Les moments magiques de Jordan Grand Prix en F1
Après l'annonce de la disparition d'Eddie Jordan à l'âge de 76 ans, retour sur les moments forts de son équipe, Jordan Grand Prix, en Formule 1.
Photo de: Rainer W. Schlegelmilch
Eddie Jordan 1948-2025
Ancien directeur de l'écurie éponyme de Formule 1, Eddie Jordan est décédé le 20 mars 2025 à l'âge de 76 ans. Retour sur certains des grands moments de sa carrière.
Disparu ce jeudi, Eddie Jordan était une figure très marquante du paddock. Son état d'esprit extravagant transparaissait dans son équipe, arrivée en F1 en 1991 et rapidement devenue très identifiable, que ce soit par ses livrées, ses performances, ou par les nombreux pilotes à qui elle a donné une première chance.
Voici les moments les plus marquants de l'histoire de Jordan Grand Prix, ancêtre de l'actuelle équipe Aston Martin : de sa première saison, marquée par les débuts d'un certain Michael Schumacher, jusqu'à sa dernière campagne en 2005, avant de devenir Midland puis de changer plusieurs fois d'identité jusqu'à Aston Martin aujourd'hui.
GP du Canada 1991 : premier coup d'éclat
Andrea de Cesaris a offert à Jordan ses premiers points.
Photo de: Sutton Images
La première monoplace de Jordan était bonne et, dès la cinquième manche de la saison 1991, Andrea de Cesaris, probablement à son meilleur niveau lors de son passage dans l'équipe irlandaise, a pris la quatrième place à Montréal, devant son coéquipier Bertrand Gachot. Les premiers points de Jordan en F1.
GP de Belgique 1991 : les débuts d'une légende
Eddie Jordan n'a été le patron de Michael Schumacher que le temps d'un week-end.
Photo de: Sutton Images
Les rocambolesques débuts de Michael Schumacher en F1 ont été rendus possibles par Jordan. Après l'improbable emprisonnement de Bertrand Gachot, l'Allemand, alors pilote junior Mercedes, a immédiatement marqué les esprits à Spa-Francorchamps. Brillant septième en qualifications, il a abandonné dès le premier tour en raison d'un problème d'embrayage. Dès la course suivante, il était dans une Benetton, et Jordan gagnait déjà sa réputation de pépinière de talents.
GP du Pacifique 1994 : premier podium
Rubens Barrichello a décroché le premier podium de Jordan.
Photo de: Motorsport Images
Rubens Barrichello a lui aussi fait ses débuts en F1 avec Jordan. Après quelques saisons difficiles, l'écurie a progressé en 1994 et le Brésilien a survécu à un premier tour chaotique à Aida, circuit qui accueillait le GP du Pacifique, au Japon. Huitième sur la grille, Barrichello a pris la troisième place et offert à Jordan un premier podium sur lequel Schumacher, lancé par Jordan et futur coéquipier de Barrichello, occupait la première place.
GP de Belgique 1994 : première pole
Rubens Barrichello, poleman sous la pluie de Spa.
Photo de: Sutton Images
À Spa-Francorchamps en 1994, Rubens Barrichello a mené la séance de qualifications du vendredi sur une piste humide mais séchante. Le lendemain, personne n'a fait mieux en raison d'une pluie encore plus présente. Jordan a ainsi décroché sa première pole position, suivie d'une course difficile puisque Barrichello a perdu deux places au départ et a ensuite fait un tête-à-queue.
GP du Canada 1991 : un double podium
Rubens Barrichello et Eddie Irvine ont partagé le podium à Montréal en 1995.
Photo de: Rainer W. Schlegelmilch / Motorsport Images
On se souvient surtout du GP du Canada 1995 pour l'unique succès de Jean Alesi en F1, mais Jordan a aussi réalisé une performance remarquable ce jour-là. L'équipe se frottait rarement aux leaders lors de cette première année d'association avec Peugeot, mais Rubens Barrichello et Eddie Irvine, lui aussi lancé en F1 par Jordan, ont réussi à gagner des places à Montréal, et ont profité des soucis de Michael Schumacher en fin de course pour monter tous les deux sur le podium.
GP de Belgique 1998 : l'incroyable doublé
Eddie Jordan, star du podium de Spa 1998 avec Damon Hill et Ralf Schumacher.
Photo de: Michael Cooper / Motorsport Images
Malgré l'arrivée de Damon Hill, titré deux ans plus tôt, en 1998, Jordan vivait une campagne difficile avec les nouveaux pneus rainurés. La 198, première monoplace de l'équipe avec un moteur Mugen-Honda et deuxième avec une livrée jaune devenue emblématique, a cependant vite progressé et un Hill inspiré s'est qualifié au troisième rang à Spa. Dans une course chaotique marquée par le spectaculaire accident du départ et l'accrochage entre Michael Schumacher et David Coulthard, Hill s'est imposé... et Ralf Schumacher a assuré le doublé à Jordan, arrivé au sommet de la F1.
GP de France 1999 : Frentzen victorieux sous la pluie
Heinz-Harald Frentzen s'est imposé sous la pluie à Magny-Cours en 1999.
Photo de: Sutton Images
La campagne 1999 a été la meilleure de Jordan en F1. Entre un Heinz-Harald Frentzen au sommet de son art, la blessure de Michael Schumacher et des erreurs chez les favoris Ferrari et McLaren, l'équipe est longtemps restée dans la course au titre avec le pilote allemand. Une bonne stratégie sous la pluie de Magny-Cours a même mené Frentzen à la victoire... alors qu'il avait une jambe cassée !
GP d'Italie 1999 : le rêve de titre
Heinz-Harald Frentzen a encore gagné à Monza.
Photo de: Sutton Images
La constance de Frentzen lui a permis de conserver ses chances en 1999, et Jordan a même sérieusement rêvé du titre après une victoire au GP d'Italie, favorisée par l'abandon de Mika Häkkinen. Il ne restait plus que trois courses à disputer et Frentzen pointait à dix petits points, la valeur d'une victoire à l'époque, des leaders Irvine et Häkkinen. Une panne électrique au GP d'Europe lui a coûté cher et il a finalement dû se contenter de la troisième place du championnat.
GP du Brésil 2003 : le dernier succès
Giancarlo Fisichella a émergé du chaos à Interlagos en 2003.
Photo de: Motorsport Images
Jordan a connu un rapide déclin au début des années 2000, entre des difficultés financières et l'impossibilité d'obtenir le soutien plein et entier d'un motoriste. En 2003, l'EJ13 était habituée aux dernières places mais un GP du Brésil très chaotique a joué en sa faveur. Sous la pluie, Giancarlo Fisichella a fait le choix de rester en piste et s'est retrouvé en tête. Kimi Räikkönen l'a dépassé et la course a été stoppée juste après, en raison d'un drapeau rouge provoqué par Fernando Alonso.
Räikkönen a d'abord été déclaré vainqueur, alors que la voiture de Fisichella prenait feu dans le parc fermé, mais après la course, le classement du tour précédent a finalement été retenu... le seul que l'Italien avait mené. Fisichella a ainsi récupéré la victoire et une inhabituelle cérémonie a été organisée lors du Grand Prix suivant, à Imola, pour que Räikkönen lui rende son trophée.
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