Lewis Hamilton : "Je dois rappeler aux gens qui je suis"
Après deux podiums consécutifs à Montréal et à Monaco, Lewis Hamilton savoure sa meilleure période depuis son arrivée chez Ferrari. Le Britannique estime toutefois devoir encore rappeler à certains observateurs qu'il reste l'un des plus grands pilotes de l'histoire de la F1, malgré des débuts compliqués en rouge.
La saison 2026 de Lewis Hamilton débute sur de bien meilleures bases que son exercice 2025, sa première année chez Ferrari. Un an après son arrivée à Maranello, l'argument de l'adaptation ne tient désormais plus, et les attentes sont nettement plus élevées pour le Britannique.
Au lendemain de la cinquième manche du championnat, à Monaco, Hamilton affiche déjà quatre podiums en sept courses, sprint compris. Sa deuxième place dans les rues de Monte-Carlo n'a toutefois pas été acquise sans difficulté, au terme d'un Grand Prix animé et riche en rebondissements.
Qualifié en troisième position derrière Kimi Antonelli et Max Verstappen, le pilote Ferrari a profité de l'abandon du Néerlandais pour gagner une place. Incapable de menacer la Mercedes d'Antonelli, il a ensuite conservé sa position jusqu'à l'arrivée, non sans subir quelques alertes.
Lors de son premier arrêt au stand, Hamilton a notamment écopé d'une pénalité de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands, une sanction qu'il a finalement purgée sous régime de voiture de sécurité, après l'accident de Lance Stroll, sans perdre de position.
Après le crash de son coéquipier Charles Leclerc, la course a été interrompue puis relancée avec un départ arrêté. En plus de la pression de reprendre un bon envol, bien que l'une des forces du moteur Ferrari, Hamilton était de nouveau sous enquête pour une potentielle infraction sous régime de voiture de sécurité, avant d'être finalement blanchi par la direction de course.
Lewis Hamilton, (Ferrari)
Photo de: Anni Graf - Formula 1 via Getty Images
Le Britannique a franchi la ligne d'arrivée, sans jamais pouvoir réellement inquiéter Kimi Antonelli, intouchable tout au long du week-end. Il retient néanmoins avant tout sa régularité et son aisance croissante au volant de la Ferrari, plus que reconnaissant d'être désormais dans une dynamique qu'il juge très positive.
Le difficile exercice 2025 a laissé des traces, autant chez le pilote que chez ses fans. Désormais plus à l'aise avec sa monoplace, notamment après avoir fait évoluer son approche des courses, Hamilton estime qu'il se doit rappeler à certains l'étendue de son palmarès : celui d'un septuple champion du monde.
"Enchaîner deux deuxièmes places, surtout après une bonne course à Montréal où beaucoup disaient : 'Oui, mais il est toujours rapide là-bas' [lui qui a remporté sept victoires sur le circuit Gilles Villeneuve]... J'ai l'impression d'être dans une période où je dois rappeler aux gens qui je suis", a déclaré le pilote Ferrari en conférence de presse après la course.
"Je crois que mes fans me le répétaient déjà l'an dernier, et maintenant, c'est à moi de le démontrer chaque week-end." Je pense aussi qu'il est agréable de voir cet enthousiasme retrouvé au sein de l'équipe, ainsi que la confiance qu'ils ont en moi et dans la décision de m'avoir recruté. Je suis donc très heureux."
"Franchement, c'est incroyable d'être ici et c'est un véritable privilège d'y être encore, de piloter pour Ferrari, de faire toujours partie des 22 pilotes de ce championnat et d'être devant tout ce public. C'est une expérience extraordinaire et quelque chose que j'aime sincèrement, donc je suis reconnaissant d'avoir progressé."
Kimi Antonelli a dominé toute la course du Grand Prix de Monaco.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
Le seul moment où Lewis Hamilton aurait pu aller chercher la victoire face à Kimi Antonelli s'est joué lors du deuxième départ, après le drapeau rouge. Une relance décisive où l'Italien a d'ailleurs admis avoir craint de tout perdre, alors que le Britannique se trouvait directement à ses côtés sur la grille.
"Je pensais à gagner", a déclaré le Britannique au sujet de son état d'esprit à ce moment-là. "Je pensais à le dépasser dès le départ ! Non, c'était une opportunité, mais malheureusement, nous avons pratiquement pris le même envol. Je pense avoir légèrement réduit l'écart sur lui, j'étais presque à hauteur de sa roue arrière, mais pas suffisamment pour prendre la tête, malheureusement."
"Ensuite, une fois la course relancée, je l'ai simplement vu s'échapper. Le niveau de performance qu'ils [Mercedes] ont actuellement est impressionnant."
Au-delà du résultat, Lewis Hamilton retient surtout les enseignements tirés de ce Grand Prix, qu'il juge particulièrement précieux pour la suite du développement de la Ferrari. Le Britannique estime avoir pu obtenir une lecture beaucoup plus précise des axes de progression de la SF-26, notamment face à la référence du moment, la Mercedes.
"Cela a néanmoins été une bonne expérience, car cela me donne une idée beaucoup plus précise de la direction dans laquelle l'équipe doit progresser, non seulement à travers ce que je ressens dans la voiture, mais aussi à travers ce que j'observe", a confié Hamilton. "Il y a encore beaucoup de choses à ajouter à cette voiture."
"En termes de performance globale. En appui aérodynamique, ils sont clairement devant nous. Ici, la puissance moteur n'est pas vraiment un facteur déterminant. C'est surtout l'appui. On pouvait voir qu'en traction, ils étaient dans une autre catégorie par rapport à nous."
Une première victoire en rouge "jamais aussi proche"
Grâce à son bon début de saison et aux déboires de George Russell, Lewis Hamilton a chipé la deuxième place du championnat pilotes à son compatriote. Il ne compte désormais que 66 points de retard sur le leader Kimi Antonelli.
Lewis Hamilton (Ferrari)
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Avec Ferrari, Hamilton a désormais coché plusieurs cases : le podium, avec une deuxième et une troisième place à son actif. Il ne lui manque plus qu'une seule chose : la victoire. Interrogé sur la possibilité de décrocher ce premier succès en rouge, le Britannique a même élargi la perspective, évoquant davantage un premier titre avec la Scuderia qu'un simple premier triomphe.
"Elle ne pourrait pas être plus proche, mais il y a encore 66 points d'écart [avec le leader du championnat]", a déclaré Hamilton. "Je n'arrive pas à croire que je sois deuxième du championnat et j'en suis vraiment heureux et reconnaissant."
"Je n'aurais pas pu y parvenir sans cette équipe, sans la fiabilité dont nous disposons, ni sans Fred [Frédéric Vasseur, directeur de Ferrari]. Fred a été formidable dans son soutien. Je pense que l'année dernière a été très difficile pour nous deux. Je lui ai demandé pendant longtemps certains changements et il a tenu parole, il les a mis en place. Aujourd'hui, j'en vois les bénéfices et je suis enfin capable de leur rendre la pareille par mes performances."
"La saison est encore très longue, donc nous devons continuer à attaquer. En réalité, il est plus facile de poursuivre quelqu'un que de défendre sa position, dans le sport comme dans la vie. Ces gars sont très rapides et leur équipe est exceptionnelle, mais nous allons continuer à pousser, continuer à les chasser, et je ne doute pas qu'à un moment donné, nous y arriverons."
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