Pourquoi Haas est la vraie surprise du début de saison 2026
L'écurie Haas a bien démarré cette nouvelle ère réglementaire, puisqu'elle occupe actuellement la quatrième place du classement constructeurs de la F1 après avoir marqué des points à chaque course disputée jusqu'à présent.
Photo de: Guido De Bortoli / LAT Images via Getty Images
Au cours des essais de pré-saison pour la campagne 2026 de Formule 1, on a beaucoup parlé du fait que les quatre meilleures équipes de l'année dernière – McLaren, Mercedes, Red Bull et Ferrari – avaient creusé un écart avec le milieu de peloton.
Même si cela pourrait s'avérer à long terme avec ce nouveau règlement, un coup d'œil au classement après les deux premières manches révèle une sympathique surprise à la quatrième place : Haas. L'écurie américaine s'est montrée très compétitive à Melbourne et à Shanghai et s'est imposée à juste titre comme la meilleure équipe du milieu de peloton, réussissant même pour l'instant à surpasser Red Bull.
Bien sûr, Red Bull a payé le prix fort de ses divers problèmes de fiabilité, mais cela n'enlève rien au fait que Haas a fait preuve d'une excellente forme, notamment grâce à son jeune pilote Oliver Bearman, qui continue sur sa lancée de 2025.
Une septième place en Australie et une cinquième en Chine lors des courses principales le démontrent clairement, et l'analyse de l'épreuve de Shanghai brosse un tableau encore plus net. Avant l'abandon de Max Verstappen, Bearman devançait en effet le quadruple champion du monde, en toute légitimité.
Certes, Verstappen a connu un départ catastrophique, mais dès le premier tour, le pilote Haas a lui aussi été contraint de céder plusieurs positions pour éviter la Red Bull d'Isack Hadjar, qui avait fait un tête-à-queue. À partir de là, les deux pilotes ont entamé une longue remontée, et indépendamment de l'influence de la voiture de sécurité, la réalité est que Haas a affiché un excellent rythme de course.
Haas, plus prête que la concurrence
Il est intéressant de noter les similitudes qui se dessinent avec Ferrari, qui occupe actuellement la deuxième place du championnat. La Scuderia et Haas semblent toutes deux avoir mis au point un châssis très performant, en misant sur la vitesse de passage en virage comme véritable atout et comme moyen de compenser l'avantage moteur de rivaux tels que Mercedes.
Max Verstappen et Oliver Bearman à la lutte lors du GP de Chine.
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
Il est évident que les Flèches d'argent disposent d'un savoir-faire bien plus étendu que leurs écuries clientes – un avantage qui leur permet de grappiller jusqu'aux derniers dixièmes de seconde, d'autant plus que la W17 dispose également d'un châssis extrêmement performant. La recherche de ces dixièmes de seconde reste toutefois l'objectif de clients tels qu'Alpine et Williams.
C'est là que Haas se positionne sur cette ligne de démarcation. Alors que Mercedes peut s'appuyer sur un package complet qui rend extrêmement difficile pour Ferrari de prendre l'ascendant, l'avantage actuel de Haas en matière de châssis semble lui permettre de faire la différence face à des équipes rivales qui n'ont pas encore appris à exploiter pleinement le moteur Mercedes.
À cet égard, l'équipe technique dirigée par Andrea De Zordo mérite tout le crédit, car les qualités de la VF-26 sont évidentes. Dès les tout premiers essais, l'équipe semble avoir mis en piste une voiture qui est non seulement solide, mais aussi compétitive, bien que Haas soit l'écurie disposant du moins de ressources de toute la F1 – un aspect qui rend leur travail d'autant plus remarquable.
Dans ce contexte, "solide" est un mot qui décrit parfaitement la forme actuelle de Haas. Depuis les essais de Barcelone, mis à part quelques petits accrocs en début de roulage, la VF-26 n'a cessé d'accumuler les kilomètres, se classant finalement deuxième voiture ayant effectué le plus de tours au cours des trois sessions d'essais libres, uniquement devancée par Mercedes.
Le fait de disposer d'un ensemble solide et fiable a permis à l'équipe de se concentrer sur une meilleure connaissance de la voiture, sur la gestion de l'énergie et sur l'optimisation de la gestion des pneus. Sa véritable force se révèle d'ailleurs en course, notamment dans la gestion des gommes, où la combinaison de tous ces éléments fait actuellement la différence.
Meilleure en course qu'en qualifications
En Chine, où la gestion de l'usure des pneus a joué un rôle plus important qu'en Australie, Bearman a parfaite£ment joué sa partition. C'est précisément là, alors même qu'il slalomait dans le trafic, qu'il a fait des merveilles pour décrocher une magnifique cinquième place ; sans la collision entre Esteban Ocon et Franco Colapinto, Haas aurait pu placer ses deux F1 dans les points.
L'accrochage entre Esteban Ocon et Franco Colapinto au GP de Chine.
Photo de: James Sutton / Formula 1 / Formula Motorsport Ltd via Getty Images
D'une certaine manière, ce début d'année 2026 fait écho à 2022. À l'époque déjà, Haas avait été l'une des révélations du milieu de peloton lors des premières courses de l'ère de l'effet de sol, même si elle avait péché sur le plan du développement, principalement en raison d'un manque de ressources.
Ces dernières années, cependant, la trajectoire de l'équipe a porté ses fruits, tant en termes de ressources que de personnel. Cela se reflète également dans le niveau des évolutions introduites, qui ont permis à l'équipe de rester compétitive même en fin de saison, comme l'ont confirmé les résultats de Bearman fin 2025, notamment sa quatrième place à Mexico.
Dans l'espoir que Ferrari puisse tirer quelques chevaux supplémentaires de son bloc moteur, le défi pour Haas consiste désormais à maintenir son élan en matière d'améliorations. Par rapport aux saisons précédentes, l'équipe se trouvant au début d'un nouveau cycle technique, le rythme de développement sera nettement plus soutenu, et il lui faudra garder le cap face aux dernières innovations.
La structure américaine part toutefois d'une base très solide, fruit d'un excellent travail accompli pendant l'hiver.
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