phases de pleine charge, est parfois la clé pour signer d'excellentes performances tout en permettant au pilote d'avoir confiance.

Malgré tout, même si l'effet grossissant de l'actualité rend cette polémique envahissante, elle demeure à bien des égards assez éloignée en gravité de certaines controverses du passé. C'est en tout cas dans ce sens que Stefano Domenicali, le PDG de la F1 et ancien directeur de la Scuderia Ferrari entre 2008 et 2014, voit la chose. Dans le cadre d'un entretien exclusif pour l'édition italienne de Motorsport.com, l'Italien a même été jusqu'à dire qu'il en faudrait "un peu plus", car elles constituent selon lui le "piment" du championnat.

"J'ai vécu beaucoup [de controverses techniques] : Malaisie 1999 [une double disqualification finalement annulée des Ferrari à cause de la taille des déflecteurs], le double diffuseur, le FRIC, le mass damper, le F-duct... tout cela fait partie de l'histoire de la F1. J'avais l'habitude de participer aux débats sur les règlements techniques et sportifs presque tous les dimanches."

"Il y a quelques années, les zones grises étaient bien plus larges qu'aujourd'hui, mais les gens de la F1 savent toujours comment repousser les limites. Personnellement, je pense que les polémiques d'aujourd'hui sont relativement mineures. En fait, ce serait bien qu'il y en ait à nouveau un peu plus - c'est le piment du sport."

L'équilibre entre action en piste et intensité de la lutte

Lando Norris, McLaren, Oscar Piastri, McLaren, Max Verstappen, Red Bull Racing

Lando Norris, McLaren, Oscar Piastri, McLaren, Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images

En parlant de piment, la discipline sort d'un Grand Prix de Bahreïn qui aura permis de rassurer quelque peu après une course japonaise bien moins animée et qui a fait craindre à beaucoup que les dépassements seraient particulièrement difficiles cette saison.

"Nous devrions tous être plus mesurés", a déclaré Domenicali. "Au Japon, beaucoup s'attendaient à un doublé McLaren. À Bahreïn, les gens prédisaient une course ennuyeuse. Dans les deux cas, ils se sont trompés - les gens tirent trop vite des conclusions."

L'un des éléments invoqués dans le cas de Suzuka est celui d'une alliance entre plusieurs circonstances : outre un tracé historiquement peu propice aux dépassements, avec beaucoup d'enchaînements rapides et peu de gros freinages, les pneus apportés par Pirelli ont montré de très faibles signes de dégradation, un phénomène renforcé par des températures assez basses. Toutefois, même si certains ont regretté le manque d'action, d'autres ont souligné l'intensité de la lutte en tête, notamment grâce aux pneus qui ne surchauffaient pas.

Nous avons deux groupes de fans : les experts purs et durs et les nouveaux fans qui n'ont pas de connaissances approfondies de la F1. C'est à nous de mieux expliquer notre discipline.

"On ne peut pas plaire à tout le monde", répond simplement Domenicali. "Suzuka a été une course très intense - si vous regardiez les tableaux de chronométrage, c'était extraordinaire. Mais il n'y a pas eu de dépassements, et je comprends que de nombreux fans souhaitent plus d'action en piste. C'est tout à fait justifié. C'est pourquoi nous avons insisté pour qu'il y ait deux arrêts obligatoires à Monaco et demandé à Pirelli de continuer à utiliser des pneus à haute dégradation."

"Nous avons deux groupes de fans : les experts purs et durs et les nouveaux fans qui n'ont pas de connaissances approfondies de la F1. C'est à nous de mieux expliquer notre discipline. Cela peut sembler évident, mais ce n'est pas une seconde nature. Nous devons mieux communiquer ce qui se passe. Cela dit, l'action en piste reste la partie la plus captivante."

Propos recueillis par Roberto Chinchero

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