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Pourquoi le Safety Car a été déployé avant le moindre accident

L'une des questions qui se pose après la course du Grand Prix de São Paulo 2024 de Formule 1 est celle du déploiement de la voiture de sécurité. Retour sur ce qui a incité la direction de course à neutraliser l'épreuve brésilienne, alors qu'il n'y avait encore eu aucune sortie de piste.

Le Safety Car devant le peloton

Photo de : LAT Images

L'un des tournants de la course du Grand Prix de São Paulo, et donc de la course au titre mondial, aura été la décision de la direction de course de neutraliser l'épreuve lors du 30e des 69 tours.

Ce choix a interpelé car, alors qu'une partie du peloton avait fait le choix de passer au stand pour chausser des pneus neufs devant la dégradation des conditions - dont Lando Norris qui venait d'effacer George Russell et fondait sur le duo Max Verstappen-Pierre Gasly -, aucun incident notable n'avait eu lieu.

Au moment où le Safety Car a été déployé, la situation en tête de course était limpide avec un Esteban Ocon qui creusait un écart important sur un Verstappen bien plus prudent, lui-même rattrapé par Gasly. Dans le peloton, les trois-quarts des pilotes étaient chaussés de pneus intermédiaires (neufs ou usés) et le reste des concurrents avait fait le pari des pluie, devant des conditions météo empirant à vue d'œil.

Cinq pilotes étaient équipés de ces gommes qui devraient, en toute logique, être les meilleures dans les conditions les plus difficiles, à savoir Sergio Pérez, Zhou Guanyu, les deux pilotes VCARB et Nico Hülkenberg, qui se sont tous arrêtés sous Virtual Safety Car. Mais pour autant, aucune sortie de piste n'était encore à signaler quand les panneaux "SC" se sont illuminés.

La question pour beaucoup est donc de savoir si une intervention était nécessaire de la part de la direction de course et, si oui, quel type d'intervention.

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Interrogé sur le sujet, Christian Horner a déclaré : "Il y a eu quelques surprises pour moi dans cette course, la première étant que le drapeau rouge n'ait pas été brandi plus tôt. Il y avait beaucoup de pilotes qui trouvaient que les conditions étaient trop dangereuses."

En effet, un certain nombre de pilotes, à commencer par le leader au moment où les conditions empiraient, George Russell, et même le vétéran Fernando Alonso, estimaient à la radio que l'on entrait dans une zone où une neutralisation était nécessaire.

Toutefois, le drapeau rouge n'est donc arrivé que dans un second temps, une fois le Safety Car en piste, quand Franco Colapinto a perdu le contrôle de sa Williams dans la remontée vers la ligne d'arrivée et s'est violemment accidenté.

Évoquant le sujet après la course, le directeur de la compétition de Pirelli, Mario Isola, a déclaré : "La neutralisation [a été] déclenchée quand la visbilité a été jugée trop mauvaise."

Toutefois, selon les informations de Motorsport.com auprès de la FIA, c'est surtout l'augmentation du risque d'aquaplaning, en raison des flaques et des rigoles qui se formaient dans les habituelles pleines charges du circuit valonné, qui a poussé la direction de course à intervenir avec le Safety Car. La question de la visibilité réduite était aussi une inquiétude, mais pas la principale.

Le plan, une fois le Safety Car en piste et le peloton regroupé, était de le maintenir quelques tours afin que la courte averse passe et que la course puisse ensuite reprendre avec moins d'eau sur la piste. Bien entendu, le crash de Colapinto a rendu obligatoire l'interruption de la course, tout en ayant une grande influence sportive sur l'épreuve puisque permettant à Verstappen et aux Alpine de pouvoir se figer aux avant-postes.

Avec Alex Kalinauckas

VIDÉO - Le résumé du GP de São Paulo

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