Pourquoi le GP de Belgique a été retardé aussi longtemps
Un départ lancé et plusieurs tours derrière la voiture de sécurité ont finalement donné le coup d'envoi du Grand Prix de Belgique, avec 80 minutes de retard sur le programme. Mais à quoi était vraiment dû ce long retard à Spa ?
Les fortes pluies matinales ont rappelé à beaucoup dans le paddock de Spa-Francorchamps les événements de 2021. À l'époque, les pluies incessantes en Ardenne avaient donné lieu à une "course" de seulement deux tours derrière la voiture de sécurité.
Quatre ans plus tard, ce scénario a pu être évité, mais la course n'a pas été palpitante, malgré des ingrédients prometteurs tels qu'un circuit légendaire, une grille de départ intéressante et des conditions humides. Le départ tardif a considérablement tempéré les ardeurs, transformant ce qui aurait pu être un classique sur piste mouillée en une course principalement disputée sur le sec.
Après l'épreuve, les avis étaient partagés dans le paddock. Carlos Sainz a fait part de ses "respects" envers la direction de course, ajoutant que sur un circuit comme Spa, surtout compte tenu de son histoire récente, "mieux vaut prévenir que guérir" devrait être la règle. Le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, a ajouté qu'il était facile de juger après coup, soulignant que les écuries auraient été les premières à critiquer la direction de course si les choses avaient mal tourné.
De son côté, Red Bull s'est dit surpris par ce long retard. Helmut Marko a admis que Red Bull avait choisi une configuration inadaptée aux conditions réelles, mais a suggéré qu'"avec le bon directeur de course", cette configuration aurait été la bonne. Max Verstappen n'a pas non plus été impressionné par les décisions du directeur de course : "Si vous n'y voyez rien, vous pouvez toujours lever le pied."
La mauvaise visibilité
La visibilité dans le Raidillon et Kemmel était un problème à 15h.
Photo de: Michael Potts / Motorsport Images
En réalité, ce retard était dû à plusieurs facteurs et à une série de décisions prises au fur et à mesure, comme l'a appris Motorsport.com après la course. La FIA prévoyait initialement que la course démarre à l'heure prévue, soit à 15h, par un tour de formation derrière la voiture de sécurité, conformément au protocole standard dans de telles conditions. Pendant ce tour, la direction de course a écouté les commentaires des pilotes.
Selon la FIA, presque tous les pilotes ont déclaré que la visibilité était encore trop mauvaise pour courir à ce moment-là. Un pilote en particulier était prêt à prendre le départ immédiatement : Verstappen. Le Néerlandais a fait part de son opinion par radio, estimant que quelques tours derrière la voiture de sécurité suffiraient pour évacuer la majeure partie de l'eau stagnante sur la piste. Alexander Albon partageait cet avis et a déclaré qu'il serait bon de faire quelques tours avant que la pluie ne recommence à tomber.
Mais, suite aux retours de la majorité, un drapeau rouge a été brandi. Dans un premier temps, la FIA a envisagé de reprendre la course après une courte pause de dix minutes. Cependant, le règlement impose au directeur de course d'adresser un "avertissement de dix minutes" aux équipes avant toute reprise. La FIA a alors constaté que de nouvelles précipitations étaient attendues à ce moment-là, rendant impossible une reprise rapide.
Pourquoi les 3 heures n'ont pas commencé à courir ?
Cela a également soulevé une autre question : le chronomètre des trois heures - la fenêtre de temps maximum pour que se tienne la course - avait-il déjà été déclenché ? Même les équipes n'étaient pas d'accord. McLaren a indiqué à Lando Norris dans la voie des stands que ce n'était pas le cas, car la course n'avait pas encore officiellement commencé. Le patron de l'écurie Haas, Ayao Komatsu, a toutefois interprété cela différemment.
La confusion est compréhensible. L'article 5.4d du Règlement Sportif dispose que : "Si le tour de formation pour la course est donné derrière la voiture de sécurité, la durée maximale totale de la course de trois heures commence au moment où les feux verts du panneau de départ s'allument pour signaler que la voiture de sécurité va quitter la grille, conformément à l'article 49.2."
La grille sous la pluie.
Photo de: Yves Herman / Pool / AFP via Getty Images
C'est exactement ce qui s'est passé à 15 heures, heure locale. Cependant, la FIA a précisé que cette section du règlement ne s'applique qu'en cas d'interruption effective de la course, et non pendant la procédure de départ elle-même. Cela signifiait que la course n'avait pas officiellement commencé et que les conditions du parc fermé étaient toujours en vigueur. Les équipes n'étaient donc pas autorisées à modifier leurs réglages en prévision de conditions plus sèches.
Même si l'incertitude régnait encore sur la météo à venir, cela pouvait sembler défavoriser les équipes ayant opté pour un réglage à fort appui, notamment Red Bull, mais le directeur de l'équipe, Laurent Mekies, a précisé par la suite qu'ils n'auraient pas changé les réglages, même si la FIA l'avait autorisé. "Lorsque le tour de formation a été suspendu, on s'attendait encore à rouler sur une piste assez mouillée à ce moment-là. Je ne pense pas que nous aurions changé quoi que ce soit, même si le parc fermé avait été ouvert, car nous nous attendions à reprendre la piste beaucoup plus tôt que ce qui s'est finalement passé."
Les tours de formation supplémentaires
Selon la FIA, la pluie qui a suivi le drapeau rouge a duré environ 30 minutes. Après cela, les officiels ont attendu un peu plus longtemps avant d'envoyer la voiture médicale sur la piste à 16h, afin de recueillir des informations sur l'état de la piste. Alan van der Merwe a signalé à la direction de course que plusieurs sections présentaient encore des accumulations d'eau importantes et a recommandé de donner dix minutes supplémentaires aux commissaires pour nettoyer la surface.
Le "préavis de dix minutes" a donc été donné à 16h10 et les voitures ont quitté la voie des stands à 16h20. Il convient de noter que la FIA avait initialement annoncé que "la course [allait] reprendre", mais cette annonce a ensuite été corrigée, car la course n'avait jamais officiellement commencé.
Le départ de la course sous drapeau vert.
Photo de: Andy Hone / LAT Images via Getty Images
Une fois les pilotes de retour en piste, le plan initial était de boucler seulement deux tours derrière la voiture de sécurité. Plusieurs concurrents, dont Lewis Hamilton, estimaient qu'il était désormais possible de reprendre la course en toute sécurité.
Cependant, la direction de course a jugé que les projections d'eau dans la ligne droite de Kemmel, en particulier après le Raidillon, restaient trop dangereuses. Il s'agit d'un secteur particulièrement traître du circuit emblématique, où la visibilité est compromise même par temps sec en cas d'incident. Un tour supplémentaire derrière la voiture de sécurité a donc été ajouté.
Un quatrième tour a suivi, mais cette fois pour une raison différente : il fallait déterminer si la course allait démarrer par un départ arrêté ou lancé. Les fans espéraient naturellement un départ arrêté, et les conditions météorologiques auraient pu le permettre, mais la FIA devait également tenir compte d'un autre facteur : la grille de départ elle-même, et plus précisément la quantité d'eau stagnante et le déséquilibre entre le côté le plus sec et le côté le plus humide. Le côté le plus sec offrait une adhérence nettement meilleure, tandis que l'autre côté était encore couvert de flaques d'eau, ce qui créait un avantage injuste et un risque potentiel pour la sécurité de la moitié des pilotes.
Spa met en exergue les problèmes des F1 sous la pluie
Il en a résulté un retard de plus de 90 minutes avant que le drapeau vert ne soit agité.
Avant toute chose, cet après-midi a une nouvelle fois mis en évidence les difficultés actuelles de la F1 sur piste mouillée. La plupart des pilotes n'apprécient toujours pas les pneus pluie de Pirelli, qui devraient encore évoluer d'ici 2026, mais les projections d'eau restent le principal problème. Ajoutez à cela la réputation de Spa, et vous obtenez l'approche prudente observée dimanche.
Certaines équipes dans le paddock ont jugé cette décision trop conservatrice, mais du point de vue de la FIA, la sécurité était la priorité absolue. Trouver le juste équilibre entre sécurité et spectacle reste une tâche difficile.
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