Passer au contenu principal

Recommandé pour vous

BMW signe un incroyable doublé aux 6H de Spa dans une fin de course folle !

WEC
6 Heures de Spa-Francorchamps
BMW signe un incroyable doublé aux 6H de Spa dans une fin de course folle !

Privé des sensations de la veille, Zarco a vu son sprint gâché par des vibrations

MotoGP
GP de France
Privé des sensations de la veille, Zarco a vu son sprint gâché par des vibrations

Sébastien Ogier brille dans des conditions dantesques au Rallye du Portugal !

WRC
Rallye du Portugal
Sébastien Ogier brille dans des conditions dantesques au Rallye du Portugal !

L'incroyable départ de Martín, entre "chance" et "compétence"

MotoGP
GP de France
L'incroyable départ de Martín, entre "chance" et "compétence"

La fin des espoirs de titre pour Márquez ? "Il faut que je me repose"

MotoGP
GP de France
La fin des espoirs de titre pour Márquez ? "Il faut que je me repose"

Quartararo "a trouvé la base" de sa Yamaha et "ne veut plus y toucher"

MotoGP
GP de France
Quartararo "a trouvé la base" de sa Yamaha et "ne veut plus y toucher"

Davide Brivio va quitter Trackhouse pour intégrer la direction de Honda

MotoGP
Davide Brivio va quitter Trackhouse pour intégrer la direction de Honda

La grille de départ du GP de France MotoGP

MotoGP
GP de France
La grille de départ du GP de France MotoGP

Verstappen, un problème que la F1 refuse de régler

En laissant encore et toujours Max Verstappen dicter sa loi sans lui infliger les sanctions que ses actions méritent, les instances de la Formule 1 ne font que renforcer un sentiment de toute-puissance qui l'amène fréquemment à oublier que le règlement s’applique aussi à lui.

Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de: Red Bull Content Pool

Depuis quatre ans, et plus encore, le monde de la F1 chante à raison les louanges de Max Verstappen. On ne fera l'affront à personne de citer ses (nombreux) faits de gloire ni de rappeler son (déjà immense) palmarès. Son talent, il en éclabousse régulièrement le public : qu'il s'agisse d'écraser une saison dans des proportions jamais vues, d'aller chercher une pole ne lui étant pas promise, de gagner une course en outsider ou de réaliser une manœuvre de dépassement improbable, Verstappen sait être à la hauteur de son immense don pour la course.

Nous ne remonterons pas très loin pour l'illustrer : le dépassement d'Oscar Piastri au départ d'Imola est un bijou, une action que peu de pilotes pouvaient réussir avec une telle maestria. Une démonstration de l'audace, de la confiance, de la précision, de la vista et des capacités que le Néerlandais est capable de mobiliser pour parvenir à ses fins.

Oui, mais voilà : Verstappen a une face sombre. Une face que lui-même ne cache pas vraiment, mais que beaucoup parmi les médias, son entourage - dans son équipe notamment - ou ses supporters, font mine de ne pas connaître ou feignent de prendre pour autre chose. Et cette face sombre, on l'a encore vu resurgir ce dimanche, dans un moment d'intense pression.

Dans un acte que personne d'honnête ne peut décemment considérer comme autre que volontaire, Verstappen – après avoir reçu la consigne de son équipe de céder sa position à George Russell – a ralenti pour laisser le Britannique se porter à sa hauteur sur l'extérieur du virage 5, avant de réaccélérer pour croiser sa trajectoire et le percuter. Un comportement délibéré, sans aucun doute ni aucune nuance possible, qui n'a pourtant été traité par les commissaires que par une sanction qui s'apparente quasiment en tout point à celle que recevrait n'importe quel pilote agissant de bonne foi et entraînant une collision involontairement.

Agir de la sorte une fois est déjà un véritable problème mais pourrait être excusable (Vettel ne s'est-il pas emporté jusqu'à dépasser la limite à Bakou en 2017, écopant au passage d'un stop-and-go de 10 secondes ?), mais cette facette antisportive, délibérément fautive de Verstappen, ce n'est pas la première fois qu'on la voit. Nous ne dresserons pas d'inventaire à la Prévert mais ce type d'actions volontaires destinées à entraîner une collision et/ou à mettre en difficulté un adversaire en dehors de la simple course, cela s'est déjà vu plusieurs fois.

Le brake-test de Max Verstappen sur Lewis Hamilton à Djeddah en 2021.

Le brake-test de Max Verstappen sur Lewis Hamilton à Djeddah en 2021.

Photo de: Red Bull Content Pool

Citons, par exemple, le fameux brake-test sur Lewis Hamilton lors de l'irrespirable GP d'Arabie saoudite 2021 – tentative à tout le moins grossière de faire se jouer le titre mondial sur un abandon de son rival – ou bien ses tout-droit rustres et mal intentionnés pour nuire autant que possible au même Hamilton lors du GP du Brésil 2021 ou à Lando Norris lors du GP de Mexico 2024, quitte lors de cette dernière à lui-même perdre des places dans la manœuvre tant que son rival direct y perdait encore plus, et notamment une vraie chance de victoire.

Non, Verstappen n'en est pas à son coup d'essai mais à chaque fois, le constat s'impose : non seulement ce n'est même pas la peine d'envisager de la part des instances une prise en compte d'un comportement systématique et volontaire du Néerlandais, mais en sus celles-ci se révèlent incapables – on ne saurait dire si c'est par choix, par inconséquence ou autre chose – de véritablement connecter les points entre deux sur ces incidents spécifiques pour appeler un chat un chat, et une manœuvre délibérée une manœuvre délibérée.

Lire aussi :

Lisez donc ce modèle de non-dit qu'est la décision sur la collision avec Russell à Barcelone : "Le pilote de la voiture n°1 était clairement mécontent de la demande de son équipe de rendre la position. À l'approche du virage n°5, la voiture n°1 a considérablement réduit sa vitesse, semblant ainsi permettre à la voiture n°63 de la dépasser. Cependant, après que la voiture n°63 ait dépassé la voiture n°1 à l'entrée du virage n°5, la voiture n°1 a soudainement accéléré et est entrée en collision avec la voiture n°63. La collision a sans aucun doute été causée par les actions de la voiture n°1."

Outre le fait que l'on parle des actions "de la voiture", terminologie habituelle quoiqu'assez comique dans le contexte, les commissaires choisissent de ne pas tirer la conclusion logique qu'impose leur raisonnement : Verstappen a agi en tout point et à tout instant de façon à percuter Russell, délibérément, et aurait donc dû être sanctionné dans ce contexte d'une gravité absolue en sport automobile.

Max Verstappen (Red Bull).

Max Verstappen (Red Bull).

Photo de: Red Bull Content Pool

Il y a une semaine, à Monaco, en tirant la conclusion que Russell avait lui-même "délibérément" coupé la chicane (action pourtant bien moins dangereuse en elle-même, bien qu'absolument antisportive), les commissaires avaient eu beaucoup moins de scrupules à le signaler et à gonfler – logiquement – la pénalité habituelle pour un virage coupé en infligeant au Britannique un drive-through au lieu de 5 ou 10 secondes. Là, Verstappen, malgré la limpidité de la situation, écope de la sanction standard et donc d'une pénalité moindre que Russell à Monte-Carlo ! Enfin, pas tout à fait standard puisqu'au lieu des deux points habituellement infligés sur la licence, il en a pris trois. Allez comprendre…

Verstappen est un personnage particulièrement clivant, et cela est d'autant plus vrai depuis ses débuts en F1 avec l'exposition qu'il a vite reçue. Toutefois, beaucoup pensent ou font mine de penser que c'est simplement parce que son comportement en piste est rugueux (ce n'est pas forcément pardonnable mais il n'est pas le seul à ne pas donner sa part au chien), signe d'une détermination totale à gagner. Toutefois, en réalité, ce qui est souvent reproché, c'est que ses actions vont régulièrement au-delà : son comportement en piste est fréquemment très problématique et – de façon presque assumée quand on peut entendre ou lire certaines bravades après coup – antisportif (et ça, en revanche, c'est déjà beaucoup plus rare).

Sanctionner au cas par cas n'a jusqu'ici jamais suffi, la preuve avec le geste insensé de Barcelone.

L'action de Barcelone, que certains rangeront bien vite dans la case des simples pétages de plombs "qui arrivent", s'ajoute à une série de situations dans lesquelles, face à un comportement clairement fautif et antisportif, le pilote Red Bull n'a pas reçu la sanction qu'il méritait. Ce problème persiste depuis longtemps, de sorte qu'il paraît difficile de croire que le quadruple champion du monde – déjà habité par une immuable confiance en lui et en ses forces – n'a pas intégré qu'après tout, jusqu'ici, il n'y avait pas vraiment eu d'inconvénient à agir de la sorte, pour peu qu'il fasse en sorte de pouvoir en sortir gagnant, quoi que cela veuille dire.

Sanctionner au cas par cas n'a jusqu'ici jamais suffi, la preuve avec le geste insensé de Barcelone, et Verstappen, comme il sait si bien le faire parfois, se joue des failles du système pour s'autoriser, quand il estime que cela est nécessaire ou quand il décide de sanctionner un crime de lèse-majesté, de dépasser allègrement les limites. On ne parle pas ici de savoir si un dépassement a été fait avec quatre roues en dehors de la piste, si on s'est décalé au freinage pour défendre ou si quelqu'un est arrivé le premier à la corde d'un virage. Non, ici on parle de collisions volontaires et d'actions antisportives à bord de véhicules de 800 kg qui dépassent parfois les 300 km/h.

Le problème Verstappen est un problème sérieux, et il va falloir finir par sérieusement se pencher dessus.

Lire aussi :
Article précédent Comment McLaren a survécu à la mort de son fondateur
Article suivant Marko ne comprend pas la manœuvre de Verstappen : "L'enfer s'est déchaîné"

Meilleurs commentaires

Dernières actus